ASPECT PHYSIOLOGIQUE DE LA CHOROÏDE
La coloration du fond de l'œil dépend, comme on sait, en grande partie de la choroïde. Chez les sujets bruns, le fond de l'œil prend une teinte rouge unie, ce qui tient à la distribotion régulière et serrée des cellules pigmentaires épithéliales. Chez les sujets blonds, au contraire, avec l'iris bleu, la couche épithéliale contient bien moins de pigment, ce qui fait qu'on peut distinguer très facilement les vaisseaux du stroma choroïdien et les vasa vorticosa^ de même qu'on aperçoit dans leurs interstices des taches noires qui sont constituées par le pigment du stroma.
Dans les yeux 4es albinos, qui ne contiennent pas de pigment moléculaire dans leurs cellules épithéliales, le fond de l'œil présente une teinte rouge carminée, qui est formée par les vaisseaux de la choroïde. Les interstices blanchâtres de ces vaisseaux sont constitués par le fond blanc de la sclérotique (voyez la figure 5 de la planche I).
DUrérenee entre les TalMeaax ehoroïdlens et les ^alMeanz rétiniens.
— Les vaisseaux choroïdiens n'ont pas la même apparence ophthalmoscopique que ceux de la rétine. On reconnaît facilement la différence qui existe entre eux par les signes suivants :
l*" Les vaisseaux rétiniens ont un double contour, et le milieu de leur calibre est transparent, tandis qu'à la périphérie ils sont foncés; — les vaisseaux choroïdiens se présentent, au contraire, comme des rubans rouges, unis ; T ils forment des ramifications dans tous les sens, au lieu que ceux de la rétine se divisent toujours dichotomiquement; 3° les vaisseaux choroïdiens paraissent, en général, plus volumineux vers la région équatoriale, où ils forment de vrais sinus. Avec de nombreuses branches collatérales, ils constituent les vasa vorlicosa. Tout au contraire, les vaisseaux rétiniens diminuent de volume au fur et à mesure qu'ils s'approchent de l'ora serrata, et ils forment, en même temps, une arborisation régulière avec la division dichotomique.
Nous avons dit que, plus les individus sont bruns, plus le fond de l'œil, chez eux, est foncé. Ainsi, chez les mulâtres et les Indiens, le fond de l'œil a une teinte d'un gris foncé, comme cela a été très bien représenté par le docteur Macnamara (1).
Chez les nègres, la quantité de pigment est tellement considérable, que le fond de l'œil ne peut être éclairé par aucun moyen, et que l'on ne peut distinguer chez eux qu'une macula noire sur un fond brun foncé.
Si l'on examine le fond de l'œil dans toutes ses régions, on verra qu'il y a une grande différence de coloration entre sa partie centrale et sa périphérie. En effet, la teinte du fond de l'œil est presque toujours plus foncée dans le segment postérieur du globe, tandis qu'elle est plus rouge et plus éclatante à mesure que l'on se rapproche de la partie équatoriale de l'œil. Cette différence de coloration dépend, naturellement, de la quantité de pigment contenue dans la couche épithéliale. Dans X^macula^ où le pigment est généralement très abondant, le fond de l'œil parait plus foncé qu'ailleurs.
(1) Macnamara, Diseases ofthe eye. London, pi. IV, fig. 2.