‹ Traité méthodique de géographie du CongoChapitre 18 sur 118 · LE CONGO · texte numérisé non relu

LE CONGO

Aspect général. — La géologie nous apprend que le bassin du Congo lut autrefois une vaste mer intérieure. Pendant les arrêts que présenta son écoulement à travers les Monts de Cristal (carton I, carte II), les abondantes pluies tropicales tombant snr les parties déjà asséchées

déterminèrent la formation de nombreux cours d'eau, qui allaient grossir la mer centrale et se creusaient de profondes vallées dans les sédiments friables des rives ; puis, un jour, la dernière barrière des monts de Cristal s'étant rompue, les eaux achevèrent de s'écouler et donnèrent naissance au régime fluvial actuel.

Le système hydrographique du Congo se présente donc d'une façon générale comme suit :

Un ensemble de rivières encaissées et tourmentées descendant de toutes les directions, nord, est, sud, dans une vaste dépression, où ils

Carte VI. — Le bassin du Congo.

deviennent de larges fleuves coulant majestueusement enî.re des rives peu élevées. Arrivés à la partie la plus basse de la plaine, ils se réunissent et franchissent en un seul, mais gigantesque bras, la gorge qui donne accès à Testuaire du fleuve (i).

Le Congo a de sa source à son embouchure enviren 3.765 kilomètres

(x) Wauters. Mouvement Géographique,

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— Sala partie la plus déprimée de la région centrale, remarquable carrefour hydrographique où il reçoit, sur moins de 200 kilomètres de parcours, la Luiongo, Tlkelemba, le Ruki, Tlrebu au sud et l'énorme Ubangi au nord. Un peu plus loin après s'être resserré à Lukoléla, il s'augmente encore des importantes tributaires du Congo Français, la Sanga, la Likuala et TAlima.

A partir de Bolobo, les rives jusque là d'une uniformité fatigante, s'élèvent lentement et le fleuve se resserrant à 1000 ou i5oo mètres de largeur, commence à creuser son lit dans les premières pentes des Monts de Cristal. Il arrose ainsi l'agglomération de Chumbiri, puis reçoit à gauche le Kassaï, se resserre encore (5oo-7oo m.) et coule entre les plateaux souvent à pic de Ganchu et Banfumu présentant une rive droite fort boisée et une rive gauche formée de vastes pâturages entrecoupés de bois. Après avoir arrosé Msuata et Lisha, le Congo s'épanche brusquement en formant le vaste Stanley-Pool, lac fluvial coupé en deux par nie sablonneuse de Bamu, bordé au nord par de grandes falaises de grès blanc et au sud par une plaine sablonneuse se relevant rapidement vers l'intérieur. Le Stanley-Pool a une superficie de i5oo kilomètres carrés et une altitude de 280 mètres.

Ici se termine la région du Haut-Congo où le fleuve, navigable sur tout son parcours, n'est descendu que de 148 mètres sur un espace de 1680 kilomètres, soit une pente de moins de 0.09 centimètres par kilomètre.

Le Bas-Congo. — Au sortir du Stanley-Pool, le Congo se jette dans une gorge étroite, profonde et sinueuse, où^ sur un espace de 35o kilomètres, il forme 32 chutes d'une hauteur totale de 220 mètres (pente 0,62 centimètres, par kilomètre se décomposant comme suit : du Pool à Manyanga (88 centim. par kilomètre) ; de Manyanga à Isangila (23 centimètres par kilomètre) ; d'Isangila à Matadi, (100 centimètres par kilomètre). Il y traverse la crête du plateau des Babuefide — plateau de Bangu à la chute de Zitiga prés de Manyanga, où ses rives sont de 100 mètres à pic, devient relativement calme dans la partie centrale de la chaîne où il reçoit à gauche Tlnkissl et le Kwllu. et franchit un deuxième massif entre Isangila et Matadi. On a donné à l'ensemble de ces cataractes le nom de chutes Livingstone,

Le Congo, en plein travail d'érosion, y ronge énergiquement les roches primaires, approfondissant et élargissant son lit,qu'il modifie ainsi graduellement. En certains points cependant les eaux ont atteint la diabase et le fleuve a pris son aspect définitif. («)

