DE LA PALETTE
Les palettes les plus commodes sont de la forme d'un carré long, aussi grandes que possible. Les couleurs doivent y être délayées sur les côtés dans l'ordre le plus rapproché des couleurs du prisme. Le centre de la palette resté libre est réservé pour y opérer le mélange des teintes. Sous peine de se servir de tons sales et dénaturés, il faut la nettoyer chaque jour avant de s'en servir avec une éponge consacrée à cet usage ; les tons frais surtout ont besoin de toute la pureté possible ; car s'ils se trouvaient ternis ou rompus par le mélange des tons d'ombre là où l'on aurait voulu mettre un ton lumineux, on n'aurait qu'une demi-teinte.
On peut également avoir une palette d'ivoire comme celle des miniaturistes ; mais, si l'on tient à éviter de la dépense, la première assiette venue peut suffire, et si l'on veut délayer ses couleurs dans des coquilles de moules parfaitement propres, il n'y a aucun inconvénient à le faire.
La palette d'ivoire des miniaturistes est très-commode à cause de sa légèreté, qui la rend très-portative, même dans un portefeuille à dessin.
On vend aussi actuellement des boites à couleurs en tôle peintes à l'huile, contenant des couleurs en pastilles, et servant en même temps de palettes ; les couleurs en pastilles sont d'un prix inférieur aux autres, mais ont l'inconvénient de se briser à la longue en se desséchant. Cependant, en les achetant chez certains fabricants consciencieux, on les trouvera aussi bonnes que les couleurs en pain ;
il faut seulement en épousseter ou laver souvent la superficie qui so charge très-facilement de poussière], car de même que dans la peinture à l'huile, les atomes poudreux font tache dans les teintes, et nuisent i la limpidité ou pureté des effets.