II. — Ophthalmosoope de Goocius pour ramplifloation
de l'image.
Le professeur Coccius (de Leipzig) a apporté une modification dans la construction de l'ophthalmoscope binoculaire.
Description. — Cette modification consiste dans l'application d'une jumelle commune d'opéra, appropriée à la vision des objets rapprochés, aux orifices de la boite stéréoscopique de l'instrument. Coccius ajoutait à cette disposition la présence d'une lentille additionnelle convexe, de 12 pouces, placée symétriquement au-devant de la ligne verticale de contact des rhomboèdres, immédiatement en arrière de l'orifice du miroir; cette dernière lentille avait pour objet l'accroissement de la force amplificatrice de l'instrument, en permettant la vision nette de 16 à %i pouces de distance.
Cette double modification procure à l'observateur un agrandissement de l'image approchant du double de celle obtenue en ophthalmoscopie. On a par ce moyen une observation plus précise des variations de la circulation oculaire sous l'influence des mouvements respiratoires, et une exploration plus délicate
des altérations profondes de l'œil. L'image y est redressée au moyen d'une lentille négative de 2 à 3".
Mais on ne peut se dissimuler qu'ainsi transformé l'instrument ne soit devenu moins maniable, plus cher et que le champ superficiel présenté à l'observai ion ne soit bien réduit par le long chemin imposé aux rayons lumineux.
Giraud-Teulon est parvenu à obtenir une amplification relativement assez grande de l'image qui, de 19/10 environ que produit l'instrument de Coccius, serait réduite à 18/10.
La modification qu'il a introduite consiste à prendre pour axes des luyaux de la jumelle d'opéra, la longueur même des rhomboèdres, en plaçant l'objectif commun entre le miroir et lesdits rhomboèdres, et les oculaires immédiatement en rapport avec la face d'émergence de ces doubles prismes ; l'objectif commun consiste en une lentille positive de 32'" et chaque oculaire en une lentille négative de 24'".
Dans cette combinaison, l'épaisseur de ces lentilles est la seule augmentation de volume imposée à l'inslrumentation, l'accroissement du prix insignifiant, et le champ de vision augmenté dans la proportion où se voit réduite la longueur du chemin parcouru par les rayons lumineux entre les plans de l'incidence et de l'émergence.
L'observation s'exécute alors dans les conditions mêmes habituelles en ophthalmoscopie sur une image amplifiée dans le rapport de 18/10; soit à l'image renversée par l'intervention d'une lentille positive de 2", soit à l'image droite, en la remplaçant par une lentille de 2", 3" négative.
Les trois lentilles ajoutées, dans cette combinaison, peuvent en être aisément enlevées, et l'ophthalmoscope est ainsi ramené à ses éléments ordinaires et connus.
ARTICLE IV
OPHTHALMOSCOPES MOBILES A RÉFRACTION.
Pour obtenir un résultat aussi complet que possible dans l'examen, à Timage droite des membranes profondes de l'œil.
OPHTHALMOSCOPES MOBILES A RÉFRACTION. 39
de même que pour pouvoir définir le degré de réfraction d'un œil, il esl indispensable de se servir des ophthalmoscopes à réfraction, en choisissant de préférence ceux qui sont les moins compliqués et les plus faciles à appliquer.
Nous avons dit plus haut, que Stellwag, en plaçant derrière son réflecteur une roue contenant des verres convexes et concaves, avait indiqué le moyen de voir nettement Tirnage rétinienne.
Mauthner, en 1868, a démontré qu'en plaçant derrière le miroir des séries complètes de verres correcteurs, on pouvait voir à rimage droite très nettement la rétine de tous les améfropes et déterminer d'une manière précise le degré de réfraction.
C'est en se basant sur ces premières notions, que les ophthalmologisles français et étrangers ont construit des ophthalmoscopes à réfraction, dont le nombre aujourd'hui est devenu considérable. Les meilleurs de tous et les plus pratiques sont ceux de Cooper et Neltelshipp, à Londres ; de Knapp et Loring aux Etats-Unis, et de Parent, Galezowski, Badal et Landolt en France.
Un ophthalmoscope à réfraction doit remplir plusieurs conditions :
1* Il doit avoir un mirdir d'un foyer court, qui ne dépasse pas 10 à 15 centimètres de longueur. Néanmoins, je dois ajouter que ce point n'est pas indispensable, et qu'à l'aide d'un miroir de 0'",20 de foyer, on peut voir parfaitement le fond de l'œil, à condition que le miroir ne soit pas épais et qu'il ail une inclinaison voulue.
2* Il est indispensable que le miroir puisse avoir une inclinaison de 30 à 35*, de façon que les verres correcteurs soient toujours tenus droits devant l'œil examiné.
3* L'ophthalmoscope à -réfraction doit ensuite être muni d'une série très complète de verres spliériques, concaves et convexes.
Ces conditions sont remplies d'une manière différente dans les nombreux ophthalmoscopes dont nous donnons la description. Les miroirs concaves à foyer plus long ou plus court sont employés indistinctement, ce qui n'empêche pas de donner
des résultats très satisfaisanls dans Texamen; rinclinaisoh manque aux ophthalmoscopes de Cooper, de Landolt et de Badal, et nous pensons que ce sont de réels inconvénients.
Quant aux séries de verres, elles sont souvent trop nombreuses et multipliées sans utilité dans les numéros faibles, et insuffisantes dans le degrés forts d*amétropie.
Mode de déflaltloB da de|^ré d*amétropie* — Le degré de
myopie ou d'hypermétropie ne pourrait être exactement défini que par une distance entre le punctum remotum et le point nodal de l'œil examiné. En pratique, les choses ne se passent pas ainsi ; le verre correcteur étant placé à la dislance de 12 à 15 millimètres de la cornée, se trouve par cela même situé à 20 millimètres du point nodal. D'où il résulte que l'hypermétropie est toujours exprimée par un verre convexe trop faible, tandis que la myopie se trouve désignée à Taide de Tophthalmoscope par un verre concave trop fort.
En général on peut dire que la détermination du degré de la réfraction à l'aide de procédé à l'image droite se fait d'une manière assez satisfaisante si Thypermélropie ne dépasse pas 6* et la myopie 5*, ou bien si l'une et l'autre ne sont pas inférieures à 1*,50. Dans les degrés faibles on pourra obtenir facilement la correction à l'aide des verres convexes ou concaves faibles que l'on essayerti pour la vision à dislance, ou bien à l'aide de la kératoscopie de Cuignet. Dans les degrés élevés d'amétropie, si la détermination du degré de la réfraction est susceptible d'assez grandes erreurs, elle présentera d'autre part ce grand avantage, qu'elle dispensera l'examinateur des tâtonnnements inutiles en lui permettant de juger du premier coup d'une manière générale la nature et le degré approximatif d'amétropie. Mais plus on s'approche- ou s'éloigne de l'œil examiné, plus on augmente ou diminue la réfraction de l'œil examiné. Par ce moyen on peut supprimer certaines fractions des verres correcteurs telles que 3%50, 4%50, 5%50, 6%50, 7%50, 8%50 et 9%50 comme inutiles et que nous retrouvons dans un certain nombre d'ophthalmoscopes, et compléter au contraire la série par des verres corrigeant les degrés très forts d'hypermétropie et surtout de myopie. C'est ainsi que mon ophthalmoscope contient des verres qui permettent de
OPBTHALMOSCOPE k HËPRACTION DU D' GALBZ0W8KI. (t
mesurer 20,23 el 25 dioplries de myopie, ce qui n'exjsle dans aucun autre ophlhalmoscope.