I. Oommunîcatîons extérieures
L'Etat du Congo est desservi par un certain nombre de lignes régulières de navigation à vapeur, qui sont :
jo La compagnie maritime belge, qui relie Anvers à Banana, Borna et Maladif par un service mensuel direct et sans transbordement. (1) Départ d'Anvers, le 6 de chaque mois.
2** La compagnie portugaise « Eniprcsa Nationale » qui unit Lisbonne à V Angola par un service bi-mensuel (départ de Lisbonne, le 6 et le 23) faisant escale à Cabinda et à San- Antonio (embouchure du Congo.)
3° La compagnie française des i^Chargeurs rJnnis)), dont un bateau quitte mensuellement Le Havre ou Bordeaux (le i5 de chaque mois) à destination de Madagascar, par la côte occidentale, avec escale dans les ports du BaS'Congo.
Outre ces services réguliers d'autres navires, vapeurs et voiliers visitent le Congo, le mettant en relations avec l'Europe d'une part, avec les autres colonies africaines et même l'Asie d'autre part.
Télégraphes.
Le Congo n'est pas encore relié à l'Europe par un câble spécial. En attendant qu'il en soit ainsi, c'est la ligne portugaise qui sert aux communications télégraphiques. Ses bureaux les plus rapprochés sont ceux de Saint Paul de Loanda et de San Thomé.
Voies de pénétration.
Par le nord. — Il existe trois voies naturelles de l'Afrique septentrionale vers l'Etat du Congo :
celle de la Bénué à la Sanga, à travers l'Amadoua ;
(1) Prix moyen du iiêl: de 25 à 40 shillings et 10 «/o la tonne de marchandises.
celle du Tchad à VUbangi, par le Chari ; celle de la Nubie à VU elle, par le Nil.
Les deux premières ne constituent pas des voies de pénétration vers l'Etat, puisqu'elles partent de régions plus difficiles à atteindre que le Congo lui-même. Celui-ci au contraire pourra peut-être servir un jour de communication vers le Tchad En effet, de la Kémo, affluent navigable de rUbangi, à la Nana, sous- affluent navigable du Chari, il n'y a pas plus de i5o kilomètres à travers un pays très peu accidenté.
Les communications.
CARTE xsrir
La troisième, celle du Nil, est actuellement barrée par les Madhistes ; mais la puissance déclinante de ces derniers permet d'entrevoir son ouverture dans un avenir assez rapproché. Elle se décompose comme suit : du lac Albert à Dufilé, navigable aux vapeurs ; de Dufilé à Lado, i5o kilomètres de chûtes ; de Lado à Berber, navigable aux vapeurs, mais souvent encombrée par d'impénétrables roselières (forêts de roseaux) ; en aval de Karthoum se trouve aussi la 6^ cataracte ; de Berber à Souakim 376 kilomètres dans le désert.
Cette voie a l'inappréciable avantage de conduire directement vers l'Europe, mais le grand inconvénient d'exiger encore d'importants travaux
pour être rendue accessible au commerce. Elle sera cependant d'un grand secours pour mettre en valeur la région du Haut-Uellé et du lac Albert.
Par Test. — Il n'existe pas de grande voie naturelle donnant accès par
Test de TEtat; mais la mise à exécution de deux vastes projets de
construction de chemins de fer reliant la côte orientale à la région des
lacs, modifiera, dans bien des années il est vrai, l'isolement relatif de ce
côté.
Une ligne ferrée est actuellement en construction de Mombaz à travers
l'Afrique orientale Anglaise jusqu'au lac Victoria, sur lequel flottent
déjà deux steamers. La zone d^attraction de cette ligne s'étendra sans
doute jusqu'au lac Albert, la Semliki et TAlbert Edouard.
Une autre ligne est projetée à travers l'Afrique orientale allemande de Tanga et de Dar-es-Salani à Tabora d'où partiront un embranchement vers le lac Victoria et un vers le Tauganika,
Mais il s'écoulera longtemps encore avant que cette voie soit achevée, et pourra ainsi attirer à elle une partie du commerce des pays riverains du Tanganika et du Kivu.
Par le sud-est. — La grande crevasse du centre africain forme une belle voie de pénétration vers le sud-est de l'Etat. Le Zambése "et le Chiré, navigables de Quélimane à Katunga, se coupent de rapides et de chûtes pendant Joo kilomètres, pour redevenir ensuite accessibles de Matopé jusqu'au nord du Nyassa à Karonga, sous la latitude du lac Moêro. Une route carossable en assez mauvais état, mais facilement améliorable, unit Karonga à l'extrémité méridionale du Tanganika à Pambété, d'où l'on peut naviguer en vapeur sur tout le lac, ou atteindre le Moëro et le Katanga par l'ouest. Ce chemin est actuellement le plus court pour atteindre le Tanganika, (les marchandises mettent généralement 5 mois de Bruxelles à Mtoa). Un chemin de fer projeté de Quelimane au Rui et un autre de Katunga à Matoté viendront plus tard améliorer encore ce trajet.