C. Isopodes
§ 385. Dans les œufs d'Idothœa, de Leptosoma, de Ligia^ de Janira et d'Asellus^ la membrane proligère, après s'être accrue au point d'entourer complètement le jaune , et de l'envelopper en entier, produit bien , comme chez les Amphipodes, un pli qui s'enfonce à une grande profondeur dans la masse vitelline ;mais ce pli ne devient pas la paroi ventrale , et il se transforme en paroi dorsale du jeune animal. Aucun pli semblable ne se produit jamais dans les œufs de Cloporta^ de Porcellio et à' Armadillo ; mais la membrane proligère entière , qui représente d'abord une vésicule sphérique, s'allonge peu à peu en un ovale , dont un des longs côtés devient ensuite h paroi ventrale. Mais constamment, dans les œufs des Isopodes, comme dans ceux des Amphipodes , la membrane proligère se métamorphose en un utricule plus ou moins oblang , qui est
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complètement rempli de jaune , et dont l'un des longs côtés donne naissance au côté ventral tout entier de l'embryon. De ce côté proviennent alors , comme autant d'excroissances , les antennes, les organes manducaieurs , les pattes, les branchies , et les appendices caudaux , d'abord les antennes, et en dernier lieu les appendices qui terminent la queue ou l'abdomen. A l'exception des paites , tous ces membres sont déjà complètement développés lorsque le jeune animal quitte la cavité incubatoire de sa mère. Parmi les pattes , la paire postérieure , ou la septième , est celle qui paraît la dernière. Les anneaux du corps sont également complets à celte époque , sous le rapport du nombre ; cependant le dernier anneau de la poitrine est encore extrêmement étroit; il n'ofl're aucun vestige des excroissances latérales tubuliformes qu'on aperçoit déjà aux autres anneaux thorachiques, et il est, généralement parlant, beaucoup moins développé que les autres. Mais Milne Edwards assure qu'il n'y avait que six ceintures pectorales dans les larves des Isopodes qu'il a examinés {Cymothoa et Anilocra). Il résulte de là que ces Crustacés sortent de la cavité incubatoire un peu moins développés que ne le sont les Amphipodes.
Les yeux naissent comme chez les Amphipodes. Le canal intestinal et les foies (corps adipeux) se forment aussi de la même manière que chez ceux-ci , avec la différence toutefois que, dans la plupart de ces animaux, l'expansion du feuillet muqueux de la membrane proligère qui s'emplit de jaune et se convertit en un foie ayant l'apparence d'un appendice cœcal , présente de chaque côté un second appendice analogue , qui d'ailleurs n'admetjamais de jaune dans son intérieur.
Une particularité fort singuHère, que présente YAsellus aquatieus, et à laquelle les antres Isopodes n'ont rien offert qui ressemble , consiste en ce que , pendant les premiers temps de sa vie embryonnaire, la paroi dorsale du corps produit , immédiatement derrière la tête, deux organes analogues aux feuilles du tulipier, et correspondans sans doute aux aîles antérieures des Insectes , qui disparaissent , sans laisser la moindre trace , avant que l'embryon ait quitté la cavité incubatoire de la mère.
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Un autre phénomène remarquable tient à ce que certains Isopodes , en particulier YAsellus aquaticus, percent les enveloppes de l'œuf à une époque où ils n'ont encore fait que peu de progrès d:ms leur développement, c'est-à-dire quand ils ne portent que des vestiges de très-peu de membres, tandis que d'iiuires se développent bien davantage dans l'œuf. Cependant les classes des Poissons , des Reptiles et des Maramileres offrent aussi de pareilles différences.
Le Bopijrus squillarum , que l'on range parmi les Isopodes, mais que certaines particularités d'organisation, et spécialement la disposition de ses organes manducateurs , éloignent du type des Crustacés de cet ordre , présente aussi des anomalies considérables dans son développement. La membrane proligère , après avoir renfermé le jaune , produit bien un pli , comme chez certains Isopodes; mais ce pli devient la paroi ventrale, et non la paroi dorsale. La larve, au sortir de l'œuf, n'a que quatre paires de pattes, et les trois autres paires ne se forment que plus tard, après qu'elle a quitté la mère. La même chose a lieu pour les anneaux du thorax. Les branchies et les antennes sont en nombre complet à l'époque de Téclosion , et ces organes , surtout les deux antennes postérieures, sont beaucoup plus volumineux, proportion gardée, que chez les parens; les extrémités des branchies et les deux antennes postérieures semblent même se perdre entièrement par une mue postérieure. Il y a plus encore : deux membres foliacés attachés un peu au devant de l'extrémité postérieure du corps , étendus horizontalement, et communs à toutes les larves, qui semblent correspondre aux appendices caudaux des Isopodes, disparaissent complètement dans la suite , ainsi que les yeux agrégés des individus femelles. On peut donc dire avec raison que cet animal parasite subit une métamorphose considérable.
