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LA VIE UNIVERSELLE

Lorsqu’il s’agit d’édifier rapidement un édifice l’on fait appel aux divers corps de métier qui participent généralement à la construction.

Les charpentiers, les maçons, les menuisiers, les serruriers, les peintres arrivent au lieu du travail.

Chacun de ces groupes, le plus souvent vêtu différemment, représente une spécification particulière de la maind’œuvre et pourtant, en dernière analyse, chacun de ces groupes est composé d’éléments similaires : les hommes.

Ce sont des hommes, tous constitués de même, en tant qu’êtres humains, qui se sont d’abord groupés entre eux puis se sont appliqués chacun à différents métiers pour assurer, grâce à cette division, la rapidité du travail.

Ces hommes identiques comme constitution se nourrissent d’aliments semblables et nous voyons ces aliments identiques absorbés par tous se transformer ici en travail

appliqué à la pierre, là en travail appliqué au bois ou au fer ou à l'ornementation; enfin l’élément réparateur (l’aliment) semblable pour tous se transforme en forces différentes suivant l’éducation du récepteur (ouvrier) qui le reçoit.

Il en est de même dans la constante édification de ce monument si compliqué qui s’appelle l’organisme humain.

Des groupements cellulaires dénommés organes accomplissent chacun une fonction différente, montrant par là leur analogie avec les corps de métier.

Et de même que ces corps de métier étaient, en dernière analyse, composés d’éléments identiques, les hommes; de même tous les organes sont composés en dernière analyse d’éléments identiques, les cellules.

Si nous décomposons donc l’organisme humain nous trouverons à la base la cellule comme terme ultime d’analyse .

Chaque cellule se modifie suivant le métier (fonction) qu'elle est chargée d’exécuter de même que nos ouvriers s’iiahillent en blouse blanche s’ils sont maçons, en bleu s’ils sont menuisiers, en noir et bleu s’ils sont serruriers, etc. , etc.

Une fois la modification obtenue, les cellules se groupent entre elles d’après leur métier et chacun de ces groupements, correspondant à un corps professionnel , prend le nom d ’organe.

Les organes s’unissent à leur tour quand ils ont un même but général à accomplir et les appareils prennent alors naissance. C’estainsique laconstructiond’unemaison demande l’union de différents corps de métier correspondant à un appareil organique , tandis que la confection d’un livre demande l’union de corps de métier différents

des premiers (imprimeur, fabricant de papier, d’encre, brocheur, relieur, etc., etc.).

Le but pour lequel sont unis les différents corps de métier ou organes prend le nom de fonction.

Ainsi la construction d’une maison demande la réunion d’une certaine catégorie de travailleurs (appareil). Ces travailleurs sont divisés par corps de métier (organes), chacun de ces corps de métier est en définitive composé d’éléments similaires : les hommes (cellules).

Cellule

l Ex. : Cellule musculaire, ( globule sanguin, etc., etc.

Groupement des | cellules ou 1

| Organe

( Ex. : Un muscle, un os, le j cœur, le foie.

Groupement des ( organes ou (

> Appareil

( L’appareil de respiration :

} poumons, cœur, vais-

( seaux et bronches.

But général ou j

Fonction

1 Fonction de circulation, de | nutrition, etc., etc.

Telles sont les idées générales que nous fournit une première considération de l’organisme humain.

Cependant il est un point qui demande une attention particulière.

Nous avons vu, à propos des ouvriers, que chacun d’eux, recevant une nourriture identique, la transformait en travail de résultats différents.

Existe-t-il pour toutes les cellules du corps humain un élément semblable de réparation?

Oui.

Un seul et même principe réparateur circule dans l’organisme, charrié par le sang, et ce principe est transformé en forces différentes suivant la cellule sur laquelle il agit.

Ainsi la cellule du foie produira sous l’influence de l’influx sanguin de la bile el de la matière glycogène ; la cellule d’une glande salivaire produira de la salive tandis que la cellule nerveuse donnera naissance à des phénomènes exoito-moteurs.

