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I. Propriétés physiques du sang

A. Propriétés générales du sang.

§ 663 . 1° Le sang tiré des vaisseaux d'un homme est un liquide, d'un rouge ponceàu , purpurin ou écarlate , un peu épais,1 visqueux, doux ef savoneux aù toucher, dont la pesanteur spécifique surpasse celle de l'eau. Il a une odeur fade , toute particulière , et une saveur faiblement salée du douceâtre. Sa température égale celle des cavités du corps. Il donne à l'éleclromètre des indices d'électricité. '

2° Sa couleur est à peu près la même chez tous les animaux vertébrés ; seulement le rouge est moins saturé chez les Reptiles, et il tire la plupart du temps sur le bleuâtre chez les Poissons. Parmi les animaux sans vertèbres , les Annélide^ possèdent du sang rouge. Le sang de plusieurs Mollusques ^ des Biphores par exemple , est incolore ; celui de divers. Gastéropodes a une teinte lactescente , légèrement nuancée d'un bleu qui , d'après Erman , se rapproche , à la lumière réfractée , du bleu de ciel dans Y Hélix pomatia , et du bleu d'améthyste foncé dans le Planorbis comeus (1). Le sang des

(1) Abhundluinjon der Akadcmic zu Borliii , 1810-1817, p. 20f. *

l6 l'KÔPMÉTÉS DU SANG.

Teredo est rouge (1). Celui que renferme le vaisseau dorsal des Insectes est en général transparent , et il offre des teintes diverses, verdàtre chez plusieurs Orthoptères, jaune dans le Ver à soie , orangé dans la Chenille du saule , rougeâtre dans le Trichodes apiarius , brun foncé chez la plupart des Coléoptères (2). Le sang des Echinodermes est jaunâtre ou orangé, selon Tiedemann (3).

3° Ce liquide est plus dense et plus visqueux chez les animaux à sang chaud que chez ceux à sang froid. Mais sa densité varie aussi chez les divers individus d'une même espèce et chez le même individu en des temps différens, ce qui peut servir en partie à expliquer la disparité des nombres par lesquels on a représenté sa pesanteur spécifique. En effet, celle du sang des Mammifères, et notamment de l'homme , est évaluée à 1041 par Boyle , 1045 par Martine, 1054 par Jurin , 1056 par Musschenbroek , 1059 par Denis , 1082 par Senac , 1052 à 1057 par Berzelius. Un pouce cube de sang pèse deux cent soixante et sept grains, suivant Haies, et trois cent quatrevingt-seize d'après Senac (4).

4° Un thermomètre plongé dans le sang qui coule d'un vaisseau indique ordinairement la même température que dans la cavité orale; chez les Mammifères, environ trente degrés de l'échelle réaumurienne, et chez les Oiseaux un peu plus. Thackrah (5) a trouvé que la chaleur du jet de sang était de vingt-neuf degrés dans le Cheval , de trente dans le Boeuf , de trente et un dans la Brebis et de trente-trois dans le Canard. Chez les autres animaux, la température de ce liquide est la plupart du temps la même que celle du milieu ambiant.

5° On reconnaît l'électricité du sang, au dire de Bellingeri (6), d'après les mouvemens qui surviennent dans une cuisse de Grenouille lorsqu'on met du sang et un métal en contact avec

(1) Carus , Traité d'anat. comp., t. II, p. 307.

(2) Meckel, Deutsches Archiv , t. I, p. 472. — Heusinger, Zeitschrift fuer die oryanische Physik, 1. 1, p. 601.

(3) Tiedemann , Traité de physiologie de l'homme , t. I , p. 335.

(4) Traité de la structure du cœur, t. II, p. 301.

(5) An inquiry into the natur and properties ofthe bluod, p. 30.

