‹ Traité méthodique de science occulteChapitre 207 sur 454 · PLAN DE L’ÉTUDE DE LENAIN · texte numérisé non relu

PLAN DE L’ÉTUDE DE LENAIN

Ch. 1. Du nom de Dieu et de ses attributs.

— 2. De l’origine des noms divins, leurs attributs et leur in-

fluence sur l’Univers. (Alphabet et sens des lettres.)

— 3. Explication des 72 attributs de Dieu et des 72 anges qui

dominent sur l’Univers.

— 4. Les 72 noms.

— 5. Explication du calendrier sacré.

— 6. Les influences des 72 génies, leurs attributs et leurs

mystères.

— 7. Les mystères (Kabbale pratique). Magie.

§ o. — LA PHILOSOPHIE DE LA KABBALE l’ame d’après la kabbale 2". — La philosophie de la Kabbale.

La partie systématique de la Kabbale se trouve exposée dans le paragraphe précédent. Il nous reste à parler de la partie philosophique.

Nous avons fait, lors de la réédition de l'excellent livre de M. Ad. Franck, une critique de cet ouvrage dans laquelle nous résumions de notre mieux les enseignements doctrinaux de la Kabbale, en rattachant ces enseignements à quelques points de science contemporaine, selon notre habitude.

Nous ne pouvons mieux faire que de reproduire ce travail en le faisant suivre de la lettre que M. Franck nous adresse à ce propos. Ensuite, pour bien indiquer la profondeur des données kabbalistiques en ce qui concerne l’homme et ses transformations et l'identité de ces données avec la tradition orientale, nous terminerons ce paragraphe par une étude d’un kabbaliste allemand contemporain : Cari de Leiningen.

ANALYSE DU LIVRE DE M. FRANCK la kabbale

M. Franck a fait de la Kabbale une étude très sérieuse et très approfondie mais au point de vue particulier des philosophes conemporains et de la critique universitaire. Il nous faudra donc résumer de notre mieux ses opinions à ce sujet; mais en mettant à côté celles des kabbalistes contemporains connaissant plus ou moins l’Esotérisme. Ces deux point* de vue quelque peu différents ne peuvent qu’éclairer d’un jour tout nouveau une question si importante en Science Occulte.

Ces considérations indiquent par elles-mêmes le plan que nous suivrons dans cette étude. Nous résumerons successivement les opinions de M. Franck sur la Kabbale elle-même, sur son antiquité

et sur ses enseignements en discutant 'chaque fois les conclusions de cet auteur comparativement à celles des occultistes contemporains.

Nous devrons toutefois nous borner aux questions les plus générales, vu le cadre restreint dans lequel doit se développer notre article,

Voyons d’abord le plan sur lequel est construit le livre de M. Franck.

La méthode suivie dans sa disposition est remarquable par la clarté avec laquelle des sujets si difficiles se présentent au lecteur.

Trois parties, une introduction et un appendice forment la charpente de l’ouvrage.

L'introduction et la préface donnent une idée générale de la '] Kabbale et de son histoire.

La première partie traite de l’antiquité de la Kabbale d’après ses deux livres fondamentaux, le Sepher Jesirah et le Zohardont l’authenticité est admirablement discutée.

La seconde partie, la plus importante sans contredit, analyse les doctrines contenues dans ces livres, base des études kabbalistiques.

Enfin la troisième partie étudie les rapprochements du système philosophique de la Kabbale avec les écoles diverses qui peuvent présenter avec elle quelque analogie.

L' appendice est consacré à deux sectes de Kabbalistes.

En résumé, toutes ces matières peuvent se renfermer dans les j questions suivantes :

1° Qu’est-ce que la Kabbale et quelle est son antiquité?

2° Quels sont les enseignements de la Kabbale :

Sur Dieu;

Sur l'Homme;

Sur l' Univers ?

3° Quelle est l’influence de la Kabbale sur la philosophie à travers les âges ?

11 nous faudrait un volume pour traiter comme il le mérite un tel sujet; mais nous devons nous contenter de ce que nous avons et nous borner aux indications strictement nécessaires à cet i effet.

qu’est-ce que la kabbale et quelle est son antiquité ?

Se plaçant sur le terrain strict des faits établis sur une solide érudition, M. Franck définit ainsi la Kabbale :

« Une doctrine qui a plus d’un point de ressemblance avec celles de Platon et de Spinosa ; qui, par sa forme, s’élève quelquefois jusqu’au ton majestueux de la poésie religieuse; qui a pris naissance sur la même terre et à peu près dans le même temps que le christianisme ; qui, pendant uné’p'ériode de douze siècles, sansautre preuve que l’hypothèse d’une antique tradition, sans autre mobile apparent que le désir de pénétrer plus intimement dans le sens des livres saints, s’est développée et propagée à l’ombre du plus profond mystère : voilà ce que l’on trouve, après qu’on lésa épurés de tout alliage, dans les monuments originaux et dans les plus anciens débris de la Kabbale. »

Sur la première partie de cette définition tous les occultistes sont d’accord : la Kabbale constitue bien en effet une doctrine traditionnelle, ainsi que l’indique son nom même1.

Mais nous différons entièrement d’avis avec M. Franck sur la question de l'origine de cette tradition.