Arrive à Matadi, le fleuve large de 7 à 800 mètres, redevient navigable, mais conserve un courant rapide et profond, Les bords élevés s'abaissent peti à peu tout en restant sauvages et arides; puis le Congo s'élargit, il se parsème d'îles, arrose Borna, capitale de l'Etat et sort définitivement des Monts de Cristal, à Ponta da Lenha. Le gigantesque fleuve forme alors un vaste estuaire parsemé de grandes îles, (Mateba, Chiassa) aux rives basses, cou-

(i) Dupont. Lettres sur le Congo,

vertes d'une luxuriante végétation, entre lesquelles courent des bras du fleuve. Cest ainsi qu'il se jette à la mer en un formidable courant, large de i3ooo mètres, profond de iio, qui envoie ses eaux jusqu'à 5o kilomètres au large.

Figure 5. — Profil du fleuve Congo.

Les affluents du Congo. — Le Lubudi, qu'il faut considérer comme le véritable cours supérieur du Lualaba, {\) naît au mont Kaomba. Encore inconnu dans son cours supérieur, il coule, à partir du lo® de latitude,parallélement au Lualaba, dans une région fertile et peu accidentée où il reçoit la Luina et le Luabu à gauche. Il s'encaisse ensuite assez tort et forme sur des schistes redressés, une série de chutes et de rapides au milieu d'an pays couvert d'une belle végétation. Après avoir butté coiitre les monts Hakansson il s'infléchit vers Test, puis vers le sud, s'élargit fortement en plusieurs bras et crée de nombreuses îles. Il se resserre bientôt et, après avoir formé quelques nouveaux rapides, il vient, au milieu d'une plaine alluviale, grossir le Lualaba en un cours large et rapide, mais peu profond.

La Lufira prend sa source dans les mêmes collines que le Lualaba. Elle s'engage de suite dans une vallée bien accusée, où elle est constamment coupée par des chûtes. A partir de Katanga elle coule dans une grande plaine alluviale, traverse les monts Kunuï en formant das rapides, puis parcoure de nouveau une immense plaine alluviale d'une grande fertilité, où elle reçoit le LovoT et la Luvua à droite, la Bunkeia, l'importante Dikuluwé et le Luvilombo à gauche. A la saison des pluies la Lufira inonde ces plaines, puis, dès que la belle saison venue a fait rentrer les eaux dans leur ht, les herbes poussent avec vigueur et les troupeaux de zèbres et d'antilopes viennent peupler ces vastes étendues verdoyantes.

Au sortir de la plaine de Bunkeia, le fleuve traverse les Mitumba par la gorge de DjtWy où il forme la chute de ce nom (25 m.) et va, après avoir parcouru un pays encore inconnu, mais où il doit s'encombrer de rapides, se jecer dans le Lualaba au lac Kassali.

Le Lovo7 naît dans le plateau de Samba et décrit ses méandres vers le nord-est, au fond d'une profonde vallée d'érosion qu'il s'est creusé dans la savane. Il reçoit à gauche le Kilubilui et rejoint le Lualuba en aval du Kassali.

(2) C'est M. Wauters qui le premier a mis en avant cette hypothèse, que nous avons reprise en la basant sur les données géologiques et g^éographiques les plus récentes. (Voir BÛUitin du Club Africain d'Anvers, n* i.)

Le Luapula sort des monts Chingambo et, coulant vers le Sud-Ouest, laisse tomber ses eaux dans la cuvette du Bunguelo (voir p. 43) et dans les marais de Bemba, Après avoir reçu la Moengache venant du sud, il forme, dans une gorge étroite, la chute de Miélé-Miélé (6 mètres) et se dirige vers le nord dans une vallée de 3o à 40 mètres seulement de largeur. C'est dans cette partie encore peu connue de son cours, qu'il reçoit le Lufubo et forme les chûtes jfolniston. Le Luapula s'épanche alors dans un pays très marécageux, inondant ses rives jusqu'à plusieurs kilomètres de distance et, laissant sur sa rive droite la lagune de Monfoî^ il se jette dans le lac Moëro (voir p. 43) dont-il sort au poste de Mpueto. Accru des eaux de la Luvule qui lui vient de l'ouest et de la Likufué venant de Test, il s'engage dans les Monts Mitumba. La traversée de cette chaîne n'est pour le fleuve qu'une suite d'étranglements et d'expansions, de chûtes et de rapides. Après avoir franchi la chute de Kanké (i5 â 20 mètres) et formé, encombré d'îles, le pool de ce nom, il pénètre à partir du mont Kilélé, dans la gorge sauvage de Kuikuru où, pendant 40 Kilomètres, son cours n'est qu'une suite de chutes et de rapides, traversant une fracture de 400 mètres de profondeur sur 40 mètres à peine de largeur. Au sortir de la gorge, après avoir formé des pools d'une largeur de 2 Kilomètres environ et franchi quelques nouvelles chûtes, il voit sa vallée s'élargir, bordée seulement de quelque monts de 200 à 3oo m. d'altitude. Il se jette dans le Luapula à Ankolo, en un cours plus important que le fleuve luimême, au milieu d'une vaste plaine uniformément plate.

