‹ Traité physiologie considérée comme science d'observation (volume 3)Chapitre 21 sur 134 · DISPOSITIONS MÉCANIQUES · texte numérisé non relu

DISPOSITIONS MÉCANIQUES

g 9*2 4. Certaines dispositions mécaniques étaient néces

DE LA DIGESTION. 169 suires pour rendre possibles, eflicaces et inoffensifs, les mouvemens que lu digestion réclame.

I. La membrane muqueuse devait être garnie de tissus étalés en couches, qui servissent à la protéger.

1° Le délicat tissu vasculaire superficiel de cette membrane ne pouvait pas plus que celui de la peau extérieure se trouver à nu en contact avec les substances étrangères. Aussi est-il garanti par un épiihelium (§ 797). Cet épilhelium est apparent et analogue à l'épiderme dans les points situés à la périphérie, où la force motrice prédomine, et sur lesquels les substances étrangères exercent une action principalement mécanique , par conséquent au commencement de l'appareil digestif, depuis la bouche jusqu'à l'estomac, où l'organisme n'a point encore fait disparaître le caractère étranger de la nourriture, et dans le rectum, où les restes inassimilables de cette nourriture, réunis aux produits sécrétoires rejetés par l'économie, forment les excrémens, qui se comportent comme corps étranger. Dans la partie centrale, dans l'atelier proprement dit de la digestion, où la nourriture a déjà subi un changement mécanique plus ou moins considérable, où la réaction est des plus intimes, où l'assimilation et l'absorption s'accomplissent avec le plus d'énergie, la couche isolante est plus délicate. Suivant Henle (1), l'épithelium de l'estomac se compose encore, comme l'épiderme, de plaques irrégulières, dont chacune offre une petite bosselure dans son milieu ; celui de l'intestin, au contraire (2), est formé de corpuscules coniques, ventrus au centre, qui sont placés perpendiculairement, de manière que la surface sur laquelle leurs extrémités larges ou leurs bases se rencontrent, présente l'aspect d'un pavé. Nous laisserons de côté la question de savoir si le renflement médian autorise réellement à regarder les parties de l'épiderme et de l'épithelium comme des cellules renfermant des noyaux. Ce qu'il nous suffît de savoir, c'est que ce sont des écailles, qui se détachent et se reproduisent, sinon à chaque digestion, du moins fréquemment, comme

(1) Symbolœ ad anulomiam villorum inteslinalium, p, 10, Çt) Ibid., a, 13,

re>U t>E LA. DIGESTION.

Bœhm a découvert qu'elles le faisaient, par exemple dans le choléra (1). Le phénomène est surtout prononcé chez les Insectes et les Crustacés (§ 017, ]" ) , où l'intestin paraît être assujéli à une mue continuelle, puisque Prévost a trouvé les exerémens du Ghirocéphale ordinairement enveloppés d'une membrane mince (2).

2° Là où il faut qu'une forte action mécanique s'exerce sur les alimens , et où par conséquent la substance musculaire a acquis un développement considérable, les couches épidermoïdes prennent des formes particulières, celles de plaques tuberculeuses, de fibres et de pointes cornées, de lames et de pointes calcaires ou osseuses (§ 808). Chez les animaux inférieurs , où les fonctions sont moins séparées , et où , par cela même , l'organe chargé de la digestion proprement dite exerce en même temps une forte action mécanique, ces couches , devenues de véritables armes , s'étendent plus loin, dans la cavité digestive , qu'elles ne le font chez les animaux supérieurs , où la périphérie seule en est garnie.

II. Toutes les fois que l'organe digestif est impair, que les organes intermédiaires (§ 9i8, 2°) ne le refoulent point, et que sa longueur ne l'oblige point à s'infléchir, il occupe l'axe du corps , l'axe longitudinal quand celui-ci a une forme cylindrique, l'axe transversal quand il affecte celle d'un disque ou d'une sphère. Tenant le milieu entre la vie animale et la vie purement végétative , il est placé , chez les animaux articulés , entre le cordon ganglionnaire et le cœur ou le tronc commun des vaisseaux sanguins, de même que , chez les vertébrés , où une grande variété de formations a remplacé l'uniformité dévolue aux autres séries , une partie de sa longueur se trouve encore comprise entre la colonne vertébrale et le cœur. A sa face externe s'insèrent alors des parties qui le maintiennent dans sa situation , tout en lui permettant d'accomplir les mouvemens nécessaires à la digestion.

1° Aux échelons inférieurs de la chaîne animale , cet office

(4) Die Uranht Darmschleimhaut in der asiaiischen Choiera, Berlin, 4S33.

(2) Jurine, Histoire des Monocles, p. 209.

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est rempli par d'autres organes. Ainsi , chez les Nématoïdes , l'appareil digestif est entouré et soutenu par les organes de la génération , et, chez les Insectes , il l'est par le corps adipeux.

2° Ailleurs, ce sont des parties spéciales qui le fixent à la paroi du corps. Chez plusieurs Annélides , il est serré , de distance en distance , par des filamens et des faisceaux musculaires qui s'insèrent à la paroi du corps , et qui partagent en compartiment l'espace compris entre l'un et l'autre. Dans les Actinies, des compartimens intermédiaires se produisent de la même manière. Chez les Crustacés , il y a des faisceaux musculaires qui se rendent de l'estomac à la carapace.

3° Chez les Échinodermes , la fixation de la paroi du corps est effectuée par une membrane mince et transparente. Dans les Astéries, chaque cœcum s'attache ainsi à la face supérieure du rayon dans lequel il est placé ; chez les Holothuries, cette membrane a la forme d'un étroit mésentère, qui sert de conducteur aux vaisseaux ; chez les Échinides , il existe une membrane analogue , mais qu'on dit être dure et calcaire dans les Cidaris.

4° Chez les animaux vertébrés, la cavité abdominale est tapissée par une membrane séreuse , le péritoine , dont les replis embrassent divers organes , notamment l'intestin , sous le nom de mésentère , de sorte que le canal intestinal n'est pas seulement attaché à la paroi du corps, mais qu'il se trouve aussi mis en connexion avec d'autres organes. Dans beaucoup de Poissons , i! n'est fixé que par un tissu cellulaire abondant, ou par quelques languettes étroites du péritoine , ou bien il y a un mésentère , mais qui n'embrasse pas l'intestin entier. Ce n'est que chez les Reptiles et les Oiseaux qu'on commence à rencontrer un mésentère plus complet. Dans les Mammifères, où la cavité abdominale est totalement closepar le diaphragme, le péritoine acquiert aussi son plein et entier développement. Il forme un sac sans ouverture , dans les replis duquel les viscères abdominaux font plus ou moins de saillie , de manière qu'ils sont lotis situés hors du sac ou à sa face externe. Le mésentère lie l'estomac et l'intestin au reste de l'organisme , sert de conducteur à leurs vaisseaux , et leur procure , par sa largeur, un espace plus vaste , permettant au produit de la

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