‹ Traité méthodique de géographie du CongoChapitre 31 sur 118 · X V «XX · texte numérisé non relu

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II. Le groupe des Bangalas est certainement un des plus importants de tout le Congo. On peut y comprendre- non seulement les Bangalas proprement dit, mais \esBapotos ou U polos et les tribus environnantes dont Taspect, les mœurs et le dialecte ressemblent fort à ceux des Bangalas et les peuples de l'intérieur au nord du fleuve, appelés Gombé et Elombo.

i Upotos Groupe des Bangalas | Bangalas

^ Gombé et Elombo.

Les Bapotos. — Les habitants d'Upoto sont avec les Umwangi, les Irenge et les Robunga, auxquels nous donnerons l'appellation générale d'Upotos, les plus beaux nègres du haut Congo, les Wagénias des Stanley- Falls à part.

Ils se tatouent aff*reusement en se formant de la racine des cheveux au bout du nez, trois lignes d'ampoules de la grosseur d'un pois ; d'autres tatouages particuliers complètent l'ensemble. La chevelure, très soignée, forme tantôt deux tresses tombant de part et d'autre de la tète, tantôt un chignon, en forme de pyramide ou de cône. Les hommes portent le pagne jusqu'à micuisse, les femmes ont le petit tablier ou vont nues. Les notables portent d'énormes colliers de perles blanches ou de cauries et des jambières en fil métallique.

Les Upotos, même les femmes, ont la taille élevée, la forte carrure, l'allure dégagée. Ils ont les cheveux crépus mais longs. La barbe est rare.

Ils ont sous leur domination de nombreux esclaves, venus de l'amont ou de rintérieur, qu'ils traitent d'ailleurs en affranchis.

Très polygames, ils ne voient dans la cérémonie du mariage qu'un achat. Les enterrements par contre sont très compliqués. Ils croient beaucoup aux fétiches.

Les Upotos riverains sont d'excellents pécheurs laissant toute la culture aux gens de l'intérieur. Les femmes font de jolies mais fragiles poteries, qu'elles décorent avec du vernis copal. Elles font aussi des nattes en fibre de raphia. Le cuivre et le fer sont assez répandus surtout aux environs de Bumba. On ignore le tissage.

Les armes, très bien faites, sont : la grande lance, la lance de jet, le grand couteau et le bouclier d'osier.

Les Bangalas, qui d'après la tradition seraient venus du nord-ouest, occupent les rives du Congo dans la partie descendante de la grande boucle, formant un certain nombre de tribus confédérées. Tous, ils portent une sorte d'étrange crête de coq tatouée sur le front, depuis la base du nez jusqu'à la racine des cheveux. Cette crête fait souvent saillie de deux centimètres. Ils ont divers tatouages secondaires sur les tempes (feuille de palmier) et sur le corps. Ils se liment aussi les dents et s'épilent.

Les Bangalas %ont des hgmqies grands, à la large carrure, à l'air intelligent et éveillé. Ils portent les cheveux courts, sauf de part et d'autre de la tète où ils en forment deux sortes de cornes. Leurs cases rectangulaires sont réunies en villages énormes, disposés le long de la rive ; la densité de la population

T est telle qu'on peot voir parfois ainsi 35 momiira de hottes d*im seul terart ri.. Ils se noarrisscnt de manioc, de patates et de bananes ; jadis très aziihrcpophages, ils semblent près d'abandonner cts mœors déplorables. Q:::::zne très susceptibles d'attachement, ils ont sor le mariage les mêmes liées que les Upotos ; il en est de même des funérailles. Us sont très impressizr.^h'les et passent vite de la gaieté à la tristesse. Lear mémcnre menreil- 'jfzse^ leur adresse étonnante â décooTrir les pistes, la grande iacnlté de ^et:rs enfants et de leurs jeunes gens pour apprendre les divers métiers. Stem lecrs traits principaux.

Les Bangalas forgent le fer d*^Més la méthode généralement répandue au Cjczo. La pèche se fait surtout avec des nasses qu'ils attachent à leurs ^irc-g^ies-Celles-ci, très bien construites,sont de deux sortes: un t3^pe ordinaire terr.'ry en pointe efîîlée, très gracieux ; un autre à fond plat pour naviguer dskus les petits bras fluviaux sans profondeur.