(6) Expérimenta in elcctritiiatevi sangvini* , p. 3.

le membre et avec eux-mêmes.' Le sang la conserve vingtquatre à quarante-huit heures après sa sortie des vaisseaux (1). Comme de deux métaux , dont on met l'un, en contact avec le nerf et l'autre avec le muscle , celui-là joue le rôle d'élément positif , qui détermine des convulsions quand on le met en rapport avec le nerf pour fermer la chaîne , et n'en provoque pas lorsqu'on l'applique au muscle , ou n'en détermine alors qu'autant qu'on ouvre la chaîne , tandis que l'autre se comporte comme élément négatif , Bellingerr a essayé de déterminer d'après cela quelle pouvait être la polarité du sang chez divers animaux. Il a trouvé que ce liquide se comportait partout comme positif à l'égard du cuivre,, et comme négatif à l'égard de l'étain ; mais que, par rapport au fer, il était négatif chez les Veaux , les Agneaux et les Canards , de même nom chez le Bœuf , le Bélier et le Paon , et positif chez les Chevaux ; qu'enfin , dans les Chevaux , il montrait quelquefois avec l'antimoine la polarité de même nom , mais bien plus souvent la négative; que par conséquent le sang est plus enclin à l'électricité positive chez les jeunes animaux que chez les adultes , chez les Chevaux que chez les bêtes à cornes et ovines , chez, les Pauus que diez les Canards.

B. Propriétés microscopiques du sang.

§ 664. Si l'on examine au microscope une goutte de sang étalée et formant une couche peu épaisse , on aperçoit un liquide transparent et incolore , la sérosité , dans lequel nagent d'innombrables corpuscules , qu'on appelle globules du sang (hématies de Gruithuisen).

1° On trouve de ces globules dans le sang de tous les animaux vertébrés. Partout , ils sont bien délimités , réguliers , formés d'après un type déterminé , mais constamment ronds , forme qu'ils conservent jusqu'à un certain point malgré leur action les uns sur les autres, et malgré toutes les influences mécaniques. Ce n'est qu'au moment où commence soit la coa-

(1) ffidt, p. 41.

l8 GLOBULES DU SANG.

gulation, soit la décomposition, qu'on aperçoit des formes diverses, notamment , comme le fait remarquer Treviranus (1), des concrétions tantôt rondes et tantôt irrégulières. C'est probablement cette circonstance qui explique pourquoi Magendie (2) n'a découvert , dans le sang humain étendu , que des masses toutes différentes les unes desautres pour la forme et la grandeur, et pourquoi Gruithuisen (3) y a vu, indépendamment des corpuscules oblongs , qu'il regardait comme des vésicules du sang (§ 665), des corps rouges et floconneux , de forme variable et indéterminée , qu'il a cru être les globules du sang proprement dits de la Grenouille.

On trouve aussi des corpuscules solides dans le sang des animaux sans vertèbres , mais ils n'ont point de forme régulière. D'après Blainville (4) , ce sont des grumeaux irrégulièrement arrondis , anguleux et oblongs.

Kieser (5) dit avoir aperçu quelquefois des grains ronds clans le liquide que contiennent les conduits intercellulaires des plantes. Nées d'Esenbeck (6) en admet également. Ils sont plus prononcés encore dans le suc propre , et Meyen (7) les y regarde comme analogues aux globules du sang , dont, suivant lui , ils ne différeraient que par le défaut de couleur , un volume moins considérable, et leur plus longue persistance après la cessation du mouvement du liquide. Cependant L.-C. Treviranus (8) assure qu'ils n'ont pas de forme régulière. Dans tous les cas, on ne peut les regarder comme une preuve d'analogie entre le sang et le suc propre , puisque le suc cellulaire , ou laséve , contient aussi des grumeaux.

2° Les globules du sang des animaux vertébrés sont à demi transparens. Au microscope , on ne les voit ordinairement d'un rouge sanguin que quand il y en a plusieurs accumulés les

(1) Vermisclite Schriften, 1. 1, p. 122. '

(2) Précis de physiologie , t. II , p. 303.

(3) Beitrœijc zur Physiognosie , p. 92.

(4) Cours de physiologie générale et comparée , 1. 1 , p. 240.

(5) Grundzuege der Anatomie der Pfanzen , § 209.

(6) Handbuch der Botanik , t. I, p. 325.

(7) Phytotomie, p. 292.

(.8) Zeittehrift fuer die Physiologie , 1. 1, p. 156.

uns sur les autres; isolés, ils sont d'un rouge pâle, ou jaunâtres , ou presque incolores.

