CHAPITRE II
La Distinction .
v. 1. Ainsi, devant s’accomplir en acte, s’accomplirent en puissance et les dieux et la Terre, et la Loi régulatrice qui devait présider à leurs développements.
2. Et l’Être des êtres ayant terminé à la septième manifestation phénoménique, l’acte souverain qu’il avait conçu, revint à son état primitif dans cette septième période, après l’entier accomplissement de l’œuvre divine qu’il avait effectuée.
3. C'est pourquoi il bénit, ua-les-Dieux, cette septième manifestation phénoménique, et en sanctifia à jamais l’existence symbolique comme étant l’époque de son retour à son état primitif, après l’entier accomplissement de l’acte souverain dont il avait créé le dessein selon sa puissance efficiente.
4. Tel est le type des générations des Cieux et de la Terre, suivant le mode de leur création, au jour où Ihôah, tui-les-Dieux, dé-
ployant sa puissance créatrice, fît en principe les Cieux et la Terre.
5. Et la conception entière de la Nature, avant que la Nature existât sur la Terre, et sa force végétative, avant qu’elle eût végété : car Ihôah, l’Etre des êtres, ne faisait point pleuvoir sur la Terre, et l'universel Adam n’existait point encore en substance actuelle, pour ellaborer et servir l’Élément adamique.
G. Mais une émanation virtuelle, s’élevant avec énergie du sein de la Terre, abreuvait toute l’étendue de ce même élément.
7. Or, Ihôah, l’Etre des êtres, ayant formé la substance A' Adam, de la sublimation des parties les plus subtiles de l’Élément adamique, inspira -dans son entendement une essence exhalée des Vies, et dès lors Adam , l’Homme universel, devint une similitude de l’Ame vivante, universelle.
8. Ensuite il traça, Ihôah, LUi-les-Dieux, une enceinte organique dans la sphère de la sensibilité temporelle, extraite de l’antériorité universelle des temps; et il y plaça ce même Adam, qu’il avait formé pour l’éternité.
9. Ordonnant à l’Elément adamique de faire croître toute espèce de substance végétative, aussi belle à la vue, selon sa nature, que bonne au goût; et voulant en même temps que le principe substantiel des Vies se développât au centre de l’enceinte organique avec la substance propre du bien ou du mal.
10. Cependant une émanation lumineuse, telle qu’un vaste fleuve, coulait de la sphère sensible pour la vivification de l’enceinte organique ; s’y divisait, et paraissait au dehors selon la puissance quaternaire multiplicatrice, en quatre principes.
11. Le nom du premier de ces principes émanés était Phishôn, c'est-à-dire, la réalité physique, l’être apparent : il enveloppait toute la terre de Huivila , l’énergie virtuelle, lieu natal de l’or.
12. Et l'or de cette terre-là, emblème de la réflexion lumineuse, était bon. C’était encore le lieu natal de Bedolla, division mystérieuse, et de la pierre Shôam, sublimation universelle.
13. Le nom du second de ces principes émanés était Gîhôn, le mouvement formatif : il enveloppait toute la terre de Choush, le principe inné.
14. Le nom du troisième de ces principes émanés était Hiddekel, le rapide propagateur, servant de véhicule au principe de la félicité. Le quatrième, enfin, recevait le nom de Phrath, à cause de la fécondité dont il était la source.
15. Ainsi donc, Ihôah, l’Être des êtres, ayant pris Adam, l’Homme universel, le plaça dans l’enceinte organique de la sensibilité temporelle, pour qu’il l’ellaborât et la gardât avec soin.
16. El il lui recommanda fortement, Ihôaii, LUi-les-Dieux, en lui déclarant ainsi sa volonté : « De toute la substance végétative de l'enceinte organique, tu peux t’alimenter sans crainte :
17. « Mais de la substance propre de la connaissance du bien et du mal, garde-toi de faire aucune consommation : car au jour même où tu t'en alimenteras, tu deviendras muable , et tu mourras. »
18. Ensuite il dit, Ihùah, l’Etre des êtres : il n’est pas bon qu Adam soit dans la solitude de lui-même : je lui ferai une compagne, une aide élémentaire, émanée de lui-même, et formée dans la réflexion de sa lumière.
19. Or, il avait formé hors de l’Elément adamique, toute l’animalité de la nature terrestre, et toute l’espèce volatile des cieux; il les fît venir vers Adam pour voir quel nom relatif à lui-même, cet Homme universel assignerait à chaque espèce; et tous les noms qu'il assigna à ces espèces, dans leurs rapports avec lui, furent l'expression de leurs rapports avec l’Ame vivante universelle.
20. Ainsi donc, Adam assigna des noms à l’espèce entière des quadrupèdes, à celle des oiseaux, et généralement à toute l’animalité de la nature; mais il fut loin d’y trouver cette compagne, cette aide élémentaire, qui, émanée de lui-même, et formée dans la réflexion de sa lumière, devait lui présenter son image réfléchie.
21. Alors Ihôah, l’Etre des êtres, laissa tomber un sommeil profond et sympathique sur cet Homme universel, qui s’endormit soudain; et rompant l’unité de ses enveloppes extérieures, il prit l’une d’elles, et revêtit de forme et de beauté corporelle, sa faiblesse originelle.
22. Ensuite il rétablit cette enveloppe qu’il avait extraite de la substance même d 'Adam, pour la faire servir de base à celle d’AïsAu. sa compagne intellectuelle; et il l'amena vers lui. •
23. Et Adam, déclarant sa pensée, dit : celle-ci est véritablement substance de ma substance, et forme de ma forme; et il l'appela Aisha, faculté volitive efficiente, à cause du principe volitif intellectuel Aïsh , dont elle avait été tirée en substance.
24. Voilà pourquoi l’homme intellectuel, Aïsh, doit quitter son père et sa mère, et se réunir à sa compagne intellectuelle, Aïsha, sa faculté volitive; afin de ne faire avec elle qu’un seul être sous une même forme.
25. Or, ils étaient b’ un et l’autre entièrement découverts, sans aucun voile corporel qui déguisât leurs conceptions mentales, l'universel Adam, et sa faculté volitive Aïsha ; et ils ne se causaient entre eux aucune honte.