‹ Traité physiologie considérée comme science d'observation (volume 4)Chapitre 55 sur 81 · APPLICATION AVBC ADHÉRENCE · texte numérisé non relu

APPLICATION AVBC ADHÉRENCE

I. La première forme de connexion est celle dans laquelle l'œuf tient au corps de sa mère par la mucosité qui l'entoure lui-même.

1° Ce phénomène peut dépendre d'un simple acte de formation. Déjà, dans plusieurs Algues (les Ectospermes ) , les spores sorties de la plante restent quelquefois à la surface extérieure , et même , dans les Sertulaires , elles demeurent attachées pour toujours au tronc maternel. Chez les Ascidies, l'ovicanal conduit les spores , par l'ouverture anale , à la surface extérieure de l'enveloppe coriace, où elles contractent adhérence et se développent. Dans les Cirripèdes , les œufs pondus se réunissent sous le manfeau , et y séjournent quelque temps. Chez plusieurs Gastéropodes, Volutavespertilio, Murex canaliculatus et tulipa, Hélix janthina^ etc., les poches d'œufs tiennent par un pédicule à la surface du corps de la mère ; mais comme elles sont fixées sur la coquille, le corps de la mère ne peut fournir aucune nourriture aux œufs. Dans les Nérites , les œufs adhèrent sans pédicule à la coquille maternelle. Chez quelques animaux, c'est le mâle qui porte les œufs, par exemple le Syngnathes ophidion à l'extérieur du ventre , et le Crapaud accoucheur sur les cuisses , autour desquelles il les entortille pendant l'accouplement , et les conserve jusqu'à ce que les têtards soient sur le point d'en sortir.

2° Dans l'Écrevisse la fixation des œufs est le résultat d'une action volontaire. Les œufs sont couverts d'un enduit muqueux, qui s'étire derrière eux en un fil, par le moyen duquel, après leur sortie, ils restent pendans au corps de leur mère ; celle-ci les fixe alors , à l'aide de ces mêmes fils , aux lamelles qu'elle porte sous la queue , et qu'on a considérées comme des rudimens tant de pattes que de lames branchiales; elle les y distribue d'une manière uniforme , et ces œufs

MOUVEMENT DE l'œEF. 3g I

y demeurent suspendus par leurs extrémités filiformes. ( La queue repliée sous le thorax reçoit les œufs , qui se collent aux lamelles par le moyen de la sécrétion visqueuse des oviductes , dont le contact de l'eau détermine la coagulation) (1).

II. D'autres œufs , au lieu d'être couverts d'un enduit muqueux, le sont d une membrane nidulante, qui les fait tenir au corps de la mère.

Le Pipa mâle , après avoir fécondé les œufs, les étend sur le dos de la femelle , où ils font naître un état particulier de la peau , tel que chacun d'eux se trouve contenu dans une cellule profonde à peu près de cinq lignes , dont l'orifice a plus de deux lignes de largeur; on compte environ quatrevingts de ces alvéoles , dans lesquels les œufs subissent l'incubation et les têtards leur métamorphose.

D'après Johnson (2), quelques Sangsues portent leurs œufs dans une poche abdominale qui , chez l'Hirudo stagnalis, ne se développe qu'au temps de la ponte. Mais ce n'est là qu'une capsule ou une membrane nidulante, qui, suivant Mayor , adhère au ventre de la mère par le moyen de son enduit muqueux (3) : tel est surtout le cas de l'Hirudo complanata, qui , selon Duméril (4) , reste plusieurs jours immobile sur ses œufs.

4° Enfin la formation et la consolidation de la membrane nidulante sont le résultat de l'instinct chez plusieurs Araignées, notamment les Araignées-Loups. Ces animaux tissent une poche dans laquelle ils mettent leurs œufs, et qu'ils fixent à leur dos ou à leur ventre, de manière qu'ils les traînent partout avec eux.

