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Chap. IV

Quels sont les éléments qui entrent en action clans cette fabrication?

De petits êtres vivants obéissant passivement à toutes les impulsions que leur donne le corps astral agissant par les nerfs émanés du Grand Sympathique ; ces petits êtres sont les globules sanguins qui apportent la force à tous les points de l’organisme.

Le Corps astral a donc à son service :

1° Des centres de condensation où la force est mise en réserve (les ganglions du grand sympathique) ;

2° Des conducteurs de cette force dans tous les organes indépendants de la volonté (filets allant aux organes à fibres lisses) ;

3° De petits êtres en très grand nombre portant des réserves de forces et obéissant passivement à toutes les impulsions bonnes ou mauvaises : les globules sanguins et les globules lymphatiques (renvoyer à la physiologie syn- • thétique).

Tout ce domaine, encore une fois, échappe, à l’état ordinaire, à l’influence de la volonté, il agit d’après des lois fixes et déterminées ; c’est le domaine de Y Inconscient .

Or, une idée enracinée dans l’esprit des savants contemporains, c’est que ces forces ne peuvent agir qu’en l’homme, ne sortent jamais hors de lui et, à plus forte raison, ne peuvent agir hors de son être sans conducteur intermédiaire.

La Science occulte enseigne, au contraire, que la réserve de forces condensée dans les ganglions du grand sympathique est susceptible, quand elle entre dans un état de tension suffisant, de s'échapper hors de l’homme et d’aller agir à distance.

Mais le corps astral n’est jamais qu’un intermédiaire. Semblable au fluide électrique dans le télégraphe (mais

à un fluide électrique à qui les fils sont inutiles pour se transporter d’un point à un autre), il lui faut une incitation qui détermine son départ, une idée , et un cadran enregistreur qui manifeste son arrivée, un corps matériel.

Nous pourrons donc assister à ce phénomène d’une idée de l’homme agissant sur de la matière autre que celle de son propre corps, sans contact apparent, au moyen de la vie de cet homme.

Un muscle se contractera toujours, que l’incitation vienne d’un ordre du cerveau ou d’un courant électrique extérieur.

De même la matière organique peut obéir à toutes les incitations, qu’elles viennent de la vie de la personne qui agit ou de la vie d’une autre personne.

Trois ordres de phénomènes se rattachent à cette théorie :

Les phénomènes du Magnétisme.

Les phénomènes du Spiritisme.

Les phénomènes de la Magie.

Le Magnétisme et le Corps astral.

Dans les phénomènes du Magnétisme, une personne est plongée dans un sommeil spécial, caractérisé en ce que les relations entre l’idée et le reste de l’organisme sont coupées.

Le sujet magnétique est semblable à un appareil télégraphique qui ne serait composé que du fil conducteur (les nerfs prêts à agir) et de l’appareil récepteur (le corps). Que manque-t-il?

1° La dépêche à transmettre;

2° L’appareil de départ, l’appareil transmetteur (le cer-

veau) dont les relations avec le récepteur (le corps) sont coupées.

Le Magnétiseur agit en remplaçant, par son idée, l’idée

du sujet lui-même. Le corps astral du sujet obéit passivement à l’incitation venue de l’idée du magnétiseur, comme il obéirait à l’incitation venue de l’idée du sujet lui-même;

telle est la théorie de la suggestion, c’est-à-dire de l’ordre donné au corps astral par un autre cerveau que celui du sujet à qui appartient en propre ce corps astral.

Bien plus, certaines facultés dites psychiques, qui ap-

par tiennent autant au corps astral qu’à l’âme elle-même, comme la mémoire , peuvent conserver l’incitation venue d’un cerveau étranger aussi bien qu’elles auraient conservé l’incitation venue de la personne elle-même ; de là la suggestion à échéance plus ou moins longue.

La théorie ésotérique enseignant que les idées sont des puissances actives, des êtres réels, on voit comment une suggestion à échéance consiste à mettre dans le cerveau d’un sujet un germe en puissance , germe qui deviendra un être actif, qui naîtra à la vie, le jour fixé par l’opérateur (trois jours, un mois, un an après la suggestion) et qui enverra son impulsion au corps astral.

Mais, dans certains cas, les faits du Magnétisme touchent de très près à la Magie des temples anciens. C’est quand la volonté du Magnétiseur, agissant sur le corps astral du sujet, envoie ce corps astral à distance , ce qui permet de voir au loin indépendamment du temps et de l’espace.

Mais, pour que cette action se produise, il faut que la vie du sujet, que son corps astral, ait un point de repère , un guide sûr qui la mette en relation avec la personne ou l’endroit qu’on veut décrire.