L'emploi de la lumière réfractée est en partie cause de ce phénomène , comme en avaient déjà fait la remarque Senac (1) et Spallanzani (2) ; car , à la lumière directe ou réfléchie , les globules du sang, même isolés , paraissent rouges.

3° Ces corpuscules sont circulaires chez les Mammifères et elliptiques chez tous les autres animaux vertébrés, particularité que connaissait déjà Leeuwenhoek (3). Mais, quelque vraie que soit cette assertion, considérée d'une manière générale, les formes des globules du sang ne sont pas tellement fixes qu'elles ne puissent quelquefois se rapprocher Tune de l'autre, et même seremplacerréciproquement. Ainsi Blainville assure qu'on les rencontre toutes deux chez les Poissons (4); d'après Schmidt (5) , ces animaux ont des globules dont les uns sont plus ou moins allongés et les autres circulaires , et Rudolphi (6) leur assigne en général cette dernière forme. Spallanzani (7) avait remarqué qu'à l'exception des Salamandres , chaque espèce d'animal n'a que des globules d'une seule forme, et Wedemeyer (8) a constaté depuis qu'outre les oblongs il s'en trouve effectivement aussi de circulaires chez les Salamandres. Le même écrivain (9), dont l:opinion à cet égard est partagée par Reichel (10), prétend même que les globules circulaires sont normaux chez les Grenouilles-, ce qui est une erreur. Orfila a trouvé', dans du sang de Pigeon , quelques globules circulaires parmi ceux de forme allongée , et dans celui d'homme des globules allongés, mais alors seulement que le liquide avait été desséché, puis ramolli dans l eau (11). (Outre les globules elliptiques, le

(1) hoc. cit., t. n, p. 282.

(2) Exp. sur la circulation , p. 155 et 273.

(3) llaller, Elem. physiolog., t. II, p. 53.

(4) Xoc. cit., t. I, p. 303.

(5) Ucber die Blutkœrner, p. 23.

(6) Grundriss der Physiologie , 1. 1, p. 144. (1) Expériences sur la circulation, p. 287.

(8) Untûrsuchunyen uclcr den Kreislauf des Blutes, p. 173. (9; llÀd., p. 229.

(10) De sanguine ejusque motu expérimenta , p, 19,

(11) Journal de chimie médicale , t. III , p. 414,

sang de la Grenouille en contient aussi d'arrondis , 'qui sont six fois plus petits environ que les autres , et, comparativement à eux , en fort petit nombre , de sorte qu'à moins d'une certaine attention on ne les aperçoit pas. Peut-être appartiennent-ils à la lymphe ou au chyle) (1). On assure que les globules du sang sont parfaitement ronds chez les animaux sans vertèbres ; telle serait leur fmore dans les Crustacés , suivant Hewson (2) et Carus (3); dans les Insectes aussi, selon Treviranus (4) et Suckow.(5). Cependant nous pourrions demander si ce sont réellement des corps régulièrement conformés, et analogues aux globules du sang des Mammifères, et non pas plutôt des grumeaux irréguliers, que leur extrême petitesse seule fait paraître globuleux.

4° Chez tous les animaux vertébrés , les globules du sang sont plus ou moins aplatis, en manière de disque ; par conséquent les circulaires ne sont pas sphériques , mais lenticulaires, et les elliptiques ressemblent presque à des amandes ou à des graines de melon. Comme ils reposent ou nagent sur l'une de leurs surfaces planes, on n'aperçoit ordinairement que leur face supérieure, de sorte qu'on pourrait les croire aussi épais que larges; mais, lorsqu'ils roulent sur eux-mêmes, de manière à présenter parfois le flanc, on reconnaît distinctement leur forme. Ce phénomène avait déjà été remarqué par Senac (6) et Hewson (7) ; il a été vu depuis par Wedemeyer (8) et autres , dans les quatre classes d'animaux vertébrés. Suivant Rudolphi , c'est chez les Reptiles que les globules sont le plus plats ; ils le sont moins chez les Oiseaux , et moins encore chez l'homme. D'après Hodgkin et Lister, leur épaisseur, chez l'homme , est à leur largeur comme 1 : 4,5 , proportion

(1) Addition de J.-Muller.