1° Cette membrane nidulante est produite par un acte de formation, et unie à la mère, dans plusieurs Entomostracés ; car , suivant Ramdohr (5) , elle constitue originairement une membrane très-délicate , située à l'orifice des oviductes , et

(1) Addition de Ralhkc.

(2) Philos. Trans., dS17 , p. 339.

(3) Bibliothèque universelle de Genève , t. XXXV, p. 51.

(4) Nouveau Bullet. de la soc. pliilom., feuill. X, p. 168.

(5) Beitrœye zur Gtschichte cinùjer Monoculvsarton , p. 3.

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que les œufs distendent en manière de vésicule ou de frappe.' Ainsi, dans le Monooûlué quadricornis\ on voit pendre, des deux côtés de la queue, un sac d'œufs retenu par un pédicule grêle. Les Monocuhis castor et staphylinus ont , à l'orifice des oviductes , deux prolongemens articulés et mobiles à h» volonté de l'animal , par conséquent deux espèces de membres, qui servent de supports aux sacs des œufs.

( Les Cyclopides et les Lernéides couvent leurs œufs dans deux sacs membraneux qui tiennent aux deux orifices génitaux. Ces animaux , ainsi que je l'ai aperçu spécialement chez les Cyclops, Lernccopoda, Lernœocera, Dichelcsthium et Achthères , ont , dans la cavité du corps , deux organes spéciaux, en forme de sacs , qui s'abouchent avec les oviductes par un orifice commun , et qui sécrètent un liquide épais , visqueux, coagulable dans l'eau. Ce liquide agglutine les œufs à leur sortie , et , en s'eudurcissant surtout à la surface de la masse qu'ils représentent , forme le sac dans lequel ils sont logés) (1).

D'après Ehrenberg (2) , il se forme , chez les Méduses , aux deux feuillets des bras , de petites bourses , qui reçoivent les œufs à leur sortie des orifices des oviductes , et disparaissent après que ces œufs sont éclos.

Dans le Syngnathus acus il se produit une cavité incubatoire, dont Rathke a soigneusement étudié la formation (3). Au commencement du printemps on voit , sur le côté ventral de la queue , les tégumens se renfler en deux bandelettes rubanées , longeant les deux côtés de la ligne médiane du corps, et qui peu à peu s'élèvent en forme de plis. La face interne de ces plis , de même que la peau qui est comprise entre eux, et qui forme . le fond de la cavité pectorale , s'amollit, devient plus gorgée de sang, plus rouge, et prend l'acpect d'une membrane muqueuse. Quand les œufs sont parvenus dans la cavité ainsi produite, les bords des replis cutanés s'appliquent l'un contre l'autre , et se collent ensemble,

(1) Addition de Rathke.

(2) Muller, Archiv fuer Anutomie , 1834, p. 569.

(3) Reisebemerkungeir, p, 153-157.

MOUVEMENT DE L'OEUF. 30,3 au moyen d'un liquide épais , de manière qu'on a de la peine à les écarter. An bout de quelque temps , cette adhérence se rompt , les petits éclos sortent par la fente , les plis disparaissent peu à peu , et la peau reprend son précédent aspect. Mais , d'après Eckstrœm (1) et Retzius (2) , c'est chez le mâle que se forme cette cavité nidulante , et la femelle y dépose ses œufs.

( Les femelles des Amphipodes et de la plupart des Isopodes acquièrent aussi une cavité incubatoire. Cette cavité est composée de la paroi inférieure du thorax et de plusieurs paires de valvules lamelleuses, principalement formées d'épiderme endurci , dont chacune tient au thorax par l'une de ses extrémités, conjointement avec une patte, mais qui toutes se recouvrent en partie comme des tuiles , et constituent la paroi inférieure de la cavité abdominale. Pour que les petits sortent de cette cavité fermée en anneau , il faut que quelques unes des plaques se soulèvent un peu de dessus les autres ) (3).

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