QUELQUES ADAPTATIONS DU TERNAIRE AUX CONNAISSANCES CONTEMPORAINES
LES FIGURES SYNTHÉTIQUES (pailtacles) ET LEUR EXPLICATION
L’initié peut s’adresser à tous en exprimant ses idées au moyen des histoires symboliques correspondant aux FAITS et au sens positif.
Beaucoup comprennent encore, sinon le sens, du moins les mots qui composent les tableaux analogiques correspondant aux LOIS et au sens comparatif.
La compréhension totale de la dernière langue qu’emploie l’initié est réservée aux seuls adeptes.
Munis des éléments que nous possédons, nous pouvons cependant aborder l'explication partielle de cette méthode synthétique, la dernière et la plus élevée des Sciences occultes. Elle consiste à résumer exactement, dans un seul signe, les faits, les lois et les principes correspondant à l’idée qu’on veut transmettre.
Ce signe, véritable reflet des signes naturels, s’appelle un pantacle.
La compréhension et l’usage des pantacles correspondent aux PRINCIPES et au sens superlatif dans la hiérarchie ternaire.
Nous avons deux choses à savoir au sujet de. ces figures mystérieuses, d’abord leur construction, ensuite et surtout leur explication.
Nous avons déjà donné la réduction de la Table d’Émeraude en signes géométriques. C’est un véritable pantacle que nous avons ainsi construit; cependant, pour plus de clarté, nous allons en construire un autre.
Le secret le plus caché, le plus occulte du sanctuaire, c’était, nous le savons, la démonstration de l’existence d’un agent universel désigné sous une foule de noms et la mise en pratique des pouvoirs acquis par son étude.
Comment faudrait-il s’y prendre pour désigner cette force par un signe?
Étudions pour cela ses propriétés.
Avant tout cette force unique est douée, comme son Créateur qu’elle aide à constituer, de deux qualités polarisables ; elle est active et passive, attractive et répulsive, à la fois positive et négative.
Nous avons une foule de manières de représenter l’actif ; nous pourrons le désigner par le chiffre I en marquant le passif du chiffre 2, ce qui nous donnerait 12 pour l’actif-passif. C’est là le procédé pythagoricien.
Nous pouvons encore le désigner par une barre verticale, désignant le passif par une barre horizontale ; alors nous aurons la croix, autre image de l’actif-passif. C'est là le procédé des gnostiques et des Rose-Croix.
Mais ces deux désignations, signifiant bien actif-passif, ne font pas mention du positif et du négatif, de l’attractif et du répulsif.
Pour atteindre notre but, nous allons chercher notre représentation dans le domaine des formes, dans la Nature elle-même, où le positif sera représenté par un plein et le négatif par son contraire, c’est-à-dire par un vide. C’est de cette manière de concevoir l’actif que sont découlées toutes les images phalloïdes de l’antiquité.
Donc un plein et un vide, voilà les éléments grâce auxquels nous exprimons les premières qualités de la force universelle.
Mais cette force est encore douée d’un perpétuel mouvement, à tel point que c’est par ce nom que Louis Lucas l’a désignée. L’idée de mouvement cyclique répond en géométrie qualitative au cercle et au nombre dix.
Un plein, un vide et un cercle,
Voilà le point de départ de notre pantacle.
Le plein sera représenté par la queue d’un serpent, le vide par son corps. Tel est le sens de l’oupoêopo; antique.
Le serpent est enroulé sur lui-même de telle façon que sa tête (vide, attractif, passif) cherche continuellement à dévorer sa queue (plein, répulsif, actif), qui fuit dans un éternel mouvement.
Voilà la représentation de la force. Comment exprimerons-nous ses lois?
Celles-ci, nous le savons, sont harmoniques et par suite équilibrées. Elles sont représentées dans le monde par l’Orient positif de la Lumière, équilibré par l’Occident négatif de la Lumière ou positif de l’Ombre; par le Midi positif de la Chaleur, équilibré par le Nord négatif de la Chaleur ou positif du Froid. Deux forces, Lumière et Chaleur, s’opposant l’une à l’autre en positif et négatif pour constituer un quaternaire, voilà l’image des Lois du Mouvement désignées par ses Forces Equilibrées. Leur représentation sera la Croix.
Nous ajouterons donc entre la bouche et la queue du serpent ou autour de lui l’image de la Loi qui régit le mouvement, le quaternaire.
Nous connaissons la force universelle et sa représentation ainsi que celle de ses lois. Comment exprimerons-nous sa marche?
Nous savons que cette force évolue et involue perpétuellement des courants vitaux qui se matérialisent, puis se spiritualisent, qui sortent et rentrent constamment dans l’unité. L’un de ces courants, celui qui va de l’Unité à la Multiplicité, est donc passif descendant ; l'autre, qui va de la Multiplicité à l’Unité, est actif ascendant.
Plusieurs moyens nous seront donc fournis pour représenter la marche de la force universelle.
Nous pourrons la désigner par deux triangles, l’un noir et descendant, l’autre blanc et ascendant. C’est là le procédé suivi dans le pantacle de la Société théosophique.
Nous pourrons la désigner par deux colonnes, l’une blanche, l’autre noire (procédé suivi dans la Franc-Maçonnerie, colonnes
JAKIN et BOHAS) ou par les positions données aux bras d’un personnage, l’un levé en haut pour désigner le courant ascendant, l’autre baissé vers la terre pour désigner le courant descendant.
Réunissons tous ces éléments et nous verrons apparaître la figure qui constitue la 21e clef du Tarot, image de l’absolu.
Le serpent représente la force universelle, les quatre animaux symboliques, la loi des forces équilibrées, émanées de cette force, les deux colonnes au centre du serpent, la marche du Mouvement, et lajeune fille, la production qui en résulte, la Vie.
L’oupoêopoç considéré seul, sans son développement, exprime donc un des principes les plus généraux qui existent. Ce sera l’image :
Dans le Monde Divin : De l’action du Père sur le Fils.
Dans le Monde Intellectuel : De l’action de la Liberté sur la
Nécessité.
Dans le Monde Matériel ou De l'action de la Force sur la Résis- Physique : tance.
Cette figure est encore susceptible d’une foule d’applications. En un mot, c’est un pantacle, une image de l’absolu.
Il existe un autre pantacle plus profond encore comme enseigne- . ment que celui de la société théosophique, aujourd’hui tombée comme elle le méritait par la conduite de ses fondateurs, c’est celui de Claude de Saint-Martin.
Dieu, le premier principe de l’Univers, est représenté par un cercle (symbole de l’éternité).
L’action de l’Eternité passant de la Puissance en acte est symbolisée par le rapport mystique du centre à la circonférence, par le rayon projeté six fois autour du cercle, d’où l'hexagone des six périodes de la création. Le point central forme la 7e période (repos).