(2) Expérimental inquiries , t. III, p. 40.

(3) Von den œussern Lelenshedintjunijc» , p. 86.

(4) Biologie, t, IV, p. 546.

(5 Zcitschrift fuer die Physiologie , 1. 1, p. 603.

(6) hoc. cit., t. II, p. 276.i

(7) Loc. cit., t. III, p. 43.

(5) Loc. cit., p. 351.

r,IOBUIES DU SANG. 2\

qui est plus considérable chez les Cochons et les Lapins, moindre chez les Oiseaux , les Reptiles et les Poissons (1).

Haller (2) n'avait jamais remarqué cette forme plate , et Mayer (3) prétend qu'elle n'est qu'une illusion d'optique, produite par une trop forte lumière, ou par une accumulation accidentelle de matière colorante sur les globules. Cependant, comme je l'ai très-bien distinguée dans des globules qui roulaient sur eux-mêmes , cette opinion me paraît reposer sur une supposition erronée. Du reste, Schmidt (4) croit pouvoir admettre, d'après ses propres observations sur l'embryon de poulet au troisième jour de l'incubation , et d'après celles de Dœllinger sur les embryons de Poissons et les têtards de Grenouilles , que les globules du sang ont partout une forme parfaitement sphérique au début de la vie , et que c'est plus tard seulement qu'ils s'aplatissent et s'allongent, quand ils doivent être elliptiques. Cette assertion semble avoir été confirmée par des remarques faites depuis : déjà même Hewson avait représenté les globules des embryons de Poulet et des Vipereaux entièrement ronds, et ceux des adultes oblongs.

5° Les globules paraissent être plus ou moins bombés sur leurs deux faces, ©t avoir des bords plus ou moins tranchans. Schmidt (5) dit qu'ils n'ont un bord tranchant que chez les Oiseaux , les Poissons et les Ophidiens ; qu'ils en ont un mousse chez les Mammifères, et que, dans les Salamandres et Grenouilles, ils ressemblent à des pièces de monnaie , ayant une tranche plus ou moins épaisse. Cette assertion ne semble pas être à l'abri de toute contestation; car Wedemeyer (6) a vu les bords tranchans dans les Salamandres aussi. Young, Hodgkin et Lister s'éloignent bien plus encore de notre manière de voir , puisque , suivant eux , les deux faces sont concaves , de sorte que les bords seraient la partie la plus épaisse et par cela même arrondis (7).

(1) Hufeland, Journal der praktischen Heilkunda, t. XVIII, p. 244,

(2) Elem. physiol., t. H, p. 53.

(3) Supplemente zur Lehrn vom Kreisluufe , p. 67.

(4) Loc. cit., p. 26.

(5) Loc. cit., p. 23.

(6) Loc. cit., p. 3ol.

(7) Proriep , Notizen , t. XVIII , p. 241.

2% GtOBULES DU SANG. 1

6° Cette diversité d'avis tient à ce que , sous le microscope, c'est tantôt le pourtour et tantôt le milieu du globule qui paraît plus clair, de sorte qu'alors on le prend ou pour une partie saillante au dessus de la surface, ou pour une partie plus mince et plus transparente. Ordinairement on aperçoit le milieu plus clair, et la circonférence plus opaque; c'est ce qu'avait déjà vu Leeuwenhoek; et Fontana remarqua que, sous ce rapport, les globules du sang se comportent au microscope comme le font tous les petits corps arrondis, tandis que Hodgkin et Lister prirent le pourtour plus foncé pour un renflement marginal. D'un autre côté , Muys et Hewson(l) prétendirent que le milieu est obscur, plus opaque ou plus fortement coloré que la circonférence. Mais déjà Senac (2) avait aperçu tantôt l'une et tantôt l'autre, de ces deux dispositions, et fait remarquer que le centre paraît bombé ou creux, suivant qu'on rapproche ou qu'on éloigne l'objet de l'oculaire , suivant aussi qu'on emploie une lumière plus ou moins forte. Treviranus (3) a également constaté que, quand on a recours à une lumière et à un grossissement considérables , le milieu paraît transparent et le pourtour opaque. Weber ajoute encore (4) que cet effet a lieu avec la lumière réfractée, mais que le contraire s'observe avec la lumière réfléchie (*).