Résumons ces rapports dans une figure :

Bâtisse.

Charpente.

Travail de fer.

Travail de bois.

Peinture.

Nourriture

identique

Maçons

Charpentiers.

Serruriers . . .

Menuisiers . . .

Peintrès

Élément

réparateur unique (charrié par le sang)

Glande salivaire. .

Estomac

Foie

Rein

Moelle

Salive.

Suc gastrique.

Bile.

Urine.

Force nerveuse.

Comment appellerons-nous l’élément réparateur qui vient redonner la force ' aux organes au fur et à mesure des besoins? nous l’appellerons la vie.

La vie, élément réparateur universel, circule autour des diverses cellules. Celles-ci s’approprient ce qu’il leur faut de force et l’individualisent suivant leurs besoins.

Si nous voulions figurer cette action par un schéma très simple nous représenterions la circulation de la vie par une ligne continue sur le parcours de laquelle les diverses

\. Le sang charrie deux sortes d’aliments réparateurs :

1» Un élément qui répare la substance des organes à mesure qu’elle est usée. Cet élément est constitué par les matières albuminoïdes dissoutes dans la partie liquide du sang ( liquor );

2° Un élément qui répare la force des organes. Cet élément localisé dans les organes figurés du sang et surtout dans le globule rouge ( hématies) est celui que nous appelons : la Vie. Voy. Gérard Encausse, Physiologie synthétique (circulation de la Force).

cellules individualisant la force générale la transforment en forces particulières.

A. — Courant général (le sang).

B. — Individualisation du courant par la cellule (nutrition).

C. — Force particulière dérivée du courant général sous l'influence de la cellule.

Notons donc bien ce point :

La vie de chaque cellule provient de /’ individualisation par cette cellule de la vie générale de l'être humain.

Mais d’où provient donc cette force que transporte le sang dans tout l’organisme? Comment entre-t-elle dans l’homme et d’où vient-elle?

Les cellules sont baignées par le sang. C’est de lui qu’elles tirent leur force. Qu’arrive-t-il si le sang vient à manquer? La cellule ne tarde pas à périr; les éléments qui la composaient, jadis utiles, deviennent nuisibles et sont éliminés au plus vite.

Nous avons vu que chacun des ouvriers de notre édifice représentait exactement une cellule du corps humain. Il doit exister quelque chose de laquelle sont entourés ces ouvriers et qui cause leur mort dès qu’elle vient à manquer. Cette chose c’est Y Air.

L’air est pour les hommes ce que le sang est pour les cellules. Les hommes aspirent dans leurs poumons cet air, le même pour tous, et le transforment en la vie particulière de chacun d’eux.

La même figure que tout à l’heure nous servira donc en changeant simplement quelques noms. Au lieu de sang nous dirons air atmosphérique , au lieu de cellule nous dirons homme.

Cette figure, en apparence très naïve, montre que l’homme après sa naissance est attaché par la respiration à la Terre, comme le fœtus était attaché, avant la naissance, à sa mère par le cordon ombilical.

Cette idée que l’air est pour l’individu humain ce que le sang est pour les cellules, nous conduit à de nouvelles considérations. L’homme n’est pas, en effet, le seul être de la Terre qui puise dans l’air ambiant les éléments nécessaires à l’entretien de sa vie particulière.

Tous les êtres vivants à peu près se comportent comme l’homme vis-à-vis de cet air ambiant. De là découle tout naturellement l’idée que ces êtres représentent des cellules tout aussi bien que l’homme ; mais cellules de quoi ?

C’est ici que prend place une des idées de la Science Occulte qui semble des plus bizarres à nos contemporains.

Cette idée c’est que, de même que les cellules de l’homme, après s’être groupées en organes et en appareils, constituent les fonctions de cet homme, et par là même son existence matérielle, de même tous les êtres vivants situés sur notre planète sont des cellules de cette planète qui est un être vivant.

