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MARCHE DE LA YIE

l’involution et l’évolution

Si nous nous reportons à notre analogie première de l’édifice et des ouvriers nous pourrons en tirer encore de nouvelles idées.

En effet, nous avons bien fait appel à une série de corps de métiers pour bâtir notre monument ; mais il existe une hiérarchie intellectuelle entre ces différents métiers.

Ainsi, le sculpteur qui viendra donner à la pierre des figures diverses est supérieur intellectuellement au maçon qui ne fait que poser ces pierres d’après un ordre déterminé par avance.

Le corps humain reproduit la même hiérarchie. Il existe

différents degrés entre les diverses forces émanées toutes de l'élément unique : le sang.

Lorsque cette force apportée par le sang se trouve en contact avec les organes, elle subit certaines modifications déterminées par la constitution intime de l’organe.

11 est clair que la cellule nerveuse tire du sang une force différente de celle qu’en extrait la cellule musculaire ou la cellule osseuse.

11 y a donc dans l’homme une hiérarchie de cellules matérielles qui composent son corps.

Quelques-unes de ces cellules sont constituées par des principes plus matériels comme les cellules osseuses ; d’autres, au contraire, sont constituées par des éléments se rapprochant plus de la phosphorescence comme les cellules nerveuses. Si nous voulions représenter cette constitution de l’homme physique nous ne pourrions même le faire que par une figure mince en haut pour indiquer le moins de matérialité des cellules élevées et épaisse en bas pour montrer le contraire.

Nous obtiendrons ainsi la figure d’un prisme.

Une force identique, celle du sang, la vie, se brisant contre ce prisme, se trouve donc immédiatement hiérarchisée et transformée en forces différentes suivant l’épaisseur de ce prisme, c’est-à-dire suivant la matérialité des cellules.

( Forces différentes)

Une autre image encore plus suggestive explique ce phénomène, c’est celle d’une harpe.

La longueur différente des cordes de la harpe indique les différents degrés de matérialité des cellules organiques. Un même ébranlement produira un son grave matériel sur les longues cordes, tandis qu’il produira un son aigu spirituel sur les cordes les plus courtes.

Cette transformation que subit la force a un but : l' évolution.

Certaines des forces produites subissent une telle action de la part des organes qu’elles sont plus élevées dans la hiérarchie générale que la force initiale.

Ainsi, la vie de l’être humain se transforme successivement en force nerveuse du grand sympathique qui fait marcher les divers organes extra-volontaires, puis en intelligence dans le cerveau.

Il était entré de l’air dans l’homme ; il en ressort, après un travail spécial, de l’idée ou du fluide nerveux; on voit qu’il y a eu progrès.

Il en est ainsi dans toute la Nature.

Si nous considérons la Terre comme un être vivant,

nous verrons que sur elle aussi les êtres vivants, c’est-àdire les cellules, sont groupés par hiérarchies.

En bas, nous trouvons le règne minéral dans toutes ses modifications qui forme la charpente générale correspondant au système osseux de l’homme.

Origine de la. Vie.

Au milieu nous voyons le règne végétal, la distribution générale des forces de la Terre analogue au système sanguin de l’homme.

Enfin, en haut, nous voyons le règne animal couronné par la race humaine, analogue au système nerveux couronné par le cerveau.

La force solaire vient se briser contre les différents

règnes comme la force du sang contre les différents organes. Des résultats nouveaux prennent alors naissance.

Cette force solaire se brisant contre la partie matérielle delà Terre donne naissance aux forces physiques, chaleur, lumière, électricité, magnétisme.

L’action du Soleil sur le règne végétal donne au contraire naissance aux forces chimiques et entre autres à la partie vivifiante de l’atmosphère.

Enfin, l’action de ces forces spéciales sur le règne animal donne naissance aux puissances psychiques, instinct — intelligence, idée — qui forment au-dessous de l’àme la portion la plus sublimée de la vie.

La Terre avait donné à l'homme de la force vitale, l’homme lui rend en échange de l’intelligence ; le Soleil avait donné à la Terre de la lumière, la Terre renvoie au Soleil de l’âme. Comment cela se produit-il?

Claude Bernard a démontré que chaque fois qu’une idée était produite par l’homme cela voulait dire qu’une cellule nerveuse venait de périr. Or, si l’on se souvient que nous avons dit que chaque être humain était une cellule nerveuse de la Terre, on comprendra pourquoi chaque fois qu’un être humain meurt, la Terre manifeste une idée (l’âme de cet homme), idée bonne si l’âme est bonne, mauvaise si l’âme est mauvaise. De même que la cellule nerveuse de l’homme est un moyen de transformation de l’air en idée, de même l’homme est un moyen de transformation de la lumière solaire en âme.