7° Comme corps revêtus de formes régulières, tous les globules du sang sont d'égale grosseur chez le même individu , et chez les divers individus d'une même espèce. Cette observation a été faite par Leeuwenhoek (5), Haller (6), Spallanzani (7) , Hunter , Dcellinger (8) et Weber (9). Mais elle

(1) Loc. cit., t. III, p. 9, 16,21.

(2) Loc. cit., t.JJJ, p. 276.]

(3) Vermischte Schriften , t. I, p. 122.

(4) Anatomie des Menschen , t. I, p. 147.

(*) Comparez, sur les globules du sang , les opinions , presque en tous points contradictoires, de Raspail. (Nouv. syst. de chimie organique, p. 366 et 3S5. )

(5) Haller, Elem. physiol., t. II, p. 55.

(7) Expériences sur la circulation , p. 287.

(8) Dcnkschriften der Akademio su Muennchcn, t. VII,. p. 179. •

(9) Loc. cit„ t. I,p. 155.;

n'est vraie qu'autant qu'il s'agit du volume approximatif ; nous ne connaissons aucun poids ni aucune mesure , dans la vie eniière , qui restent constamment identiques chez tous les individus d'une espèce quelconque , et les globules du sang ne sauraient faire exception à cet égard. Poli , Autenrieth et Carus (1) les disent de taille inégale chez les Crustacés et les Mollusques ; Magni assure la même chose de ceux des Grillons, et Poli prétend que, chez plusieurs Acéphales, ils surpassent ceux du sang humain en grosseur ; mais ces assertions ont peu de poids, puisqu'on est encore dans le doute de savoir si les corpuscules qui s'aperçoivent dans le sang des animaux sans vertèbres sont les analogues des globules du sang des animaux vertébrés. Ces derniers même différent les uns des autres. Déjà Senac (2) avait trouvé les globules du sang de l'homme d'un trois cemième de ligne de diamètre, mais entremêlés d'autres dont le diamètre était d'un deux cent cinquantième de ligne. Menghini et Hewson (3) ont faitdes observations du même genre. Spallanzani prétend n'avoir rencontré cette inégalité que chez les Salamandres , et Schmidt que chez les Salamandres , les Grenouilles et les Poissons. Mais c'est incontestablement 1p. hasard spnl qui a empêché de la voir chez d'autres animaux encore , de sorte qu'avec Raspail et Blainville (4) nous admettons en thèse générale qu'il n'y a point, sous ce rapport, de proportion invariable. Voilà pourquoi les mesures, à part même leur plus ou moins d'exactitude , ont donné des résultats si difFérens ; mais , considérées comme moyen d'arriver à la découverte de la grandeur moyenne ou normale , elles ont du prix , en ce qu'elles nous permettent au moins d'estimer à peu près celte dernière. Home (ci) donne aux globules de l'homme 1/141 de ligne, Eller 1/161,, Jurin 1/166 (6), Rudolphi (7), Sprengel, Hodgkin et Lister (S) 1/250,

(1) V on den œussern Lelensbedinyunyen , p. 86.

(2) Loc.dt., t. II, p. 276.

(3) Loc. cit., t. HI, p. 39.

(4) Loc. cit., 1. 1, p. 300.

(5) Lectures on comparative anatomy, t. III, p. 4.

(6) Haller, Elem. physioloy., t. II, p. 55.

(7) Grundriss der Physiologie , t. I , p. 145.

(8) froriep , Notizen, t.XVUI, p. 241.

24 GIOBUIES DU SANG.

Senac(l) 1/275, 'Tabor 1/300 , Kater"(2) , 1/333, Prévost et Dumas (3) 1/338, Haller (4) , Wollaston (5) et Weber (6) 1/4161, enfin Young 1/505. D'après Home, 19,880 de ces globules occuperaient une surface d'une ligne carrée : il en faudrait 255,000 selon Young.