Tous les êtres terrestres sont attachés à l'atmosphère par la respiration.

Ainsi le règne minéral constitue l’appareil général qui forme la charpente de l’être uni à quelques représentants du règne suivant.

Le règne végétal constitue la vie végétative de la Terre et le règne animal tout entier constitue sa vie sensitive, son système nerveux.

Chaque représentant de ce règne animal est une cellule nerveuse de la Terre, chaque famille un organe, et enfin l’animalité tout entière préside à la fonction de l’innervation.

Chacun des êtres humains représente une des cellules

nerveuses les plus élevées. La partie féminine de l’humanité est réceptrice, sensitive et la partie masculine est volontaire, motrice ; si bien que l’ensemble de tous les hommes situés sur notre planète, l’humanité terrestre, est le cerveau de la Terre.

J’ai fait mes efforts pour expliquer de mon mieux une des idées défendues par tous les disciples de l’Ecole Pythagoricienne, par tous ceux des Écoles Platonicienne ou néo-Platonicienne, l’idée que tout est vivant dans l’Univers, même les planètes. Cela peut sembler étrange au xix° siècle et pourtant tout n’est pas fini.

Résumons ce que nous avons dit avant d’aller plus loin.

Dans l’organisme le sang identique pour toutes les cellules fournit à chacune d’elles la force dont elle a besoin. (Rappelons-nous à ce sujet que les aliments identiques pour tous les ouvriers de notre édifice sont transformés en forces diverses suivant le métier de l’ouvrier qui les reçoit.)

Sur la Terre, l’air atmosphérique, courant général, est absorbé par chacun des êtres vivants individualisé en la vie particulière de chacun de ces êtres. La même figure nous servira toujours à exprimer schématiquement cette idée.

Il suit de là que l’air atmosphérique agit vis-à-vis des êtres situés sur la Terre comme le sang agissait vis-à-vis des cellules situées dans l’organisme. L’air est le sang de la Terre.

Mais chez l’homme le sang tire sa force de l’atmosphère par la respiration. D’où proviennent donc les principes de force que possède le sang de la Terre? Pour découvrir le principe vivifiant apporté à la cellule, nous avons cherché dans quoi cette cellule était plongée et nous avons vu que c’était dans le sang.

Pour découvrir le principe vivifiant apporté à l’homme,

nous avons cherché clans quoi cet homme était plongé et nous avons vu que c’était clans l’air atmosphérique.

Enlever l’apport de sang à une cellule ou l’apport d’air respirable à un homme, c’est les tuer.

Dans quoi la Terre est-elle plongée?

Dans de la lumière solaire ainsi que tous les astres de notre monde.

Enlever l’influence du Soleil à une planète c’est détruire du coup toutes les forces qui agissent sur elle et la retiennent dans l’espace, c’est la tuer.

.Nous voilà parvenus à une idée encore plus curieuse pour les contemporains que celles que nous avons énoncées tout à l’heure: c’est que -les planètes ne sont que des cellules de l’Univers. Elles suivent la loi de toutes les cellules et reçoivent leurs principes vivifiants d’un fluide régénérateur, le même pour toutes, la lumière solaire.

De même que le sang baignant toutes les cellules était transformé en la vie propre de chacune de ces cellules, de même que l’air baignant tous les êtres vivants était transformé en la vie propre de chacun de ces êtres, de même la lumière solaire identique pour toutes les planètes est transformée en l’atmosphère de chacune de ces planètes, c’est-à-dire en la vie particulière de chacune de ces planètes. Le même schéma qui nous avait servi pour les ouvriers et pour nos autres déductions vient encore s’appliquer exactement ici :

Forces diverses

(Air).

toutes les planètes

identique pour

Mars. . .

Venus . .

Mercure

Vie saturnienne, Vie de Jupiter.

Vie de Mars.

Vie de Vénus.

Vie de Mercure.

