‹ Traité méthodique de géographie du CongoChapitre 39 sur 118 · E. — PEUPLES MÉTIS · texte numérisé non relu

E. — PEUPLES MÉTIS

Les quatre races qui occupent le haut Uellé, n'ont évidemment pu séjourner côte à côte sans se mélanger plus ou moins. De ces mélanges sont sortis des des peuples métissés que les ethnographes les plus compétents ont classés comme suit :

Bcvttiis ( A-Sandés : les Mattgbettus, Novellie\ lValumbi{?)

l avec les ( Négrilles : les Wafesse et les Wambuba.

Métis de < Nilotiqucs t A-Sandés : les Makrakras.

avec les j Négrilles : les Motnvus.

Indéterminés : les Mabode.

Les Mangbettus. — L'origine des Mangbettus est encore fort discutée et c'est peut-être plutôt comme indéterminés que comme Bantus-Sandés qu'il faudrait les classer. Formés en un certain nombre de puissantes tribus établies entre TUellé et la Népoko, il faut peut-être ranger parmi eux les Novellié du moyen Aruwimi et les Walumbi de la Lindi (i). Leur état politique, puissamment organisé, groupe les villages en provinces, dirigées par des membres de la famille du sultan. C'est ainsi que l'autorité de ce dernier est si bien assise. Ils ont pour chefs principaux, les successeurs de Munza et de Nyangara sur TUellé et Sanga sur la Népoko. Les Mangbettus ne ressemblent à aucun de leurs voisins du nord. De taille un peu au-dessus de la moyenne, ils ont la démarche pleine d'assurance, le torse vigoureux, le regard doux, la chevelure abondante et laineuse, la voix claire. Les chefs, qui seuls peuvent porter la barl)e, la tordent parfois en tresses et relèvent leur coiffure en forme de casque. Les femmes sont de taille moyenne et sont fort avenantes, avec leurs reins fortement cambrés et leurs longs cheveux arrangés avec beaucoup de goût. On rencontre parfois quelques albinos aux cheveux blonds et aux yeux bleus (2).

Les Mangbettus l'emportent surtout sur les autres nègres par leur moral relativement élevé. Ils ont le respect de la parole donnée et le sentiment de la solidarité nationale. La femme a presqu'autant de droits que le mari et elle a parfois une grande influence sur lui.

Le pays des Mangbettus est si peuplé et si bien cultivé, que les terrains incultes y sont rclativ^ement rares. Ce ne sont partout que champs de patates, de manioc et de millet. Leur industrie est très développée et ils sont

(i) Stuhlmann, MitEmin Pacha in s Ilerz von Ajrika, (2) Lieutenant Cloesen.

EiaTDuCOÎ

ETHNOGRAPM

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UT/i. M.ÛELAHArt ^

sans rivaux dans la région comme forgerons, potiers, sculpteurs et constructeurs de piroguefe. Aussi cette race compte-t-elle parmi les plus prospères de TEtat et est-elle appelée au plus brillant avenir.

Les Abarambos se rattachent aux Mangbettus, mais ont été vaincus par les Niam-Niam. Ils occupent la région située entre le Bomokandi et rUellé et forment une foule de petites tribus indépendantes, continuellement en guerre Tune contre l'autre .

Généralement bien faits, au teint assez clair, sans tatouages sur la figure, ils sont bien doués au point de vue intellectuel et paraissent capables de progresser. Seul, leur état politique s*y est opposé jusqu'ici.

Quoique la population soit assez dense, elle n'est pas groupée en villages, mais disséminée dans des métairies d'importance diverse.

Ce sont des chasseurs et des cultivateurs, dont les champs de manioc, de patates douces et d'éleusine couvrent de vastes espaces.

Leurs armes sont Tare, la flèche et la sagaie.

Les Makrakras établis sur la ligne de faite du Congo-Nil, sont des nègres au teint noir à reflets rougeâtres, à l'air plus intelligent que les autres nigriticns. Ils ont le nez moins épaté et les cheveux plus longs que ces derniers. Excellents cultivateurs, ils vivent largement des produits dé la terre. Ce sont des hommes très courageux, prêts à repousser tout envahisseur.

Les Momvus, disséminés entre les Mangbettus à l'ouest, le Haut- U elle au nord, les Lendus à Test et les Mabode au sud, sont constitués en une série de tribus indépendantes de 400 à 2000 sujets, se coalisant seulement devant un danger commun. Les principales de ces tribus sont les Atédés et les Avdémésis, Aune époque peu éloignée, les Momvus lurent envahis par les Mambellés venus du nord. Ce peuple guerrier, inapte au travail mais très habile à diriger celui des autres, se superposa aux occupants mais fut bientôt vaincus par eux. Chez les Momvus, le droit de la femme est encore plus établi que chez les Mangbettus. L'homme travaille seul et. fait exceptionnel au Congo, la femme ne s'occupe que du ménage et de la famille. Les villages sont nombreux et agréables, entourés de vastes plantations de bananiers, de manioc, etc. parfois de plusieurs lieues d'un seul tenant. Cette race est très apte aux métiers manuels et d'une bravoure qu'éprouva jadis l'expédition Van Kerkhoven.

Les Mabode sont des peuples encore assez peu connus. Ce sont des hommes de haute taille dont la réputation comme chasseurs, est légendaire dans toutes les régions du haut-Uellé. (i)

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