Le critique universitaire ne peut s'écarter dans ses travaux de certaines règles établies dont la principale consiste à n’appuyer l’origine des doctrines qu’il étudie que sur les docuhnents bien authentiques pour lui, sans s’occuper des affirmations plus ou moins intéressées des partisans de la doctrine étudiée.

C’est la méthode suivie par M. Franck dans ses recherches historiques au sujet de la Kabbale. Il détermine au mieux l’origine

i. « Il paraît, au dire des plus fameux rabbins, que Moyse lui-même, prévoyant le sort que son livre devait subir et les fausses interprétations qu’on devait lui donner par la suite des temps, cul recours à une loi orale, qu’il donna de vive voix à des hommes sûrs dont il avait éprouvé la fidélité, et qu’il chargea de transmettre dans le secret du sanctuaire à d’autres hommes qui, la transmettant à leur tour d’âge en âge, la fissent ainsi parvenir à la postérité la plus reculée. Cette loi orale que les Juifs modernes se flattent encore de posséder se nomme Kabbale, d’un mot hébreu qui signifie ce qui est reçu, ce qui vient d’ailleurs, ce qui se passe de main en main. »

Fabre d’Olivet. Langue hébraïque restituée, p. dy.

des deux ouvrages fondamentaux de la doctrine : le Sepher Jesirah et le Zohar et infère de cette origine même celle de la Kabbale tout entière.

L’occultiste n'a pas à tenir compte de ces entraves. Un symbole antique est pour lui un monument aussi authentique et aussi précieux qu’un livre, et la tradition orale ne peut que transmettre des formules à forme dogmatique que la raison et la science doivent contrôler et vérifier ultérieurement.

Wronski définit les dogmes des porism.es, c’est-à-dire des problèmes à démontrer c’est pourquoi nous devons poser d’abord les dogmes traditionnels mais sans jamais les admettre avant de les avoir scientifiquement vérifiés.

Or, nous allons voir ce que la tradition occulte nous enseigne au sujet de l’origine de l’Esotérisme et par suite de la Kabbale ellemême, en posant comme problème à démontrer ce que la science n’a pu encore éclaircir, mais en indiquant par contre les points où elle vient confirmer les conclusions de la tradition orale ou écrite de la Science Occulte.

Chaque continent a vu se générer progressivement une tlore et une faune couronnées par une race humaine. Les continents sont nés successivemenl de telle sorte que celui qui contenait la race humaine qui devait succéder à celle existante, naissait au moment où cette dernière était en pleine civilisation. Plusieurs grandes civilisations se sont ainsi succédé sur notre planète dans l’ordre suivant :

1° La civilisation colossale de l’Atlantide, civilisation créée par la Race Ronge, évoluée d’un continent aujourd’hui disparu, qui s’étendait à la place de l’océan Pacifique, suivant les uns, à la place de l’océan Atlantique suivant les autres ;

2° Au moment où la Race Rouge était en pleine civilisation, naissait un continent nouveau qui constitue X Afrique d'aujourd'hui, générant, comme terme ultime d’évolution, la Race Noire.

Quand le cataclysme qui engloutit l’Atlantide se produisit, cataclysme désigné par toutes les religions sous le nom de Déluge universel, la civilisation passa rapidement aux mains de la Race

1. Wronski, Messianisme ou réforme absolue du Savoir humain, t. 1!, Introduction.

Noire, à qui les quelques survivants de la Race Rouge transmirent leurs principaux secrets.

3° Enfin, alors que les Noirs furent eux-mêmes arrivés àl’apogée de leur civilisation, naquit avec un nouveau continent (Europe- Aêie) la Race Blanche, à qui devait passer postérieurement la suprématie sur la planète.

Les données que nous venons de résumer là ne sont pas nouvelles. Ceux qui savent lire ésotériquement le Sepher de Moïse en trouveront la clef dans les premiers mots du livre, ainsi que nous l’a montré Saint-Yves d'Alvevdre ; mais sans aller si loin, Fabre d'Olivet, dès 18:20, dévoilait cette doctrine dans V Histoire philosophique du Genre Humain. D’autre part, l’auteur de la Mission des Juifs nous fait voir l’application de cette doctrine dans le Ramayana lui-même.

La Géologie est venue prouver de concert, avec l'Archéologie et l’Anthropologie la réalité de plusieurs points de cette tradition.

De plus, certains problèmes encore obscurs de la théorie de l’évolution, entre autres celui de la diversité des couleurs de la Race Humaine, trouvent là de précieuses données encore inconnues de nos jours de la Science officielle.

C’est donc de la Race Rouge que vient originairement la tradition et, si l’on veut bien se souvenir qu 'Adam veut dire terre rouge, on comprendra pourquoi les Kabbalistes font venir leur science d’Adam lui-même.

Cette tradition eut donc comme sièges principaux de transmission : Y Atlantide, Y Afrique, Y Asie et enfin Y Europe.

L’Océanie et l’Amérique sont des vestiges de l’Atlantide, et d’un continent antérieur; la Lémurie.

Beaucoup de ces affirmations dogmatiques étant encore pour le savant contemporain des porismes (problèmes à démontrer), nous nous contentons de les poser, sans discussion, et nous allons maintenant partir du point où en est arrivée la science officielle comme origine de l’Humanité : Y Asie.

Toutes les traditions, celles des Bohémiens1 , des Francs-

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