Arrivés à ce point, résumons encore les résultats acquis, car on ne saurait trop résumer et répéter toutes ces idées, courantes chez les anciens, totalement inconnues chez les modernes.

Notre point de départ a été la cellule, terme ultime de l’analyse de l’homme physique. Figurons cette cellule par un point.

La cellule se groupe pour former des organes. Indiquons ceci par trois points enveloppés dans un cercle. Chacun des points est une cellule. Le cercle indique schématiquement l’organe

dérivant du groupement de ces cellules.

Les organes se groupent pour former des appareils.

L’ensemble des appareils forme l’individu. (Le cercle indique schématiquement l’individu, synthèse des appareils.)

La cellule

© L'organe

L'appareil

L' individu

Mais cet individu n’est qu 'une cellule par rapport à la planète. Si bien qu’on peut recommencer la série en met-

tant la figure de l’individu à la place de celle du point (la cellule).

On obtiendra ainsi une série nouvelle de groupements correspondant à la réunion des individus (famille), à la réunion des familles (tribu), à la réunion des tribus (race), pour arriver à l’humanité.

On pourrait continuer ainsi la progression, arriver à l’Humanité nouvelle cellule, puis à la Terre, puis au Monde, puis à l’Univers. Les exemples ci-dessus suffiront, je pense, à donner une idée de cette progression.

En dernière analyse le corps humain se réduit à la cellule, l’humanité se réduit à la molécule sociale qui est l’homme, le monde se réduit à l’astre et l’Univers au Monde.

Mais cellule, humanité, astre, monde, Univers, ne son! que des octaves de l’Unité toujours la même.

N’allons-nous pas voir les cellules se grouper pour former un organe, les organes se grouper hiérarchiquement pour former les appareils et ceux-ci se grouper pour former l’individu ?

Cellule,

Organe,

Appareil,

Individu,

telle est la progression qui constitue l’homme physiquement parlant.

Mais cet individu, qu’est-ce sinon une cellule de l’humanité?

La loi que suit la nature est si vraie que partout nous la retrouvons identique, quelle que soit l’étendue des objets considérés.

L’homme se groupe pour former la famille, la famille se groupe pour former la tribu, les tribus établissent le groupement hiérarchique pour constituer la nation, reflet de l’Humanité.

Homme,

Famille,

Tribu,

Nation-Humanité.

Mais qu’est donc l’humanité sinon une cellule de l’animalité? Cette animalité n’exprime qu’un des degrés des règnes existant sur la planète.

Voyez les satellites se ranger autour des planètes, les planètes autour des Soleils pour constituer les Mondes ; les Mondes qui ne sont eux-mêmes que des cellules de l’Univers marquent en traits de feu dans l’infini les lois éternelles de la Nature.

Partout éclate cette mystérieuse progression, cet arrangement des unités inférieures devant l’Unité supérieure, cette sériation1 universelle qui part de l’atome pour monter d’astre en Monde jusqu’à cette UNITÉ PREMIÈRE autour de qui gravitent les Univers.

Tout est analogue, la loi qui régit les Mondes régit la vie de l’insecte.

Étudier la façon dont les cellules se groupent pour former un organe, c’est étudier la façon dont les Règnes de la Nature se groupent pour former la Terre, cet organe de notre Monde ; c’est étudier la façon dont les individus se groupent pour constituer une famille, cet organe de l’Humanité.

Étudier la formation d’un appareil par les organes, c’est apprendre la formation d’un monde par les planètes, d’une nation par les familles.

Apprendre enfin la constitution d’un homme par les appareils, c’est connaître la constitution de l’Univers par les Mondes et de l’Humanité par les Nations.

Tout est analogue : connaître le secret de la cellule c’est connaître le secret de Dieu.

L’absolu est partout. — Tout est dans tout.

D’après tout ce qui précède on voit que la définition de la Vie qui semble facile au premier abord est bien plus générale qu’on ne le pense ordinairement.

Pour l’homme la vie est bien cette force charriée par le

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