La Lukuga; sort du lac Tanganika au sud de la station de Mtoa. Elle traverse les Mitumba par la gorge de Kilambi, où elle est dominée par des masses rocheuses de plus de 3oo mètres de hauteur. Elle y est obstruée par de grandes chûtes. Vers Wabensa la vallée s'élargit et s'infléchit vers le nord, puis, après s'être encore une fois resserrée en créant de nouveaux rapides, elle reçoit la Luisi et s'étend définitivement en une plaine large de 10 kilomètres, où la rivière coule lentement jusqu'au Lualaba. La Lukuga est le déversoir intermittent du lac Tanganika. Elle est, actuellement du moins, de faible importance : son débit atteint à peine, à la saison sèche, ^seul débit mesuré) 3o mètres par seconde. Sa crue semble être de 2 m.

En aval de la Lukuga, le Lualaba, auquel l'étroit plateau de l'ouest n'envoie que peu de tributaires, reçoit à droite, jusqu'à l'Aruwimi, une série d'afiluents assez importants, qui dévalent tous du versant occidental des Mitumba septentrionaux, en off'rant les mômes caractères d'inégalité de lit. Parmi les plus importants, citons la Luama, la Lowa, la Lindi et l'Aruwimi. Le volume élevé de ce dernier provient de ce que, dans son cours étendu, il draîne aussi les eaux du versant méridional du plateau des Niam-Niam.

La Luanna prend sa source dans les monts de l'Ugoma, se dirige vers le nord dans un courff encore inconnu, s'infléchit vers l'ouest en traversant

le riche pays du Manyema et se jette dans le Lualaba, en aval de Fambusi par une bouche de 225 mètres de largeur.

La Lowa, encore fort peu connue, est un important affluent qui naît dans les Mitumba septentrionaux. Il traverse un pays de forêts où les indigènes signalent une importante chute et où il reçoit la rivière Oso à droite. Ses eaux vont grossir le Lualaba en un cours d'eau mesurant près de 900 mètres à son confluent.

La Lîndî naît aussi dans les Mitumba, traverse la forêt, où elle arrose Lindi et se jette dans le Congo, avec les eaux de la Tshopo. Elle est barrée par de grandes chutes, de même que la Tshopo. L'une des chutes de cette dernière a 45 mètres de hauteur (Niagara 5o m.).

L'Aruwimi,qui draine une superficie approximative de 100.026 kilomètres carrés, est par le volume de ses eaux, le troisième affluent du Congo. Il prend sa source dans les Monts Bleus, près du lac Albert, et coule vers le sud- ouest dans une crevasse profonde où son volume s'accroît rapidement Après avoir reçu la Duki, dans une contrée fort peuplée, il s infléchit à l'ouest et pénètre dans la grande forêt équatoriale. Il s'y grossit de Tlhuru, qui vient du nord-est (largeur à son confluent 5o m.), du Lendu, qui vient du sud et de l'importante Népoko qui, venant du nord, se précipite dans le fleuve, en formant une chute de 280 mètres de largeur, L'Aruwimi, à cet endroit, a 3oo mètres d'une berge à Tautre. La rivière se rétrécit parfois en amont jusqu'à 100 mètres, coulant entre des murailles escarpées, tandis qu'en aval les bords uniformément plats se relèvent à peine de 10 à 12 mètres (1). Accru des eaux du Népoko, l'Aruwimi devient un imposant cours d'eau de 400 mètres de largeur, qui descend les terrasses de la région supérieure en formant de nombreux rapides et la chute de Panga (9 m.). Après Panga, le cours d'eau devient meilleur, sans cependant être libre à la navigation. La population redevient assez dense. La rivière augmente d'importance (45o-5oo m.) formant de temps à autre une île ; eufin, elle franchit ses deux derniers rapides à Yambuya, entre des rives encaissées.