Le feuillet muqueux de la membrane proligère représente, comme chez les Amphipodes et les Isopodes, un utricule parfaitement simple^ qui renferme le jaune entier. Mais son développement ultérieur a lieu d'une tout autre manière que chez les Crustacés ; en effet, tout porte à croire que , comme chez les Scorpions, il s'y produit, de chaque côté, plusieurs
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échancrures perpendiculaires et profondes, et qu'il se sc^pare en un canal intestinal ei en sept paires de foies en grappes de raisin , qui tiennent latéralement à ce ^^anal.
Tous les individus provenant d'une même mère ne diffèrent pas sensiblement les uns des autres pour la forme et la taille, ce qui a lieu aussi chez les autres Crustacés ; mais , dans la suite, ils changent tellement, sons ce double rapport, qu'au premier abord les individus mâles et femelles semblent ne point appartenir à la même espèce. La femelle perd non seulement les yeux , mais encore toute symétrie -, le mâle , au contraire, demeure parfaitement symétrique, mais aussi estil cinq ft)is au moins plus petit.
D'autres Crustacés encore de Tordre des Isopodes, qui manquent d'yeux à l'étal parfait, possèdent également ces organes dans les premiers temps de leur vie. Telles sont , en particulier, les Cjmothoa , d'après Milne Edwards.
D. Daphnides.
§ 386. Chez les Crustacés des genres Dnphnia et Lynccus^ la membrane proligère, dont la portion formée en premier lieu devient la paroi ventrale du corps , produit de bonne heure un sac ovale, qui enveloppe de près le jaune, mais n'envoie jamais de pli dans son intérieur. De chacune des deux extrémités du feuillet externe ou séreux de ce sac s'élève un prolongement plein , dont l'un devient le bec , et l'autre la queue. Parmi les membres , ceux de devant paraissent les premiers, d'après une règle qui est générale parmi les Crustacés. Ces membres sont les principaux organes natatoires ; ils se ramifient plusieurs fois chez les Daphnides, et portent le nom d'antennes. Après eux paraissent les autres membres ou les pattes branchiales, qui , de même que les précédentes, ont primordialement la forme de prolongemens simples.
Le grand bouclier dorsal , qui ressemble aux deux battans d'une coquille bivalve , doit naissance à ce que , comme chez les Décapodes, la paroi du ventre, ou la couche séreuse, produit de chaque côté , à quelque distance au dessus des membres , un long pli dirigé de dedans en dehors et de haut en
bas, et à ce que ces deux plis se développent considérablement tant en largeur qu'en longueur.
Les yeux sont doubles , comme chez d'autres Crustacés : ils ont la même situation et la même configuration que ceux des Ainpliipodes et des Isopodes , sont cependant plus écartés l'un de l'antre dans les commencemens , et se confondent complètement ensemble , par les progrès de l'accroissement, de manière qu'ils finissent par ne plus constituer qu'en seul œil agrégé.
Le sac que le feuillet muqueux de la membrane proligère représente, et qui est primordialement rempli en entier par le jaune , s'allonge et devient plus mince d'une manière relative, à mesure que ce dernier diminue, de sorte qu'il se métamorphose tout entier en canal intestinal, sans produire aucune excroissance spéciale qui soit destinée à recevoir une partie de la substance vitelline. Ce qu'il y a de remarquable , c'est que l'anus se développe au côté dorsal de l'abdomen.
Le fruit se développe, renfermé dans ses membranes d'œuf, entre le test et le dos de In mère , et vient au monde vivant. Lorsqu'il naît , il possède déjà tous les organes externes (jui caractérisent son espèce : par conséquent , il n'y a plus d'organe appartenant au feuillet séreux qui doive se développer plus tard; mais, d'un autre côté âussi, aucun de ceux qui déjà existent en lui ne disparaît dans la suite , ni n'éprouve de ch;ingemens essentiels , soit dans sa configuration , soit dans ses fonctions.
