C. Influence sur les matériaux constituans du sanij
§ 755. I. Le cruor, qui , dans l'état normal , adhère à la fibrine coagulée , se mêle avec le sérum dans le scorbut , la fièvre putride, la fièvre jaune , etc., s'y dissout , le colore en rouge , et se précipite peu à peu sous la forme d'un sédiment pulvérulent. Peut-être , comme le présume Wedemeyer (6),
(1) Loc. cit., p. 45.
(2) Loc. cit., p. 389.
(3) Loc. cit., p. 101.
(4) Loc. cit., p. 32.J
(5) Loc. cit., t. II, p. 433.
(6) Untersuchunyen , p. 250.
ACTION DE i/OROANISME Sim LE SANG. 4^7
ce phénomène est-il déterminé , d'un côté, par la diminution de la fibrine , de l'autre par le trop peu d'abondance de l'albumine dans le sérum (1) ; cependant il estvraisemblable qu'un changement dans la composition du cruor lui-même y prend aussi une grande part. Suivant Gendrin (2) , le sérum est entièrement limpide dans les fortes inflammations , et lorsqu'il devient un peu trouble ù la partie inférieure, cet effet dépend uniquement de l'albumine qu'il contient ; dans un état inflammatoire plus prononcé , il est clair, et s'empare peu à peu d'une petite quantité de cruor, qui gagne le fond du vase; mais il rougit et dépose une couche plus épaisse, lorsqu'il s'est formé en même temps une couenne. Quand une saignée a été interrompue par une syncope (3), le sérum laisse quelquefois précipiter une assez grande quantité de matière colorante, et dans les 'maladies de mauvais caractère , dans les affections gangréneuses , il est coloré par une matière noire , comme pulvérulente , qui se dépose au fond du vase (4).
II. Quant à ce qui concerne les proportions quantitatives , 1° La quantité des parties solides est accrue dans les maladies inflammatoires (5) , notamment dans la synoque , cas où l'infusion de l'eau dans les veines s'est montrée salutaire (6). Elle est diminuée dans le typhus , et particulièrement dans la fièvre jaune , d'après Steevens (7). Cet état de choses est annoncé déjà par la proportion respective du sérum et du caillot : la quantité du premier diminue dans les inflammations sthéniques(8), où, suivant Gendrin (9) , elle est à celle du second comme 1 ; 2 ; dans le typhus , au contraire , cette quantité augmente , de manière qu'au rapport de Reid Clanny (10) ,
(1) Loc. cit., p. 356.
(2) Loc. cit., t. II, p. 445.
(3) Loc. cit., p. 439.
(4) Loc. cit., p. 454. £
(5) Hunefekl , Physioloyische Chemie , t. II, p. 225.
(6) An (Irai , Précis d'anatoniie pathologique , t. I , p. 547.
(7) Medico-chirunjical repiew , t. XXV, p. 217.
(8) Thackrah, loc. cit., p. 108.
(9) Loc. cit., p. 445.
(10) Archives générales, t. XVIII , p. 290.
quand la proportion du sérum au caillot était de 1 \ 0,23 dans l'état de santé, elle devient de 1 * 0,13 au plus fort de la maladie. Thackrah (1) a trouvé la proportion de 1 : 3,30 dans une synoque , de 1 '. 2,82 dans la pneumonie , de 1 '. 2,81 dans la gastrite , de 1 1 2,50 dans la fièvre tierce , de 1 ; 1,60 dans la fièvre quarte , de 1 : 1,56 dans la phthisie pulmonaire , de 1 : 1,29 dans l'hydropisie , del : 1,23 dans l'hémiplégie; Brande (2), de 1 '. 0,18 dans un rhumatisme aigu, de V. 0,16 dans la pleurésie, de 1* 0,1.5 dans la péripneumonie , de 1*.0,14 dans la scarlatine, de 110,14 dans le vertige, de 1 ! 0,13 dans la commotion cérébrale, de 1 '. 0,10 dans la pleurésie , chez un enfant. La dissidence entre les divers observateurs, sous le rapport de la quantité absolue, ne doit pas nous induire en erreur ; car chacun d'eux s'est servi d'une échelle particulière. D'après Lauer (3)], la proportion du caillot au sérum diminue chez les personnes débiles , dans les maladies chroniques , celles surtout qui sont accompagnées d'une perte d'humeurs , après de fréquentes saignées , et dans les cas de suppression de sécrétions aqueuses , tandis que l'inverse a lieu chez les sujets robustes.
Il faut aussi avoir égard à la densité du caillot , qui , suivant la remarque déjà faite par d'anciens observateurs (4) , est plus considérable dans la fièvre inflammatoire , le rhumatisme et la goutte. Selon Gendrin (5), le caillot est plus solide et plus compacte dans l'inflammation; mais il lui arrive quelquefois (6) , quand la saignée est interrompue par une syncope , de devenir mou et volumineux : il reste aussi peu dense (7) lorsque l'inflammation s'est élevée jusqu'à la faiblesse indirecte. Dans les maladies de mauvais caractère , toutes les fois qu'il y a tendance à la gangrène, dans les fièvres typhoïdes, etc., le caillot est également mou , gélatineux et mal limité.
(2) Meckel , Archiv fuer Anatomie , 4828 , p. 337.
(3) Hecker, Annalen der tjesammton Heilkunde , t. XVIII, p. 412.
(4) Haller, Elément, physiol., t. II, p. 17.
(5) Loc. cit., p. 441.
\&) Loc. cit., p. 439.
(7) Ibid., p. 454.
ACTION DE L'ORGANISME SUR LE SANG. /|i>9
2° La quantité de la fibrine augmente dans les inflammations, suivant Davy, Whiting et Kœnig (1). Reid Glanny assure qu'elle diminue dans le typhus , Parmentier et Deyeux dans le scorbut , Nicolas et Guedeville dans le scorbut (2) , Brandt dans la commotion cérébrale (3).
3° Davy prétend que de cruor diminue dans les inflammations, tandis que la fibrine augmente (4). Suivant ReidClanny, les deux substances diminuent également dans le typhus.
4° La pesanteur spécifique du sérum et la proportion des parties solides qu'il contient augmentent dans les fièvres (5) ; l'accroissement est surtout sensible dans le rhumatisme aigu , suivant Marcet (6).
5° Gendrin dit qup. 1p. sérum est plus visqueux dans les inflammations (7) , et Traill assure qu'il contient alors près de deux fois autant d'albumine que pendant l'état de santé. Dans le scorbut , il est plus pauvre en albumine , et , d'après Parmentier et Deyeux , se coagule moins par l'action de la chaleur. Henry et Soubeiran assurent que, dans le diabète , il ne contient que les trois quarts de l'albumine qu'on y rencontre ordinairement (8).
6° La quantité des sels est souvent accrue dans la fièvre , suivant Thackrah (9) ; elle diminue dans le typhus, mais moins cependant que celle de l'albumine, au rapport de ReidClanny. Steevens n'a guère remarqué qu'une diminution des sels dans la fièvre jaune (10). On prétend que les phosphates sont moins abondans chez les diabétiques (11).