Sans ce fil conducteur invisible pour les yeux matériels et visible pour tous les sujets voyants , on ne peut pas plus envoyer le corps astral du sujet que le télégraphiste ne peut envoyer des dépêches sans fil conducteur.

Voilà pourquoi les savants qui renferment une lettre dans un coffre-fort et qui mettent au défi les magnétiseurs de faire lire cette lettre, n’obtiendront jamais de réponse.

Le sujet, n’étant pas guidé, ira dans le cerveau de son magnétiseur et pas plus loin.

Les figures schématiques suivantes indiquent ces cas.

La différence du Magnétisme et de la Magie, , c’est que dans cette dernière, le Mage envoie volontairement son

A, objet reliant la chose C par l’intermédiaire du lien fluidique B au sujet endormi. — D, volonté du magnétiseur dirigeant le corps astral E du sujet sur la chose C grâce au lien fluidique B. — F, corps du magnétiseur se mêlant inconsciemment au corps astral du sujet.

propre corps astral au point désiré, sans perdre conscience et sans avoir besoin d’intermédiaire.

Dans les phénomènes spirites, la relation entre l’âme et le corps astral est aussi rompue. Mais celte fois, aucun magnétiseur ne vient mettre sa volonté à la place de celle du sujet.

Chez le sujet produisant des phénomènes spirites importants, sujet nommé médium, c’est-à-dire intermédiaire, le corps astral sort également ; mais il est dirigé par des actions la plupart du temps invisibles.

Tantôt c’est d’un assistant ou d’un groupe de ces assis-

Phénomènes du Spiritisme.

lants que part l’impulsion, l’idée, qui va diriger ce corps astral, tantôt c’est un esprit , comme disent les spirites, qui vient s’emparer du corps astral du médium pour se manifester.

Quand saint Jean, la Vierge Marie ou Jésus-Christ viennent se communiquer, cherchez dans l’assistance un croyant catholique, c’est de son cerveau et pas d'autre part qu’est issue l’idée directrice. De même quand, ainsi que je l’ai vu, d’Artagnan se présente, inutile de voir qu’il s’agit d’un fervent d’Alexandre Dumas.

Pour qu’un esprit , pour que l’être lui-même vienne se communiquer, il laut qu’une relation fluidiqiie quelconque existe entre l’évocateur et l’évoqué, de même que pour qu’un sujet magnétique puisse réellement voir à distance, et non dans le cerveau de son magnétiseur, il faut qu’un lien fluidique existe.

Aussi quand une mère éplorée voit sa tille se manifester à elle, d’une manière évidente, quand une fille restée seule sur terre voit son père défunt lui apparaître et lui promettre son appui, il y a quatre-vingts chances sur cent pour que ces phénomènes soient bien produits par les « esprits », les « moi » des défunts. Au contraire, quand Victor Hugo vient faire des vers de treize pieds ou donner des conseils culinaires, quand Mmo de Girardin vient déclarer sa flamme posthume à un médium américain, il y a quatre-vingt-dix chances sur cent pour qu’il s’agisse là d’une erreur d’interprétation. Le point de départ de l’idée impulsive doit être cherché tout près.

Toutes ces données seront développées dans tous leurs détails et appuyées sur une foule de faits et d’expériences dans le Traité élémentaire de Magie pratique. Ici nous ne faisons que résumer rapidement quelques théories indispensables à connaître.

Cependant, comme cette question de spiritisme intéresse beaucoup de nos lecteurs, je vais reproduire une conférence dans laquelle j’abordai l’action du corps astral dans la production de ces phénomèmes encore peu connus.

LE ROLE DU PÉRISPRIT DANS LES PHÉNOMÈNES SPIRITES Conférence faite à la Société spirite.

Mesdames, Messieurs, Leymarie m’a prié de prendre ce soir la parole devant vous. Je dois donc vous demander toute votre indulgence pour la faiblesse de l’auteur, eu égard au sujet traité.

Combien de fois ne vous est-il pas arrivé, après avoir raconté un phénomène quelconque, d’entendre une foule de gens vous dire : « Oh! je vous en prie, menez-moi dans votre groupe, faites apparaître mon père défunt et je serai un apôtre de vos doctrines! »

Ce qui constitue le caractère bien spécial du spiritisme, ce sont ses expériences pratiques, et cependant ces expériences mêmes sont un de ses plus grands dangers au point de vue de la vulgarisation.

