LA NAISSANCE. — L’INCARNATION DE L’AME D’APRÈS LA SCIENCE
§ I. — LE DÉVELOPPEMENT d’üN VÉGÉTAL
L’exposé précédent nous a permis de déterminer la façon dont l’homme est constitué pendant la vie. Quelques données à peine nous ont été fournies sur les transformations ultérieures des sept principes par l’extrait du Bouddhisme ésotérique. Il nous faut maintenant résumer de notre mieux ce qu’on peut dire touchant l’état de l’homme avant la Naissance et après la Mort.
Les théories actuellement admises par les écoles spiritualistes d’Occident se ramènent toutes à des exposés théologiques plus ou moins déguisés. Dieu a créé des âmes en nombre infini ou ‘déterminé (selon les écoles) ; chacune
de ces âmes vient subir des épreuves sur la Terre et crée de par sa conduite ici-bas son salut ou sa perte éternels en gagnant le Paradis ou l’Enfer, avec le Purgatoire pour ceux qui sont condamnés avec circonstances atténuantes.
L'illogisme profond qui se dégage de cette doctrine, les naïvetés et les erreurs scientifiques dont elle est accompagnée n’ont pas tardé à en réserver l’usage aux disciples fanatiques des curés de campagne.
L’Expérimentalisme contemporain a trouvé un moyen radical de trancher la difficulté : c’est la négation de tout principe immatériel. 11 n’y a rien avant la naissance ; il n’y aura rien après la vie gardant la trace de notre personnalité ; par conséquent inutile aux gens sérieux de s’occuper de l’âme et des phénomènes psychiques.
Comme partout, le matérialisme est parvenu, de par son scepticisme même, à d’importantes découvertes en partant de ce point de vue. Mais les faits sont venus arrêter à propos ces conclusions, et le merveilleux a fait savoir malgré tout qu’on devait compter avec lui.
Comment concilier l’injustice révoltante de la distribution des facultés ici-bas avec la théorie d’un Dieu juste et bon? comment expliquer l’existence du mal sur la terre marchant de pair avec l’existence du bien dans les cieux?
C’est à ces doutes divers que vient répondre la théorie des réincarnations.
Cette théorie, soutenue par toutes les révélations d’Orient, exposée par Orphée, par Pythagore et par tous les initiés à la Science ésotérique, peut se résumer en quelques mots :
L’âme humaine subit pendant son incarnation dans le corps matériel l’effet des causes bonnes ou mauvaises qu’elle a générées dans l’existence précédente ; elle génère, par la façon dont elle supporte ces épreuves, les causes bonnes ou mauvaises qui déterminent son état ultérieur
dans la suivante incarnation. Entre deux existences, l’âme jouit d’un repos accompagné de la félicité inhérente à son essence.
D’après cette théorie de l’incarnation, le lieu des souffrances n’est plus un endroit accessible aux seules conceptions théologiques, c’est dans le monde de la Matière, sur la Terre ou sur une autre planète, que, revêtus d’un corps matériel, nous éprouverons les effets de nos actes antérieurs. Notre enfer, notre purgatoire et notre paradis ce sera la Terre suivant que nous l’aurons voulu.
Nous sommes maintenant à même de comprendre cette description de la Terre et de son action sur l’âme qui vient s’incarner :
« C’est la Terre, l’une des mille citadelles du Royaume <c de l’Homme, Fils immortel et mortel de Dieu les Dieux, « c’est Demêter, c’est Adamah , le monde des effigies et « des Réalités physiques, l’Enfer, le Purgatoire, le Paradis « selon l’âme qui s’incarne, selon l’Esprit qui règne dans « la chair des âmes incarnées, selon la Foi, la Loi, les « Mœurs de l’État Social1 . »
Cette théorie soulève d’importants problèmes.
1° Si l’âme s’incarne en l’homme, à quel moment a lieu cette incarnation?
2° A-t-on le souverïir dans une incarnation des existences antérieures?
3° Comment est constituée l’âme au moment de l’incarnation?
Nous avons toujours fait nos efforts pour concilier les théories métaphysiques avec les enseignements positifs de nos sciences ; aussi nous est-il nécessaire maintenant, si nous voulons ne pas faire du galimatias triple2, d’exposer