A partir de Yambuya, l'Aruwimi, libre de toute entrave, s'élargit de plus en plus, passant de 45o à i3oo mètres ; ses rives très peuplées s'abaissent, restant à quelques mètres au dessus du niveau de la rivière. Il reçoit, dans son bas cours, la Lulu, rivière sinueuse de 5o m. de largeur, aux eaux profondes et rapides et se jette finalement dans le Congo devant Basoko.

L'Aruwimi a une forte crue en juin, puis ses eaux baissent pour remonter vers la fin de septembre.

Malgré son volume et son heureuse orientation vers larégion du lac Albert, il n a malheureusement comme voie de communication que peu d'importance, par suite de son défaut de navigabilité.

(i) Wauters, d'après Stanley.

Le Lomamî présente la remarquable particularité de suivre pendant près de 800 kilomètres un cours parallèle à celui du Lualaba, dans une vallée qui n'en est séparée sur tout son cours moyen et inférieur par aucun relief digne d'être cité, et qui cependant le rapproche parfois du fleuve à prés de 55 kilomètres et ne l'en éloigne jamais de plus de 200.

Cet important affluent naît dans le plateau de Samba à l'altitude de 1 140 m. Creusant insensiblement sa vallée, il traverse une région encore inconnue et, entre le 7* et le 8" parallèle, coule au fond d'une vallée d'érosion marécageuse, qui draine un étroit plateau ondulé, dominant les vallées voisines.

Après un nouveau parcours d'une centaine de kilomètres où son cours reste inconnu, il rejoint à gauche la Lukassi et le Lurimbi descendant tous deux du nœud hydrographique situé au sud de Lupungu. Reprenant la direction du nord, il traverse le paj's peuplé situé en aval de Gandu, en formant trois rapides assez dangereux. Après un trajet sinueux et assez agité, il rencontre de nouveaux et derniers obstacles, à Bena-Kemba et devient à partir de ce point, accessible aux vapeurs venant du Congo. C'est, en aval de ce poste, une rivière importante, très sinueuse, se resserrant parfois, s'élargissant ailleurs en formant de nombreuses îles, et présentant des rives boisées, tantôt basses, tantôt élevées, habitées par une population sauvage. L'étroitesse de sa vallée, empêche le Lomami de recevoir aucun affluent important, dans toute cette partie de son cours. Citons cependant près de son confluent, la Tombassi qu'il reçoit à droite. Il se jette dans le Congo à Isangi, à 3g3 mètres d'altitude, après avoir parcouru plus de 900 kilomètres. La pente moyenne est de o^ 83 cent, par kilomètre.

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Fig. 6.

Le Lomami est d'une grande miportance comme voie de communication. La navigabilité qu'il présente jusqu'à Bena-Kemba (à hauteur de Riba-Riba, sur le Lualaba), et le rapprochementde ce fleuve, permettront en eff*et l'établissement de communications faciles entre le Manvéma et le Haut-Congo, sans devoir passer par les Stanley-Falis.

Les cinq affluents que le Congo reçoit dans la grande boucle qu'il décrit sur l'équateur : le Rubi, la Mongala, le Lulongo, l'Ikelemba et le Ruki auxquels il faudrait joindre la Lukén3'é, quoiqu'elle appartienne au bassin du Kassaî, présentent des aspects uniformes, caractéristiques de la région centrale : des vallées immenses faiblement séparées par des

ligues de faîtes à peine marquées, un cours supérieur légèrement encaissé et souvent sinueux, un cours inférieur à fleur de sol, prêt à déborder à la première crue pour se répandre sur les berges, basses presque partout.