L'agriculture est fort en honneur et consiste en grandes |dantatkms très soizsées de manioc, de cannes a sucre et surtout de bananiers qui existent en q^iantités énormes. Le maïs est peu cultivé, de même que les légumes.

Les Bangalas ont conmie guerriers une réputation qui n^est plus à £adre. I>'cn cocrage qui va jusqu'à la témérité, c'est à eux que Stanley livra son plus terrille combat pendant sa première descente du flenve.

Ils constituent une race du plus grand avenir, chez laqodle l'Etat recrute depuis longtemps de nombreux et excellents travaiDears.

Les Gombés habitent au nord du Congo entre l'L'bangi et Fltimbiri, et comprennent toutes les tribus, situées dans cette région. En arrière d'Upoto on les nomme Hlombo. Certaines de leurs tribus ont firanchi le fleuve pour s'établir chez les peuples Balolos. Ils sont grands et forts^ beaucoup plus intelligents que la plupart des nègres mais d'une sauvagerie et d^un cannibalisme sans égal. Leur tatouage est aJïreux: il est formé d*une série d'ampoules longeant les sourcils et partant du nez vers le firont. La cloison du nez est souvent perforée. Ils portent un petit pagne d'étoffe.

On peut les di\iser &ï deux groupes : ceux qui sont proches des peuples riverains, dont ils deviennent les alliés sincères et a qui ils servent d'intermédiaires avec le deurième groupe, situé tout-â-£ait en pleine terre et par ce fait, très farouche.

Les Gombés sont presque tous des agriculteurs, cultivant pour les populations riveraines du manioc et beaucoup de bananiers. Ils reçoivent en échange du poisson, des étortes et des perles. Ils possèdent assez bien de petit bétail et se livrent à la chasse avec j>assion.

Leurs armes sont la lance, la sagaie et la flèche à pointe de fer ou de bois.

Leur bouclier rappelle celui des Upotos.

III. Au nord-est des Crombès, entre ceux-ci et rUeîlé, se trouvent Les

u) Coquilhut, Sur U H*tiMVi|^\

Ababuas, partagés en deux groupes séparés par les populations Asandés de la Likati.

Les Ababuas,unis par la langue, les mœurs et les usages, forment une belle race, bien i^roportionnée, très solide et de physionomie agréable. Les femmes Isurtout sont belles. Le tatouage est formé par une série de points tracés sur le front «n V très ouvert. Leurs huttes rondes, très soignées, ont de 4 à 5 mètres de hauteur et forment des villages tantôt circulaires, tantôt en ligne.

Ce sont des forgerons de tout premier ordre, mais des agriculteurs médiocres. — Ils sont très cannibales, fort traîtres et se servent en guerre d'une lance au fer énorme, de flèches et d'un sabre. Chose remarquable, ils emploient en guerre des masques et pour s'abriter en cas de défaite, des refuges construits dans les arbres où ils se retirent avec femmes et enfants.

IV. Les Balolos qui occupent toute la grande boucle du Congo au sud du fleuve et dans la Lulongo et la Tshuapa semblent comme les Mongwandis de la Mongala, être des populations aborigènes refoulées par l'invasion des Bangalas et des Gombés.

On peut distinguer parmi eux:

Les Mongos et les Maringa ;

Les Ngounzi ;

Les Bokotès^ dont la principale tribu est celle des Wangata et une foule d'autres tribus de moindre importance réparties dans le même bassin.

Les Morigos occupent la moyenne Lulongo. Ils ont comme tatouages de race, un certain nombre de grosses loupes disposées à la base du nez ou sur les tempes et divers dessins sur le corps. Ce sont d'excellents forgerons, répartis dan^ presque toutes les autres tribus environnantes où ils ont le privilège du travail du fer. Aux Mongos, peuvent se rattacher les Maringa et les populations de l'entre Lulongo et Ikelemba.

Les Ngounzi se distinguent de leurs voisins, par la curieuse habitude qu'ils ont d'aplatir la tète de leurs enfants en bas âge entre des planchettes.

