‹ Traité physiologie considérée comme science d'observation (volume 5)Chapitre 26 sur 94 · U2 INFLUENCE DU SANG · texte numérisé non relu

U2 INFLUENCE DU SANG

l'inflammation (1), le sang qui s'accumule dans "les parties situées au dessous, y fait naître un gonflement œdémateux. Dans la strangulation et l'empoisonnement par des substances narcotiques, le sang s'accumule en plus grande quantité dans l'œil, et la sécrélion de l'humeur aqueuse devient alors tellement abondante, que la cornée fait une saillie considérable en avant', et que le globe oculaire semble avoir été gonflé. La section du nerf de la dixième paire cérébrale trouble le retour du sang venant des poumons , en sorte que les vaisseaux pulmonaires demeurent gorgés de ce liquide , et que les bronches se remplissent d'un liquide muqueux sécrété en surabondance.

5° La formation de la graisse augmente souvent à un point considérable après la suppression d'évacuations sanguines habituelles , par exemple du flux hémorrhoïdal. La même chose arrive à l'époque où cesse la menstruation.

6° Quoique ce soit principalement sur les sécrétions communes ou générales que porte ainsi l'influence des changemens survenus dans la quantité du sang, cependant Foderà (2) a remarqué que la sécrétion glandulaire s'en ressentait aussi : en effet, la salive devenait plus abondante après la ligature de la veine jugulaire.

7° Le sang a besoin de séjourner quelque temps dans les vaisseaux capillaires pour faire un échange de matériaux avec les parties qui l'entourent et réaliser des formations. Prout a remarqué (3) que la quantité de l'acide carbonique expiré ne correspond point à la fréquence du pouls. Si la nutrition s'arrête danslasynoque, et que les sécrétions diminuent pendant la chaleur de la fièvre, nous pouvons attribuer, en partie, ce phénomène à l'accélération anormale de la circulation , qui ne permet point au sang de rester assez long-temps dans les vaisseaux capillaires pour opérer la formation et la déposition organiques d'après les proportions normales, quoi-

(4) Gendrin , Histoire anatomique des inflammations, t. II, p. 27.

(2) Recherches expérimentales sur l'absorption et l'exhalation , p. 46.

(3) Schweigger, Journal fuer Chcmie , t. XV, p. 74.

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