Le Rubi prend sa source au nord da moyen Aruwimi. Il reçoit un grand nombre d'affluents dont le plus important, la Likati venant du nord-ouest, est coupé de rapides et tait du Rubi en amont d'Ibembo, une rivière profonde. Son bas-cours, marécageux, se joint au Congo par cinq boucties formant le delta de Maléma.

La Mongala est formée de la Dua et de TEbola. Ces deux rivières assez profondes coulent entre des bords boisés et élevés, puis marécageux et se joignent à Bokapo. Après s'être grossie de la Banza, la Mongala, devenue importante, se jette dans le Congo à Mobeka.

Le Lulofigo est une belle rivière qui, sous le nom de Maringa, naît à l'ouest du bas-Lomami et traverse un pays lorestier, tantôt bas et marécageux, tantôt élevé en larges plateaux. Il reçoit à Bassankussu le Lopori qui vient de l'est et coule parallèlement au Congo, dont il est séparé par de petites collines. A partir de Bassankussu, le Lulongo est une rivière large, accessible partout aux vapeurs ; ses rives basses présentent quelques rares ondulations très peuplées.

Le Ruki est formé de la Bussera et de la Tshuapa. La Tshuapa prend sa source dans les environs du lac Ruguru. Elle traverse une région boisée, où elle coule parfois très resserrée (20 mètres) entre des rives à pic de 8 à i5 mètres de hauteur. Elle reçoit la Salonga, rivière navigable mais sinueuse, et la Bussera dont les vallées présentent les mêmes caractères. La rivière a, dans son bas cours, une largeur moyenne de 3oo à 400 mètres et est navigable aux vapeurs en toutes saisons. Elles montrent de temps à autre de vastes plateaux habités.

L'Ubangi, le plus important des affluents du Congo, amène au grand fleuve les eaux de tout le plateau des Niam-Niam. Maintenu dans une direction est-ouest par le léger relief qui, sur sa rive gauche, pointe de temps à autre en collines, il ne parvient à le franchir qu'à Zongo et descend alors dans la plaine du Congo central. Il porte dans son cours supérieur le nom d*Uellé.

L Uellé naît aux Monts des explorateurs (monts Bleus) à une altitude d'environ i35o mètres, et se dirige vers Touest dans un pays montagneux et peu habité. Il y coule d'nn cours sinueux et assez profond, coupé de quelques rapides et atteint, en amont de Bittima, une largeur de 5o à 70 mètres. Après avoir franchi de nouveaux rapides il reçoit à droite la Dongu, encore peu connue, mais qu'on sait barrée de chutes et d'un débit aussi grand que celui de TUellé.

La rivière continue, en gardant la même direction, coupée de rapides entre des rives découvertes, basses, parfois inondées. Sa largeur très variable, ne dépasse pas 400 mètres et varie le plus souvent de 75 à 225 mètres.

Le pays redevient peuplé et TUellé après avoir formé de petites chûtes, reçoit la Gadda à gauche puis le Bruole (3o à 40 mètres) venant du Nord. La rivière s'élargit et forme dans une large et belle vallée, de grandes îles habitées. Brusquement elle s'infléchit vers le Sud, contourne le massif des Amadis, petites collines groupées dans le pays de ce nom et remonte au nord, pour reprendre sous sa première latitude la direction ouest. C'est alors qu'elle reçoit au sud son important affluent le Bomo- Kandi (200 à 3oo m.) qui passe au sud du mont Tena et traverse des pays peuplés, généralement assez montagneux.

Gonflé ensuite de TUerré à droite, il s'élargit considérablement, atteignant parfois 1800 mètres et forme de nombreuses îles. Il coule ainsi, coupé de rapides et se resserre à Djabbir dans une belle et fertile vallée. Après s'être élargi en présentant les mêmes caractères qu'en amont, il forme les rapid s de Gemblé. A partir de ceux-ci, l'Uellé devient, aux hautes eaux, navigable aux vapeurs. C'est une grande et belle rivière aux rives basses, aux îles peu nombreuses, aux affluents sans importance. Elle fait un coude assez brusque vers le nord et arrose Yakoma où elle reçoit le Bomu, dans un site plat et marécageux.

