SITUATION DES ÉLÉMENTS
Déterminer les éléments qui composent un pantacle, c’est un grand point, mais là ne doit pas se borner le travail de l’investigateur.
La position qu’occupent ces éléments jette une vive clarté sur les points les plus obscurs, et cette position est relativement facile à déterminer par la méthode des oppositions.
Cette méthode consiste à appliquer à l’intelligence d’un élément resté obscur la signification opposée de l’élément placé en opposition de celui-ci.
Soit l’exemple suivant:
Liberté de passer.
Liberté. — Pouvoir. — Devoir.
Lilia. — Pedibus. — Distrue.
Voici trois lettres formant la devise de Cagliostro. Je suis arrivé, supposons, à retrouver le sens de la première et à voir quelle signifiait Liberté ; j’ai vu ma supposition confirmée par le triangle
à sommet supérieur représenté par les trois points et situé à sa suite, je cherche la signification de l’autre lettre, D.
D’après la méthode des oppositions, je sais que cette lettre opposée de la première, aura un sens réciproque du premier sens, Liberté ; ce sens doit être enfermé dans l'idée de Nécessité. Mais le triangle à sommet inférieur • . * m’indique bientôt que cette nécessité est passive dans ses manifestations et l’idée de Devoir vient prendre la place de la lettre D, la réaction de L sur D donne le Pouvoir.
Cet exemple très simple permet de saisir les données de la méthode des oppositions qui est d’une grande utilité dans l’explication des figures mystérieuses. Cette méthode est toujours employée soit en désignant les opposés par des couleurs différentes comme les deux colonnes J et B des francs-maçons, l’une rouge, l’autre bleue, soit en les désignant par des formes différentes comme la bouche et la queue du serpent images de l’actif et du passif, ouïes symboles de génération placés sur les colonnes maçonniques, soit encore en leur donnant des directions différentes comme dans le Sceau de Salomon (les deux triangles à sommets opposés) ou dans la croix (opposition des Lignes).
Telles sont les trois façons sous lesquelles sont désignés les antagonistes dans les pantacles.
Nous retrouvons l’application de ceci dans les diverses façons de représenter le quaternaire, image de l’absolu (Yoy. Cycle des nombres, chap. n.)
Littéralement le quaternaire est désigné par quatre lettres hébraïques: HW.
Lapremière * (iod) représente l’actif.
La seconde H (hé) est l’image du passif.
La troisième! (vau) représente le lien qui les lie toutes deux.
Enfin la quatrième H (hé) est la seconde répétée et indique la perpétuité des productions d’Osiris-Isis.
Pour écrire ces lettres à la façon des initiés, il faut les disposer en croix comme ceci :
Dans ce cas, la direction indique la signification des éléments, car les éléments actifs (iod et vau) sont sur la même ligne verticale.
Les éléments passifs sur la même ligne horizontale.
On peut également désigner ce quaternaire par des formes différentes :
Le Bâton, image de l’actif, représentera le iod (*).
La Coupe, creuse, image du passif, représentera le premier hé
L'Epée ou image de l’alliance de l’actif et du passif,
La Croix représentera le vau (1).
Le Disque représentera deux coupes superposées et par suite 2 fois 2 indiquant la répétition du hé (H).
Bâton ou Trèfle Coupe ou Cœur Épée ou Pique Disque ou Carreau
Tels sont les éléments, images de l'absolu, qui constituent les cartes à jouer.
Ces éléments sont peints de deux façons opposées ( rouges et noirs) pour montrer que le quaternaire est formé par l’opposition deux à deux de deux forces primordiales, une active : rouge, l'autre passive : noire.
Voici le résumé géométrique de cette manière de considérer le quaternaire :
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Considérez la 21° clef du livre d’Hermès et vous allez retrouver tout ceci dans les quatre animaux symboliques.
En résumé, la seconde méthode d’explication consiste à opposer le haut de la figure avec le bas, la droite avec la gauche pour en tirer les éclaircissements nécessaires à l’explication.
Il est rare que le sens d’une figure, pour aussi mystérieuse
qu’elle soit, n’apparaisse pas en alliant la première méthode (séparation des éléments) à celle-ci.
Toutes ces considérations sur l’explication des figures paraîtront peut-être bien futiles à quelques lecteurs : mais qu’ils songent que la science antique réside presque entièrement dans des pantacles et alors sans doute ils excuseront la monotonie de ces développements.
Ne retrouvons-nous pas l’application de ces données dans la façon d'écrire les trois langues primitives : le Chinois — l’Hébreu — le Sanscrit 1 ?
Le Chinois s’écrit de haut en bas, c’est-à-dire verticalement et de droite à gauche.
L’Hébreu horizontalement et de droite à gauche.
Le Sanscrit horizontalement et de gauche à droiie.
D’après Saint-Yves d’Alveydre 2, la direction de l’écriture indiquerait l’origine de l'instruction des peuples. Si nous appliquons ceci aux écritures précédentes, nous trouverons que:
Tous les peuples qui écrivent comme les Chinois, c’est-à-dire du Ciel à la Terre 3, ont une origine touchant de très près à la source primitive. (Les Chinois sont les seuls qui possèdent encore une écriture idéographique.)
Tous les peuples qui écrivent comme les Hébreux, de l’Orient à l’Occident, ont reçu leur instruction d’une source orientale.
Enfin, tous les peuples qui écrivent comme le Sanscrit, d’Occident en Orient, tiennent leur savoir des primitifs sanctuaires métropolitains d'Occident et surtout des Druides.
D’après cela on pourrait considérer le Chinois comme une racine primitive qui, partie du ciel, donnerait comme rejeton l’Hébreu ou le Sanscrit suivant qu’on la prendrait comme active ou passive, comme orientale ou occidentale. Tout ceci se résume dans les dispositions suivantes :
1. Voy. les travaux de Fabre d’Olivet sur la langue hébraïque.