LA GRANDE CREVASSE CENTRALE
La cause qui avait amené la mer intérieure à se vider avait été la suivante : Sous Tinfluence d'une formidable commotion, toutes les parties est et ouest du continent primitif, à peu près jusqu'aux côtes actuelles, s'abîma sous les flots, pendant qu'une série de gigantesques crevasses, longitudinales et tranversales, ridaient l'Afrique équatoriale et en rompaient la masse compacte.
De ces crevasses la plus importante, de beaucoup, fut celle où s'alignent maintenant les lacs Albert, Albert-Edouard, Kivu et Tanganika (i). L'étroite bande de terrain comprise entre les lignes de rupture s'effondra, tandis que les lèvres de la crevasse, en se relevant, redressaient fortement les couches préexistantes, bouleversant le grès rouge et le plissant jusqu'aux Monts de Cristal (carton 3 carte III et fig. i).
Le long de ces lignes de moindre résistance, vinrent s'épancher une série de roches éruptives qui se manifestèrent aux abords de la crevasse centrale par le soulèvement longitudinal de diabase du Ruiveuzori et plus tard par les éruptions transversales des volcans du Fumbiro, qui séparèrent la crevasse en deux et rattachèrent définitivement sa partie septentrionale au domaine nilotique.