‹ Traité physiologie considérée comme science d'observation (volume 2)Chapitre 8 sur 89 · SANG. 1 I · texte numérisé non relu

SANG. 1 I

vés de sang (IT) , un seul et même liquide qui , reçu du dehors , subit l'assimilation dans les mêmes espaces, gagne les diverses parties, tantôt dans une direction , tantôt dans une autre , et sert tant à les nourrir qu'à préparer les différentes sécrétions. Chez les 'plus inférieurs des végétaux, ceux dont la trame consiste uniquement en tissu cellulaire , ce cas a lieu incontestablement, comme chez les animaux placés au bas de l'échelle (4°). Mais il est probable que les végétaux supérieurs sont sur le même rang que les animaux à canal intestinal vasculiforme (5°) , de sorte qu'un seul réservoir sert en même temps d'organe digestif, de vaisseau lymphatique et de vaisseau sanguin, ce qui fait qu'on doit le considérer comme l'état d'indifférence de ces canaux , qui ne commencent à se rencontrer réellement que chez les animaux supérieurs. Ce suc nourricier et plastique , auquel on donne communément le nom de Sève , est un liquide clair comme de l'eau, mais dans lequel l'acétate de plomb fait naîtrè un précipité cailleboté , et qui contient du mucus , du sucre ou des sels. Quant au réservoir, ce suc se répand manifestement d'une cellule dans les autres; mais, en pénétrant à travers les parois , il doit éprouver une plus ou moins grande métamorphose , et, quand il est arrivé dans la cellule où il pénètre , y paraître modifié ou revêtu dû caractère de produit sécrétoire. Ce produit sécrétoire affecte ici la forme de granulations incolores, de vésicules, de fibres, de cristaux et de matières colorantes; ces dernières n'existent souvent que dans certaines cellules , tandis que les voisines en sont exemptes ; enfin on n'aperçoit point de liquides dans les cellules des plantes sèches, et toutes ces circonstances prouvent qu'elles ne sont point les réservoirs conducteurs de la séve.

Si l'on en croit Smith et autres , dés fibres ou des tubes simples (vaisseaux séveux) seraient les ; conducteurs de la séve. Mais ces tubes ne sont autre chose que des cellules allongées et fort étroites , dont le diamètre est d'un cent vingtième de ligne, suivant Sprengel. Ils ne contiennent que pendant quelque temps un liquide qui , d'après L.-C. Treviranus, a une certaine consistance, de manière qu'il ne s'écoale pas quand on coupe la cellule en travers , et plus tard ils deviennent complètement vides.

» a SANG.

Les canaux intercellulaires , ou les conduits plus ou moins anguleux dont les parois se rapportent aux cellules mêmes qui les circonscrivent, sont , au dire de L.-C. Treviranus, Kieser, Nées d'Esenbeck et autres, les réservoirs généraux et les conducteurs de la séve absorbée au dehors , assimilée et destinée à la nutrition et aux sécrétions. Divers faits qui seront rapportés plus loin , donnent , ce me semble , une grande vraisemblance à cette opinion (*).

6° Les premiers phytotomistes , Malpighi et Grew , admettaient, chez les végétaux, un liquide correspondant au sang, parce qu'ils croyaient que les plantes ont une organisation pareille à celle des animaux, et que tous les animaux doivent être pourvus de sang. On a pensé que la séve était charriée depuis la racine jusqu'aux feuilles , et que là elle se convertissait en suc vital , qui redescendait ensuite des feuilles vers la racine. On admettait, comme conducteurs de la séve ascendante , non seulement les vaisseaux séveux et les conduits intercellulaires , mais encore les trachées. Or, ces dernières manquent presque entièrement dans la racine ; lorsqu'elles contiennent un liquide, il est épais et mucilagineux , et l'on a vu des feuilles et des fleurs se développer encore après qu'elles avaient été détruites. Lecambium qu'on trouve entre le liber et le bois a été considéré comme le suc plastique , analogue au sang, et qui revient des feuilles ; mais c'est bien plutôt la jeune substance végétale en train de se former , et qui très-probablement a été déposée par le suc contenu dans les conduits intercellulaires.

D'autres phytotomistes, notamment G.-R. Treviranus, C.-H. Schultz et Meyen , croient que l'analogue du sang est le suc propre (succus proprius) , ou le suc lactescent; mais ce suc, comme l'a démontré L.-C. Treviranus (1) surtout, paraît être bien plutôt un produit sécréloire; car il varie beaucoup suivant les plantes, et il se fait remarquer par des qualités particulières ; il contient de l'huile , ou de la résine , ou de la gomme, ou des alcaloïdes amers, acres, narcotiques , qui pourraient difficilement agir comme élémens plas-

(*) Comparez Raspail , Nouveau syst. de physiol. végét., t. II , p. 20 (1) ZeiUchrift fimr Physiologie , t. I , p. 156.

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