Prévost et Dumas disent que leur volume est égal à celui des globules humains , ou de 1/338 de ligne , dans le Chien , le Hérisson, le Cochon, le Lapin, le Cochon d'Inde, le Muscardin et le Dauphin ; plus considérable (1/270 de ligne) dans le Simia callitrix; plus petit chez plusieurs autres Mammifères, savoir: de 1/365 dans l'Ane, 1/387 dans le Chat, 1/451 dans la Brebis , 1/494 dans le Chamois , 1/584 dans la Chèvre. Suivant Hodgkin et Lister, ils sont plus petits dans le Lapin et le Cochon que chez l'homme. Les globules elliptiques appartenant aux animaux suivans sont beaucoup plus gros en général , et surtout eu égard à leur diamètre longitudinal , mais plus minces et plus plats, que ceux des Mammifères. Suivant Prévost et Dumas , sur une largeur de 1/338 de ligne , la longueur est de 1/225 chez la Mésange , 1/195 chez l'Oie , 1/191 chez le Paon, 1/184 chez la Poule , 1/178 chez le Dindon, 1/169 chez l'Orfraie. Dan3 les Reptiles, la longueur et la largeur sont presque toujours plus considérables , savoir, d'après les mêmes observateurs, de 1/150 et 1/250 dans l'Orvet, 1/149 et 1/250 dans le Lézard gris, 1/136 et 1/225 dans la Vipère , 1/116 et 1/225 dans la Couleuvre à collier, 4/110 et 1/176 dans la Tortue, 1/90 et 1/183 dans la Grenouille et le Crapaud, 1/78 et 1/128 dans la Salamandre. Chez la plupart des Poissons , les globules du sang sont plus petits. Rudolphi (7) évalue leur volume, en général , de 1/20S à 1/166 de ligne. D'après Prévost et Dumas, ils ont 1/169 de long dans l'Anguille , la Lole , le Cobitis fossilis et la Tor-

(1) Loc. cit., t. II, p. 276.

(2) Home, Lectures, t. III, p. 11.

(3) Biblioth. de Genève, t. XVII, p. 302.

(4) Opéra minora, t. I, p. 178.

(5) Home, Lectures , t. III , p. 12.

(6) Loc, cit., t. I, p. 155.

(7) {Grundriss der Physiologie , t. I, p. 145.

pille ; mais Hewson (1) assure qu'ils sont plus gros dans les Raies que chez aucun autre animal.

S" Prévost et Dumas assurent que les Oiseaux sont les animaux dont le sang en contient le plus , et qu'il y en a moins chez les Mammifères carnivores , moins encore chez les Herbivores, et moins que partout ailleurs chez les animaux à sang froid , les Chéloniens exceptés. Cependant il est trèsfacile de céder à des illusions en établissant de semblables estimations; car, outre que l'espace destiné à les recevoir diminue lorsque leur grosseur devient plus considérable , de sorte que , quoiqu'ils soient très-serrés les uns contre les autres, leur nombre subit une diminution, il importe d'avoir égard à l'état de la vie du sang et à sa constitution temporaire : quand les circonstances sont favorables , le sang des hommes , comme celui des Grenouilles , fourmille tellement de globules, qu'il semble impossible qu'on y en trouve jamais davantage, remarque qu'avait déjà faite Haller(2).

9° A l'égard des propriétés mécaniques des globules du sang , ils paraissent être , comme le disent Hunter et Weber (3), plus pesans que la sérosité. Cependant il faut bien que la différence ne soit pas très-considérable ; car on voit les globules nager à des hauteurs diverses dans la sérosité parfaitement tranquille , et il suffit de la moindre agitation de l'air pour les faire fuir promptement.

Après avoir été comprimés, ils reprennent leur forme primordiale, en vertu de l'élasticité dont ils sont doués ; c'est ce qu'avaient déjà observé Leeuwenhoek , Cooper et Senac (4). Délia Torre et Fontana ont fait la même remarque, quand ils avaient comprimé les globules entre deux lames de gypse , de manière à les rendre quatre ou cinq fois plus larges qu'ils ne le sont ordinairement. Hodgkin et Lister ont vu qu'en pareil cas , le bord se déchiquetait (5).

(1) Loc. cit., t. m, p. 11.

(2) Opéra minora, t. I, p. 181.

(3) Loc. cit., p. 148.

(4) Loc. cit., t. II , p. 283.

(o) Froriep , Notizen, t. XVIII, p. 245.

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