‹ Traité méthodique de science occulteChapitre 320 sur 454 · ORIGINE · texte numérisé non relu

ORIGINE

Tout d’abord voici ce que rapportent les Bohémiens sur leur origine :

Il est, du Sind au Gange, un territoire appelé Pane f ab , c’est-àdire cinq eaux, parce qu’au sud cinq rivières : le Sutly, le Rair, le Schnab, le Jilu et le Sind, l’arrosent et le fertilisent et qu’au nord, cinq grands fleuves : l’Ira-vati, le Brahma-poutr, le Gange, le Sind et le Gilson qui y prennent leur source s’en échappent pour former la ceinture du monde alors civilisé.

Ce territoire est le Mul-tan, c’est-à-dire le pays de la racine.

Il est ainsi nommé parce qu’il est le berceau où l’homme naquit à la vie de l’esprit et où son esprit le fit naître à la vie du corps; où la science naquit de l’évidence, la fable de l’allégorie et l'image de l’idole, de l’imagination de l’idée.

Vers le xie siècle avant notre ère, les Zaths étaient déjà retirés dans la Douab ou Mésopotamie, entre le Gemma et le Gange. Dans leur besoin d'un Dieu, et n’en trouvant pas, ils en firent un du soleil, qui, pour eux, est l’astre des besoins, et le nommèrent Isa-Kris > ten parce que sa lumière est brillante comme l’or, pure comme l’air, et diaphane comme le cristal. Ils le font concevoir par Maha-Maria, la grande Marie, mer ou océan céleste qui contient la lumière du monde, et le font naître de la planète ou déesse lune Devaki, laquelle le mit au monde le 25 décembre, à minuit, dans la ville de Mythra, sur les bords de la rivière qui, pour ces raisons, fut nommée Iemma et Gemma de la Nuit et de la Naissance. Selon eux, quand il naquit, une gloire céleste illumina ses parents et son berceau, comme le soleil éclaire les astres à l’antipode, quand il va sous l’horizon; les chœurs des Devatas, astres ou anges, pasteurs des hommes, firent retentir autour de son berceau les divins concerts de leur sublime harmonie, comme chanteront les pâtres des troupeaux autour du berceau de Jésus; sa naissance inspira des larmes aux tyrans comme en inspirera à Hérode celle de Jésus; dans la crainte de le laisser échapper, Komsa, son oncle et roi de Zath, comme Hérode le sera des Juifs, ordonna de massacrer tous les nouveau-nés; le massacre eut lieu, mais il ne put atteindre cçlui qui devait être le Sauveur des hommes parce qu’il est l’astre Deva ou Dieu du monde. Pour le cacher à l’Hérode, roi du pays, ses parents le transportèrent à Gokal, ville des vaches, comme ceux de Jésus le transporteront dans les pâturages de Goscen, pour le soustraire au Komsa de la Judée; il vécut là, retiré chez les pâtres,

comme Apollon chez Admète, et, comme lui, il leur enseigna à jouer de la flûte; rentré plus tard à Manthura, comme Jésus à Jérusalem, il y étonne comme lui, par sa science et ses miracles, et l’amour qu’il inspire lui fait, comme à Jésus, de nombreux partisans; mais sa royauté est contestée, comme doit l’être un jour celle de Jésus, et il meurt en croix, sur cette même croix, où, mille ans après, Jésus doit mourir. C’est alors qu’il laisse ses instructions à Ariun, son bien-aimé, comme Jésus-Christ a laissé les siennes à Jean, qu’il appuie sur son cœur.

Qu’ils soient venus en Phénicie par le golfe Persique et la Syrie, ou par le golfe Hébraïque et l’Arabie, toujours est-il qu’ils y arrivèrent avec leur arche ou vaisseau, avec leur argo ou leur science, l’une portant l’autre, car leur grande divinité As-taroth n’est autre chose que le Tan-tara indo-tartare, le tarot des Rômes, le zodiaque,

Le nom de Sankoniathon, leur historien et peut-être leur législateur, suffit seul à prouver leur origine indienne, car il nous semble n’être que Sankon-iatha ou Sanko-niatha , le Jatha ou le maître parfait1.

D’ailleurs le Tohu-Boüt ou chaos d’où, selon sa cosmogonie, est sorti le monde, rappelle trop bien la matière limoneuse, déesse Bouto de l’Egypte, et le bout terrestre, matière boueuse du Multan, pour n’y pas reconnaître à la fois et le lieu d’où, Pâli et Anak, ils en ont apporté l’idée en Palestine ou Kanaan et celui d’où, Kna ou Anakin, ils l’ont importée en Égypte.

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