La majeure partie des tribus Balolos de l'intérieur, sont absolument dégénérées et eurent dans les bois, sans force, sans courage, ne cultivant pas, ne travaillant pas, dans la crainte perpétuelle d'être attaquée et détruite ou emmenée efa esclavage.

Les Wangatas, métis de Bangalas et de Balolos, habitent la rive gauche du Congo, de la basse Lulongo à la basse Tshuapa. Ils ont un tatouage analogue à celui des Bangalas, mais atténué. Ce sont d'excellents pêcheurs. Un certain nombre font cependant des forgerons, ne le cédant pas aux Mongos en habileté.

Ils se servent en guerre de la lance, de sagaies et du bouclier.

Citons parmi les tribus balolos de moindre importance les Bayenga ou Nkundu du lac Tumba, les Ekundas de la basse Tshuapa et de la basse Bussera,les Bussera (Bussera moyenne, etc.)

C BASSIN DE L*UBANGI (i)

Les populations bantu du bassin de TUbangi sont, en remontant le fleuve : Les Bayanshis^ les Bolongo. les Banietnbé^ les Banzas. les Bttndurus, les BiL'jkaSj les Gobus, les BanziriSy les Sangos, les Bongos et les Sakkaras.

Les Bolongo et les Baniennbe habitent de nombreux villages formant de longues rues continues,perpendiculaires à la rive. Dans l'intérieur ces villages sont fortifiés. Les indigènes* d'une stat\ire admirable, sont anthropophages. D'une grande coquetterie, ils usent peu des tatouages sur le visage, mais se rasent la tète en y ménageant quelques houppes. Les femmes portent au cou d'énormes colliers de cuivre. Leurs armes offensives sont grandes et belles. Presque seuls au Congo ils emploient la cuirasse comme arme défensive.

Ils cultivent la banane, le manioc, la canne à sucre et font beaucoup d*huile et de vin de palme. Ce sont aussi de très bons forgerons.

Les Banzas habitent surtout dans l'intérieur des terres, daus la boucle de l'L'bangi. Leurs tatouages participent de ceux de leurs voisins Bongos, Bwakas et Gobus. Ils forment le plus souvent de leurs huttes rectangulaires, des villages solidement fortifiés qu'ils entourent de très belles cultures demaïs. Ils chassent beaucoup en se servant de flèches non empennées.

Les Bundunis occupent la rive de TUbangi, de Zongo aux rapides situés en aval. Excellents cultivateurs comme les Banzas, ils cultivent comme eux le maïs et la banane. Leurs mœurs et leurs armes sont aussi celles des Banzas. Cependant leurs tatouages semblent les rattacher aux Bwakas, situés plus en amont.

Les Bwakas habitent l'L'bangi depuis les rapides d'Isinga jusque Mokoangai et vers Test dans l'intérieur. Hommes et femmes portent leurs cheveux courts et ont souvent la cloison du nez, les lèvres et les oreilles traversées d'ornements. Leur tatouage de race consiste en deux cercles concentriques sur les tempes. Ils portent des pagnes d'étoffes indigènes, des brassards et des jambières en fil de cuivre ou de fer, enroulé d'une seule pièce du poignet au coude et de la cheville au genou.

D'aspect chétif, ils sont moins solides que leurs voisins et quoique construisant de bonnes pirogues, sont mauvais bateliers. Par contre ce sont de courageux guerriers, excellents marcheurs et ardents chasseurs. Les armes sont la lance, le couteau ordinaire, le couteau de jet, la flèche empoisonnée et le grand bouclier. Ils cultivent les mêmes plantes que leurs voisins.

Les Gobus s'étendent de Mokoangay au 20^ méridien. Ils n*ont aucun tatouage, mais portent Ie/»c7t7t\ Ils ramènent leur coiffure en chignon vers l'arrière et ne Tornent pas. Par contre ils ont le goût prononcé des amulettes et comme le> Bwakas, des brassards et des jambières.

Très sédentaires,ils forment d'excellents agriculteurs produisant le manioc, la fcverolle, la canne à sucre, Tarachide, la patate douce et la banane. Le maïs est rare.

(I» D*aprcs H ey ni ans et Donnay, D.\^iiui a\VB;j.V.