Nous voyons donc que si l’Esprit s’incarne dans la Matière c’est pour évoluer et pour remonter conscient par l’épreuve alors qu’il était émané à l’état de force inconsciente.

Résumé.

Nous avons montré dans tout ce qui précède deux courants: l’un, caractérisé par la descente de la Force dans la Matière, c’est l'involution ; l’autre, caractérisé par la rentrée progressive de la Matière dans la Force, c’est l'évolution .

L’esprit s’embrouille dans tous ces mots de force et de matière, d évolution et d’évolution ; aussi un exemple est-il absolument nécessaire pour éclaircir tout cela.

S’il est vrai qu’il s’agit là d'une loi générale, elle doit, d’après l’analogie, se retrouver en réduction partout. Nous allons voir qu’il en est effectivement ainsi.

Prenons par exemple une bûche, un morceau de bois quelconque et raisonnons sa fabrication.

A l’origine ce morceau de bois était un germe dans une graine.

La graine fut mise en terre et bientôt naquit une tige fragile. Le but de cette fige était de mettre en contact deux éléments : la matière tirée de la terre et la force tirée du soleil et de ses dérivés (air entre autres).

La fonction du végétal se borne donc à ceci: puiser dans la terre des sucs particuliers tirés principalement des minéraux; puis combiner dans l'intimité de ses tissus ces sucs avec des rayons solaires. C’est ainsi que se forme le bois. Le bois constitue donc un morceau de soleil enfermé dans de la matière (pardonnez-moi l’imperfection de l’image). Si nous voulions figurer tout cela par un schéma nous représenterions la force du Soleil par sa triple spécialisation Chaleur-Lumière-Électricité sur une ligne droite.

Chaleur Lumière Electricité

Nous représenterions l’action de cette force sur un

arbre par un point matériel de concentration sur lequel viendraient se réunir ces forces.

D’après cette figure, notre bûche contient donc en elle de la force emmagasinée .

C’est là l’involutio?i, la descente de la force dans la matière.

Tout cela est-il vrai?

L’ expérience

Soumettons notre morceau de bois à un condensateur de force très grande de manière à délivrer les rayons solaires enfermés en lui: allumons notre bûche.

Aussitôt un phénomène bien curieux pour l’observateur se produit. La chaleur, la lumière, l’électricité prennent naissance et se réunissent en un principe tout spirituel: la flamme. La figure suivante nous montre les diverses phases du phénomène.

contraire va vous le montrer.

La flamme est en petit l’image du Soleil; c’est le Soleil jadis enfermé qui retourne à sa source.

Si nous rapprochons les deux figures nous verrons que la première représente la façon dont le Soleil devient Matière, la seconde la façon dont la Matière devient Soleil.

Si nous réunissons ensemble la figure de la matérialisation de l’Esprit et celle de la spiritualisation de la Matière, nous obtiendrons l’image suivante :

Nous pouvons résumer encore mieux le fout en une seule figure qui aura l’avantage de représenter les deux

Cha/eur

Les flèches descendantes indiquent le premier courant (descente du Soleil sur le Bois) ; les flèches ascendantes indiquent le second (remontée du Bois dans le Soleil).

Deux considérations importantes doivent être tirées dès maintenant de tout ce qui précède : la première c’est que l’évolution quelle qu’elle soit, qu’il s’agisse de la montée du minéral par le végétal vers l’animalité ou delà montée de la matière vers la force, est précédée d’un courant opposé inconnu des transformistes actuels : l’involution.

La seconde que ces deux courants passent l’un et l’autre par la même voie, l’un pour descendre (l’involution), l’autre pour monter (l’évolution).

La vie circule dans la cellule, la vie circule dans l’homme, d’où vient-elle?

La cellule humaine est immobilisée dans l’organe, mais voici que le courant vital porté par le sang passe rapide au-devant d’elle ; elle prend de ce courant ce qu’il lui faut et accomplit sa fonction; le courant est le même partout et chaque cellule le transforme différemment.

Ici c’est la cellule d’une glande qui va puiser sa force dans la vie que le sang lui apporte, et la salive, le suc gastrique ou la bile vont être sécrétés.

Là c’est la cellule musculaire qui va emprunter le moyen de se contracter à ce même courant qui a fourni tout à l’heure des sécrétions diverses.

Là enfin c’est la cellule nerveuse qui va transformer en Intelligence ce même agent producteur de phénomènes si différents.

Est-il possible qu’une même force : la vie, soit transformée en forces d’ordres si différents et cela par la forme différente des organes?

