CHAPITRE III
Résumé des considérations sur les mobiles de la procréation. I. Diversité de ces mobiles.
§ 257. Nous avons vu que les activités le plus diverses peuvent toutes être autant de mobiles de la procréation ; les mouvemens de l'atmosphère , la nature hygroscopique et l'élasticité des organes génitaux , l'état inflammatoire des parties génitales chez les animaux, et l'amour dans le cœur de l'homme. Un tel rapprochement prouve déjà que ces différentes activités, loin d'être absolument hétérogènes, ont , au contraire , quelque chose de commun , et qu'à titre de motifs mettant en jeu la procréation , elles doivent émaner toutes d'une force fondamentale , dont elles ne sont que des formes diverses de manifestation. Ayant reconnu ainsi que ce qui domine dans le cœur de l'homme est aussi ce qui met en mouvement l'instinct de l'animal, que ce qui détermine l'animal est aussi ce qui produit la vie végétale , et enfin que ce qui agit dans la plante se montre également actif dans les
(1) Meiners, Geschichtc des weiblichen Geschlechts, t. I, p. 318.
(2) lhid., p. 316.
(d) lhid., p. 343.
BÉSUMÉ DBS MOBILES DE 1A BBOCBÉA.TION.
êtres inorganiques, nous pouvons conclure que c'est la même force qui se déploie partout dans la nature, où elle varie seulement à L'infini quant à la manière de se manifester , que la nature, envisagée dans son essence, est un tout idéal infini , dont les innombrables parties ne sont que des modes d'apparition dans le monde fini , que , par eonséquent , la nature renfermant l'infini et le fini , il n'y a rien en dehors d'elle. Ce n'est qu'après avoir parcouru tous les phénomènes de l'univers et de la vie qu'il nous sera possible de juger si cette manière de voir est exacte ou non. Cependant, de même que le tout se révèle dans chaque partie , de même aussi , en reportant nos regards sur les faits qui ont été exposés jusqu'à présent , nous acquérons la conviction que c'est réellement la même force infinie qui produit toute tendance des choses à la procréation , qu'elle détermine les corps inorganiques comme les êtres vivans, qu'elle se manifeste dans la vie plastique de la plante comme dans l'instinct de l'animal , et que la vie de l'âme humaine n'est pas moins que celle de la plante un des phénomènes de la nature. En effet ,
I. Quelque différence qu'on remarque entre les mobiles de la procréation, tous tendent au même but. Or, comme il ne peut y avoir de but que dans une idéalité , ils ont donc une seule et même cause idéale. Et celte cause est infinie, car nous avons déjà reconnu que tel est aussi le [caractère de l'essence de la force procréatrice (§ 228-232). Voilà pourquoi l'instinct de la procréation tend à prolonger la vie à l infini -, voilà pourquoi il est généralement répandu et ne s'éteint jamais (§ 244, 6°).
II. Le moyen que la nature emploie pour arriver à ce but est partout le même. Une action réciproque de choses distinctes a lieu, dans la génération spontanée, entre le liquide et le solide ; dans la monogénie , entre le liquide organique et la paroi solide -, dans la digénie , entre le mâle et la femelle , quels que puissent être d'ailleurs les mobiles.