Il semble tout naturel, au premier abord, de convaincre les incrédules par le fait. Toutefois l’expérience nous a bien souvent montré que certaines personnes étaient d’une influence telle sur ces phénomènes que leur seule présence suffisait à tout arrêter.

Ces remarques s’appliquent surtout aux cercles nouvellement formés dans lesquels des faits remarquables se produisent habituellement ; et là, les phénomènes diminuent d’intensité à mesure que les nouveaux venus sont plus nombreux.

A quoi cela tient-il ?

Je vais essayer, Mesdames et Messieurs, de vous donner à ce sujet une théorie dont je vous serai reconnaissant de vérifier vous-mêmes la portée pratique dans vos expériences postérieures.

Cette théorie n’est certes pas nouvelle ; elle forme la base même de l’antique magie dont, vous le savez, le spiritisme est une résurrection partielle.

LE PÉIUSPRIT

Allan Kardec insiste avec raison sur l’étude du périsprit ; c’est, en effet, par celte étude, qu’il faut commencer celle du spiritisme lui-même si l’on veut bien comprendre ses enseignements.

Le périsprit est ce principe chargé d’assurer les rapports entre le corps et l’âme. Que veulent dire ces mots pour les physiologistes contemporains?

Vous n’ignorez pas combien notre siècle a horreur, peut-être à tort, de la métaphysique. Nous devons suivre les goûts du siècle et définir, non plus pour vous, spirites, qui savez tout cela, mais pour les contemporains, ces mots : corps — périsprit — âme.

Le corps n’a pas besoin d’être étudié longuement, son existence n’étant heureusement pas niée par nos savants.

L’âme demande au contraire de longs développements si l’on veut s’en faire une idée même générale. Nous n’avons pas le loisir de traiter cette question ; contentons-nous de dire que nous appelons âme ce principe qui se manifeste à nous par la conscience en un ternaire : Mémoire — Intelligence — Volonté.

Ce dernier terme surtout nous est fort utile, car il indique bien pour les physiologistes ce que nous entendons par l’âme. Les organes soumis à rinfiuence de notre

volonté sont en effet bien nettement séparés dans le corps humain de ceux qui échappent totalement à cette influence, comme le cœur, le foie, les intestins, etc., etc.

Quelle est donc cette force qui gouverne notre cœur, qui répare, à l'insu de notre conscience , les pertes de F organisme au fur et à mesure du travail produit? Cette force c’est celle que le sang charrie partout, c’est la vie.

Est-il vrai que la vie soit contenue dans le sang? Une expérience élémentaire le prouve : empêchez le sang d’arriver à un organe, vous savez tous que cet organe mourra. Qu’on ne vienne pas parler ici de l’action du système nerveux ; la paralysie nous montre qu’un membre continue à vivre alors que la volonté n’a plus d’influence sur lui. Le corps — la vie — la volonté constituent donc trois entités distinctes ayant chacune leur domaine bien spécial, scientifiquement parlant.

Mais comment la volonté peut-elle se manifester? Seulement quand le cerveau reçoit convenablement l’irrigation sanguine. Que le sang vienne en effet à quitter subitement le cerveau sous l’influence d’une saignée ou de toute autre cause et, de suite, l’évanouissement se produit, c’est-à-dire la rupture des relations entre le corps et la volonté. Inversement, si un vaisseau se brise et que le sang arrive en trop grande quantité, la rupture des rapports normaux se produit aussi, mais cette fois par apoplexie.

C’est donc bien le sang, c’est-à-dire la vie, qui établit ^ les rapports entre le corps et la volonté.

Vous allez me demander à quoi bon toutes ces digressions et pourquoi je juge à propos de vous parler médecine au lieu de traiter mon sujet. N’ayez crainte, Mesdames et Messieurs, si j’ai tourné le dos à la question principale, c’est pour mieux la saisir tout à l’heure, et la preuve en

est que maintenant nous sommes à même de prouver scientifiquement l’affirmation d’Allan Kardec, venant dire après Paracelse et Van Helmont : le périsprit est l'intermédiaire entre l’âme et le corps.

La vie ou le périsprit sont deux mots identiques désignant une même chose , et étudier le périsprit, c’est étudier la vie. Or étudier la vie, c’est faire de la magie, ainsi que le montrait tout dernièrement Barlet citant l’illustre Polonais Wronski. Vous voyez donc que nous sommes en plein dans notre sujet : la magie pratique dont le spiritisme est une traduction abrégée, ainsi que je vous le disais tout à l’heure.

La vie a donc des propriétés inconnues des savants contemporains? Certainement, et c’est là justement la clef de cette théorie à laquellè nous arriverons bientôt.

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