Pline, lib. XXXVI, c. xxvi
2. Petronius Arbiter, p. 189 et 190, et Dutens, op. cit., p. 190 et 191.
rentes sortes de gommes propres à absorber différentes sortes de couleurs, lesquelles gommes ne s’apercevaient pas sur la blancheur de la toile ; ensuite ils trempaient celte toile un moment dans une chaudière pleine d’une liqueur bouillante préparée à cet effet et l’en retiraient peinte de toutes les couleurs qu’ils avaient eu l’intention de lui donner. Et ce qu’il y avait de remarquable, était que ces couleurs ne passaient point avec le temps et ne s’en allaient point à la lessive, le caustique employé dans cette liqueur pénétrant intimement la toile1. »
Guerre. — Canons.
Il est convenu que dans l’art de la guerre la « civilisation » a porté la science à son apogée. C’est possible, du moins les quelques citations suivantes montrent qu’en tout, même en l’art de tuer leurs semblables scientifiquement, les anciens nous ont précédés.
« Porphyre, dans son livre sur Y Administration de l'Empire, décrit l’artillerie de Constantin Porphyrogénète.
« Valerianus, dans sa Vie d’Alexandre, nous montre les canons de bronze des Indiens.
« Dans Ctésias on retrouve le fameux feu grégeois, mélange de salpêtre, de soufre et d’un hydrocarbure employé bien avant Ninus en Chaldée, dans l’Iran, dans les Indes sous le nom de feu de Bharawa. Ce nom qui fait allusion au sacerdoce de la race rouge, premier législateur des noirs de l’Inde, dénote à lui seul une immense antiquité.
« Hérodote, Justin, Pausanias parlent des mines qui engloutissent, sous une pluie de pierres et de projectiles
1. Plinius, Hist. Natur., lib. XXXV, c. xi, sect. XLII; Plinius, lib. XXXIII, c. ix, sect. XLVI; Heliodor. OEthiop., lib. III.
sillonnés de flammes, les Perses et les Gaulois envahisseurs de Delphes.
« Servius, Valérius Flaccus, Jules l’Africain, Marcus Grœcus décrivent la poudre d’après les anciennes traditions; le dernier donne même nos proportions d’aujourd’hui. » (Saint-Yves d’Alveydre, loc. cit ., chap. IV.)
Voici d’après Dutens (p. 197) l’extrait du manuscrit de Marcus Græcus :
La Poudre.
Mais ce qui met cette question (de la poudre) hors' de doute, est un passage clair et positif d’un auteur appelé Marcus Græcus dont on voit un ouvrage manuscrit à la Bibliothèque du Roi à Paris, intitulé Liber Ignium. Le docteur Mead avait un manuscrit du même ouvrage dont j’ai eu une copie entre les mains. L’auteur « y décrit plusieurs moyens de combattre l’ennemi en lançant des feux sur lui et entre autres il propose celui-ci : de mêler une livre de soufre vif, deux livres de charbon de saule et six livres de salpêtre ; et de réduire le tout ensemble en une poudre très line dans un mortier de marbre. Il ajoute qu’en mettant une certaine quantité de cette poudre dans une enveloppe longue, étroite et bien foulée, on la fait voler en l’air (ce qui est la fusée) et que l’enveloppe au contraire avec laquelle on veut imiter le tonnerre, doit être courte et grosse, à moitié pleine et fortement liée d’une ficelle. Il donne ensuite différentes méthodes de préparer la mèche et enseigne aussi le moyen de faire lancer une fusée par une autre fusée en l’air en renfermant l’une dans l'autre. »