Ce sont aussi de courageux chasseurs usant des mêmes armes que les Bwakas.

Les Banziris bâtissent leurs villages sur les rives de TUbangi depuis le 20* méridien jusqu'au 20^40' environ. Ils n'ont pas la figure tatouée mais portent sur le corps quelques légers dessins. Leurs cheveux sont artistement tressés de perles de toutes couleurs, formant parfois de grosses plaques descendant sur le cou. Les hommes portent le pagne mais les femmes vont nues, portant de longues chevelures postiches liées sur le dos. Elle ont aussi des brassards et desjambières comme les Bvvakas, ainsi que d'énormes colliers de perles.

Les Banziris sont intelligents et courageux. D'une haute stature, leur large poitrine et leurs membres vigoureux les font considérer par les Bwakas comme des êtres supérieurs. Ils sont anthropophages en temps de guerre.

Ce sont avant tout des pêcheurs nomades, ne faisant pas de plantations et échangeant leur pêche contre des produits agricoles.

Ils ont comme armes la lance, le bouclier et le harpon.

Les Sangos occupent le pays depuis 20** 40' jusque Sétéma. Le tatouage de race est formé de cinq pois continuant sur le front la ligne du nez. Ils portent des ornements rappelant presque complètement ceux des Banziris.

Leurs féticheurs, qui n'ont d'ailleurs que fort peu d'autorité, leur donnent quelques rares amulettes. Ils construisent de beaux villages ouverts, présentant dans les régions inondables des greniers surélevés.

C'est une race intelligente et solide^ surtout des bras. Pêcheurs émérites, ils se servent pour leur industrie de nasses et d énormes filets. Ils ne sont courageux que sur l'eau, et emploient les mêmes armes que les Banziris.

Les Bongos s'étendent à l'intérieur, derrière les Sangos et sur les rives depuis Sétéma jusqu'aux territoires Ababuas et Sakkaras.

Ils forment un grand nombre de tribus qu'on peut grouper comme suit :

Wagigis ou gens de terre

Agambas Abados

rSongos \ wratés ou gens de l'eau quicomprennent: s Ger^bei '«

Abiras Digos etc.

Les Wagigis portent peu de perles dans les cheveux mais ont les mêmes tatouages de race que les Sangos, dont ils partagent du reste les mœurs et les croyances.

Les Watés ont une coiffure compliquée, combinaison de torsades et de tresses emperlées du plus bel effet. De taille moyenne, ils ont le torse et les bras admirablement musclés, mais les jambes grêles. Ce sont des bateliers de premier ordre, vivant comme tous les Bongos d'ailleurs, dans de grands villages. Leurs pirogues sont en bois spongieux, ce qui les fait résister aux chocs contre les rocs des rapides.

Les Sakkaras, en majeure partie établis dans le Congo Français, n'occu-

pent dans l'Etat que la rive gauche du bas-Bomu, de Kendé à Likassa. C!est im peuple puissant, organisé solidement au point de vue politique, à la tète duquel se trouve un sultan héréditadTe^BangassOy homme relativement civilisé. Les tribus sur lesquelles il règne gardent chacune leurs lois et leur chefabsolu, le sultan n'intervenant que pour certains points essentiels et en cas d'intérêt

Le tatouage est formé de quatre lignes de petites palmes allant d'une tempe à l'autre par dessus les sourcils et de quatre lignes semblables, unissant la lèvre inférieure au menton. Leurs dents sont taillées en pointe. Ils portent toute la chevelure en tresses et s'ornent le corps de perles et de bracelets en cuivre, en étain ou en ivoire. L'homme porte un pagne mais la femme va nue. Ils pratiquent, comme tous les peuples de FUbangi, la circoncision.

Les Sakkaras sont très pol^ames et très anthropophages.

Grands, bien proportionnés, forts sur jambes, ils ont la tète petite et le nez fort aplati. Ils sont sombres, mélancoliques et vivent par petits villages disséminés. L'homme construit des pirogues, chasse et pèche. La femme fait de petites cultures, de la poterie et de la vannerie.

Les Sakkaras ont influencé les usages de tous les peuples environnants.

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