Le Bomu prend sa source près de Doruma et poursuit dans une direction est-ouest, un cours souvent encombré de rapides, au milieu d'un pays généralement plus accidenté sur la rive gauche que sur la rive droite. Il arrose Kafuru et Bangasso et descend ensuite vers le sud. Il forme les chûtes de Goût et de Hanssens, où la rivière a plusieurs kilomètres de largeur et coule dans un fouillis d'îles, d'ilôts et de rochers (1). Les rives dans son cours inférieur, sont basses.

Les affluents du Bomu sont TUerra, le Shinko, le Bali et le Bili. Le Bili, qui coule entre le Bomu et TU elle, a une direction est-ouest; il forme une série de biefs navigables, séparés par de superbes chûtes. Sa largeur, de 5o mètres au nord de Djabbir, en atteint 100 vers le Bomu

L'Uellé et le Bomu reçoivent une foule d'affluents aux cours généralement tourmenté et coulant le plus souvent, fortement encaissés, dans des forêts en galeries.

De Yakoma à Sétéma, l'Ubangi coule dans un large lit, parsemé de nombreuses îles et de grands bancs de sable, entre des rives basses généralement herbeuses, où il reçoit le Kotto. A Sétéma, il forme quatre séries de rapides assez importants, puis redevient calme jusqu'à Banzyville où il s'obstrue de nouveau et où sa vallée se borde au sud de quelques monts de 600 à 700 mètres d'altitude (i). La rivière reprend son cours large et

(i) Donnay. Belgique coloniale.

(2) Heymans. Belgique coimmU.

tranquille vers le nord-ouest et s'infléchit ensuite vers l'ouest, puis vers le sud, jusqu'à Mokoangay. Elle entre là dans les collines de Zongo et forme une suite de rapides dangereux, rarement franchissables, qui ne cessent qu'en aval de Zongo.

En traversant ces collines, TUbangi descend dans l'ancienne mer intérieure et, comme le Congo et ses affluents dans cette région, il s'élargit, encombré de bancs de sable, entre des rives basses et couvertes de forêts peuplées. C'est ainsi qu'il rejoint le Congo, au milieu d'un enchevrêtement d'îles, après un parcours de 235o kilomètres. Il reçoit à gauche un peu en amont de son confluent, le Ngiri, rivière sinueuse qui coule dans une étroite vallée très -marécageuse.

L'Ubangi a une crue annuelle correspondant aux saisons : les eaux les plus basses sont constatées du i5 au 3o avril ; les eaux les plus hautes du i5 au 3o octobre ; la différence de niveau varie de 5 m. à 5 m. 5o.

L'altitude de son confluent est de 298 mètres ; sa pente moyenne est de o m. 45 cent, par kilomètre. .

L'Ubangi, quoique laissant à désirer comme voie navigable, n'en est pas moins une sérieuse ligne de pénétration vers le nord et vers les riches pays Asandés. Les premiers cinq cents kilomètres jusque Zongo sont libres. En amont de Mokoangay, de grands biefs navigables pour les vapeurs permettent à ceux-ci de remonter jusqu'à TUellé. Cette rivière, beaucoup plus obstruée, n'est pas navigable aux vapeurs, mais par un système de pirogues de transport bien organisé, elle est encore à même de rendre d'importants services au commerce.

Le Kassaï. Si, par le volume de ses eaux le Kassaï n'est que le second des affluents du Congo, il en est incontestablement le premier par retendue de son bassin qui embrasse tout le sud de la région, du Lomami aux Monts de Cristal. Dans toute cette immense contrée, dont il occupe à peu près la ligne médiane, coulent avec une unité de direction et d'aspect frappants, une série de rivières parallèles descendant des plateaux méridionaux, dans les vallées encaissées. Arrivées dans la dépression centrale, elles subissent de brusques changements de direction et se réunissent en un cours d'eau qui prend le caractère des ffeuves de la région centrale et s'unit finalement au Congo, en traversant les premiers glacis des Monts de Cristal.

Le Kassaï prend sa source dans les Monts Massamba (possessions portugaises) et coule d'abord vers Test, dans une large vallée bordée de coteaux jusqu'à son confluent avec la Lofembura, petit émissaire du lac Dilolo. S'infléchissant vers le nord, il descend, encore peu connu, le'plateau de Lunda entre des rives assez basses. Il continue ainsi, s'encaissant progressivement, et arrive dans la région centrale en franchissant les chiites Pogge et Wissman où il reçoit du sud-ouest le Chilambo et la Chikapa. Accru de la Lubua et du Sankuru venu de Test, de la Loange (sud), le Kassaï devient alors une large rivière navigable aux vapeurs, coulant,émaillée de nombreuses îles, au milieu de vastes étendues plates, tantôt boisées, tantôt s'étalant en vastes prairies.