A cette question le chercheur se renferme dans son laboratoire et voit un faisceau de lumière blanche venir se briser contre un prisme et se transformer en couleurs variées.

Les couleurs dépendent de l’épaisseur du verre traversé. Cet essai suffit. — 11 comprend.

La vie toujours la même qui circule dans l’homme peut être comparée à la lumière blanche, chacun des organes à un morceau différent du prisme. Le courant de lumière blanche passe et chacun des organes agit en lui. Ici c’est un organe dont la matière est grossière, il représente la base du prisme, les couleurs inférieures vont apparaître ou plutôt les sécrétions les plus grossières.

Là c’est un organe où la matière est à son maximum de perfection, il représente le sommet du prisme, les couleurs supérieures se forment, l’intelligence va naître.

Telles sont les bases de la Médecine occulte1. Mais ce courant vital, d’où vient-il encore?

De l’air où le globule sanguin va le chercher pour le charrier à travers l’organisme.

Mais l’Unité magnifique des productions d’Osi ris-ï sis apparaît encore plus éclatante.

Un même courant circule à travers la Planète et chacun des Individus qui est sur elle y prend sa vie.

L’homme aspire et transforme la Vie terrestre en Vie humaine, comme dans lui le cerveau transformera cette Vie humaine en Vie cérébrale, le foie en Vie hépatique, etc.

1. Voy. pour développement la Médecine nouvelle, de Louis Lucas.

L'Animal transforme la Vie terrestre en la sienne propre, selon son espèce.

Le Végétal puise aussi à pleines feuilles sa vie spéciale dans celle de la mère commune la Terre.

Le Minéral et tous les êtres transforment en force personnelle cette force terrestre.

Toujours l’analogie mathématiquement exacte, avec la lumière blanche et le prisme dont chaque être représente un morceau.

Mais la Terre ne prend-elle pas sa vie et par suite celle de tout ce qu’elle porte dans ce courant lumineux et vital dans lequel elle plonge?

Le Soleil déverse à pleins tlots sa Vie solaire sur les planètes de son système et chacune d’elles transforme la Vie solaire en sa vie propre. La Terre en fait la Vie terrestre; Saturne la Vie saturnienne, sombre et froide; Jupiter sa vie propre, et ainsi pour chacune des autres planètes et de leurs satellites.

Mais le Soleil lui-même ne tire-t-il pas sa Vie solaire, cette lumière-chaleur-électricité qu’il déverse, de l’Univers dont il fait partie?

Alors le chercheur, saisissant dans son auguste ensemble la Synthèse de la vie, se prosterne et adore.

11 adore la Vie qui est en lui, cette Vie que la Terre lui a donnée, cette Vie que le Soleil a donnée à notre Monde, que celui-ci a tirée de l’Univers et que l’Univers a tirée du centre mystérieux et ineffable où l’Etre des Etres, l’Univers des Univers, l’UNITÉ VIE, OSIRIS-ISIS, réside dans son éternelle union. \

11 se prosterne et il adore DIEU en lui, DIEU dans le Monde, DIEU dans l’Univers, DIEU en DIEU.

La vie que nous avons trouvée partout saurait-elle échapper aux lois communes?

Le phénomène, quel qu’il soit, révèle toujours et partout son origine trinitaire. Les séries pour aussi grandes qu’elles apparaissent se rangent toutes suivant la mysté-

rieuse loi :

Actif

Passif

Neutre

Positif

Négatif

Equilibré

OD

Cct homme qui commande en maître dans la famille où il représente le positif va se courber devant la loi de la tribu, et par là devenir négatif.

La Terre qui attire à elle, qui réunit dans son absorbante unité, tous les êtres et les objets situés à sa surface, agissant ainsi comme active, obéit passivement à l’attraction du Soleil, son supérieur.

Nous voyons par là apparaître l’absorption des séries inférieures par les séries supérieures, et de celles-ci, considérées comme séries inférieures, par une série supérieure, etc., à l’infini1.

La Chaleur apparaît positive dans le Chaud, négative dans le Froid, équilibrée dans le Tempéré.

La Lumière apparaît positive dans la Clarté, négative dans l’Ombre, équilibrée dans la Pénombre.

L'Klectricité se montre positive dans le Positif, négative dans le Négatif, équilibrée dans le Neutre.

Mais la Chaleur, la Lumière et l'Électricité ne représentent-elles pas trois phases d’une chose plus élevée2?

Cette chose dont la Chaleur représente le Positif, la Lumière l’Équilibre, l’Électricité le Négatif, c’est la Force de notre Monde.

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