II. INDUSTRIES MANUELLES
Les industries manuelles, assez nombreuses, sont en général aussi l'apanage de certaines tribus, qui en font une spécialité et échangent ensuite leurs produits contre ceux qui leur manquent. Quoique fabriquées d'après des procédés rudimentaires, les productions indigènes atteignent parfois un fini remarquable, qui laisse voir toute l'aptitude de ces tribus pour leur industrie.
L'Industrie métallurgique est la plus remarquable, elle s'étend au fer et au cuivre.
Le fer est généralement acheté à Tétat brut à d'autres tribus. Il sert à faire des armes, fers de lances, pointes de flèches acérées, couteaux, rasoirs, des houes, des harpons, etc.
Le cuivre sert surtout à orner les armes et à faire des ornements de toilette, etc. Tous ces instruments sont très bien travaillés et ont des formes révélant parfois un goût réel.
Parmi les meilleures tribus de forgerons, citons les Zappo-Zap qui travaillent déjà pour l'Etat; les Mongos de l'Equateur, les habitants du Haiit'Aruwimi, les Bandjas en aval d'Ali-Kobo, les Marungtts^ etc.
La poterie est fort répandue. Elle se fait à la main et consiste en marmites, pots à bière, assiettes, vases, etc. agrémentés de dessins gravés ou en saillie ayant chez certaines tribus de l'intérieur, une certaine valeur artistique.
La vannerie a atteint une véritable perfection et vaut les meilleures vanneries européennes.
L'industrie des textiles utilise les fibres des nombreux palmiers ainsi que le coton et le chanvre. A l'aide d'un métier analogue aux anciens métiers européens, les nègres confectionnent des étofies très serrées, résistantes et d'une grande variété de dessins.
CONCLUSIONS
Les richesses agricoles du Congo offrent un champ d'action trop vaste et trop rémunérateur pour que l'industrie puisse, d'ici longtemps du moins, entrer en ligne de compte dans la situation économique du pays. Ce n'est pas de ce côté que doit se tourner Tattention des colons. Toute leur activité, toutes leurs forces vives doivent aller à l'agriculture, pour fournir en abondance les matières premières que la métropole se chargera de manufacturer.
Quant à Tindustrie proprement dite, elle restera sans doute un facteur accessoire, bornant son rôle à une première préparation des produits cultivés et à l'exploitation ou la fabrication de quelques objets de consommation locale.