Fabre d’Olivet, op. cil., t. I, p
ï). — LA VERSION GRECQUE.
Les Esséniens.
Ptolémée, fils de Lagus, eut l’idée de faire traduire le Seplier pour le placer dans la Bibliothèque d’Alexandrie. Le monarque fit appel au souverain pontife Eléazar qui envoya une copie du Seplier.
Mais il fallait trouver des traducteurs.
C’est alors qu’on s’adressa aux Esséniens du mont Moria qui jouissaient d’une réputation méritée de science et de sainteté.
Ces sectaires (les Esséniens du mont Moria) vivaient en anachorètes, retirés dans des cellules séparées, s’occupant, comme je l’ai déjà dit, de l’étude de la Nature. Le Sepher était, selon eux, composé d’esprit et de corps : par le corps ils entendaient le sens matériel de la langue hébraïque ; par l’esprit, le sens spirituel perdu pour le vulgaire1. Pressés entre la loi religieuse qui leur défendait la communication des mystères divins, et l’autorité du prince qui leur ordonnait de traduire le Sepher, ils surent se tirer d’un pas si hasardeux; car, en donnant le corps de ce livre, il obéirent à l'autorité civile ; et en retenant l’esprit, à leur conscience. Us firent une version verbale aussi exacte qu’ils purent dans l’expression restreinte et corporelle; et pour se mettre encore plus à l’abri des reproches de profanation, ils se servirent du texte et de la version samaritains en beaucoup d’endroits, et toutes les fois que le texte hébraïque ne leur offrait pas assez d’obscurité2.
Les traducteurs furent d’abord, ainsi que l’assure le
1. Josephe, De Bello Jud., 1. II, c. xn. Phil. De vila eontem.pl. Budd. In - Irod. ad phil. hebr.