Un peu en amont du confluent du Kwango, il se resserre un peu, puîs, cet affluent reçu, s*épanche à nouveau dans de vastes prairies, où il forme le Wissman-Pool.

Augmenté de la Fini, il quitte son aspect de rivière paresseuse pour pénétrer dans les monts de Cristal par la p3isse de Swinburne. C'est alors un étroit et profond canal, ne dépassant pas 400 mètres de largeur et roulant violemment ses eaux entre des collines rocheuses, souvent à pic, au sortir desquelles il se jette dans le Congo à une altitude de 370 mètres.

La Lulua prend sa source au nord-est du lac Dilolo et traverse tout le plateau de Lunda, dans une vallée étroite allant en s'approfondissant du sud au nord. Cette rivière importante, coupée de nombreuses chûtes, semble être par son orientation générale, le véritable cpurs supérieur du Kassaï. Elle reçoit la Luisa venant de Test et forme ses derniers rapides avant d'arriver à Luebo, où elle s'accroît du Luebo.

Le Sankuru sort du plateau de Samba et coule lentement vers le nord dans une vallée généralement large. Après avoir reçu de Test le Lubichi et le Luembé qui lui sont parallèles, il décrit ses méandres dans une plaine étroite, profondément creusée au millicu d'un pays tourmenté. Il y forme entre autres les chûtes IVolf, où il reçoit la petite rivière Kachimbi qui roule ses eaux dans la faille de ce nom. Puis, tout en restant fort encaissé, le Sankuru entre dans la région centrale, traverse un plateau herbu et franchit ses derniers rapides à Pania^ Matumbo, où il devient navigable. A partir de ce point, les rives s'abaissent rapidement, couvertes généralement de prairies, de bois et se relevant en collines, avec quelques parties à pic. C'est ainsi que la rivière reçoit le Lubi et le Lubefu. Cet important affluent prend sa source au nœud hydrographique de Lupungu, d'où sortent deux affluents du Lomami.

Le Kwango naît près du Kassaï. Généralement fort encaissé, surtout dans sa partie supérieure et moyenne où les Monts de Cristal bordent sa rive ouest en présentant des sommets de 1000 mètres et plus, il est coupé de nombreuses et importantes chûtes. Citons celles de François- Joseph et de Kingunchi, laissant entre elles un grand bief où la rivière, devenue calme, est navigable A partir de Kingunchi, le Kwango reste libre de rapides jusqu'au Kassaï. Il rejoint celai-ci en décrivant vers Test un brusque coude, pendant lequel il s'approche du Congo de près de 35 kilomètres.

Dans son cours inférieur, le Kwango coule dans de vastes plaines herbues, parsemées de bouquets de bois où il reçoit à droite la Wamba et la Djuma.

La Wamba est encore peu connue.

La Djunna est une belle rivière de l'importance du Sankuru. navigable sur plus de 700 kilomètres (jusqu'au 7* parallèle) et coulant dans un pays de vastes savanes parsemées de forêts, au milieu de populations très denses.

La Lukenyé prend sa source, d'après les dires des natifs, dans un lac (Ruguru 7) situé à Touest du Lomami. Elle suit, d'un cours très sinueux et souvent rapide (7 nœuds par moments), une vallée marécageuse et boisée, parallèle à celle du Sankuru dont elle se rapproche parfois de près. Elle n'a dans son cours supérieur que de petits affluents, mais elle se grossit plus en aval des eaux du lac Léopold, prend le nom de Fini et continue entre des rives basses et boisées jusqu'à son confluent avec le Kassaï.

Nous ne décrirons pas la Sanga, ni TAlima, dont le cours est tout entier situé dans le Congo français.

L'Inkissi, le plus important des affluents du bas-Congo, prend sa source dans le Congo Portugais, et coule dans une vallée le plus souvent encaissée et très fertile dans sa partie inférieure.

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