E. Branchiopodes.
§ 387. D'après les observations de Prévost (1) , le Branchiopus paludosus, ou Chirocéphale, sort de l'œuf très-incomplètement développé. La tête est presque aussi grosse que le reste du corps, représentant encore à cette époque un ovale peu allongé , mais elle est séparée de ce dernier par un faible sillon annulaire , tout comme le corps lui-même est divisé, par un autre sillon analogue, en deux moitiés d'inégales dimensions. En outre , il n'a qu'un œil simple, et, en fait d'ex-
(1) Jarinc, Histoire des Monocles , p. 215.
trémités , ne possède que deux antennes et deux paires de grandes nageoires, unies avec le côté inférieur de la portion céphalique , qui se composent d'une multitude. d'articles, se terminent en soies raides , et se meuvent comme des ailes. Peu à peu ensuite le tronc augmente considérablement de longueur, acquiert une prédominance de plus en plus marquée sur la portion céphalique, et prend presque la forme d'un cône fort allongé. Sur les côtés de la tête il se fwme deux gros yeux pétiolés et composés. Après la première mue , paraissent, sous l'aspect de bourgeons, les deux paires antérieures de pattes , qui sont cependant encore immobiles. Après la troisième mue , l'animal a neuf paires de pattes , et l'accroissement du nombre de ces membres continue ainsi d'avant en arrière. D'un autre côté, la lèvre inférieure énormément grande du nouveau-né va toujours en se raccourcissant d'une manière relative.
Il n'est point encore possible de dire quels sont positivement les changemens que subissent les deux paires de nageoires , et ce qu'elles deviennent en dernière analyse. Prévost prétend bien que la paire postérieure disparaît, et que l'antérieure se transforme en ce qu'on appelle les mains du mâle ou les cornes de la femelle. Cependant on peut objecter que ces mains et ces cornes s'insèrent à la portion céphalique an- - lérieure, au devant des deux paires d'yeux. , tandis que les deux nageoires sont situées , derrière ces yeux , à la partie postérieure delà tête. Je serais plutôt tenté de croire que les nageoires antérieures, c'est-à-dire les plus grandes, disparaissent entièrement, et que les postérieures se transforment en appendices (palpes?) des mandibules.
F. Cyclopides.
§ 388. Dans les œufs aussi de ces animaux , comme peutêtre dans tous ceux d'Entomostracés, la membrane proligère forme d'abord un sac ovale , qui enveloppe complètement le jaune, et qui n'envoie jamais de pli dans son intérieur. De même que dans les œufs des Daphnides, le feuillet muqueux se transforme tout entier en canal intestinal , de sorte que ,
chez Tes Cyolopides aussi , le jaune est enveloppé immédiatement et exclusivement par ce qui doit devenir un jour le tube intestinal. Les yeux se produisent déjà chez l'embryon, et sont doubles dans le principe ; mais plus tard ils se confondent entièrement ensemble. L'embryon quitte l'œuf dans un état de développement fort incomplet : il se montre alors presque sous la forme d'un ovale coupé en deux dans le sens de sa longueur, qui ne laisse apercevoir nulle part de division en ceintures, et au côté aplati duquel sont fixées trois paires de membres, d'une médiocre longueur, représentant tous des espèces de bâtons , dont quelques uns sont parfaitement simples, tandis que les autres se partagent en deux branches ou bras, mais qui tous servent à la larve pour se mouvoir dans l'eau. Entre les insertions de ces membres, sur la ligne médiane, se trouve l'orifice buccal ; l'anus, au contraire, est situé à l'extrémité amincie de la larve. Par les progrès du développement, la portion du corps qui est située derrière les mem.bresdont je viens de donner la description, et qui constitue la plus petite moitié du corps entier, augmente considérablement de longueur et d'épaisseur, de telle sorte qu'elle acquiert peu à peu la prééminence, eu égard au volume ; dans le même temps, elle se partage en plusieurs ceintures situées à la suite les unes des autres, et il se développe, à son côté inférieur et aplati, plusieurs paires de membres, les pattes natatoires, organes qui vraisemblablement remplissent aussi les fonctions de branchies. D'un autre côté , les trois paires de membres primordialement existantes prennent d'autres formes, et servent ensuite à des fonctions toutes différentes de la locomotion ; en effet , les deux antérieures se métamorphosent en antennes, et la postérieure en serrés ou maxilles. Mais , entre la paire postérieure et la médiane , il se développe encore quatre petits membres, tous relatifs à l'assimilation des substances alimentaires, savoir, les mandibules et la paire antérieure des maxilles.
Aucun des organes que l'embryon apporte au monde , en sortant de l'œuf, ne se perd.
D'après les recherches de Nordmann, les animaux qui appartiennent au Qenre Enjasilus^ et qui sont tous parasites, ont
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une très-grande analogie avec les Cyclopes, sous le rapport tant de leur première formation que de leur déveloupement ultérieur. La difl'érence tient principalement à ce que, des trois paires de membres qu'on observe chez l'embryon, à l'époque où il quitte l'œuf, et qui ont le même aspect que les organes locomoteurs des Cyclopes nouvellement nés, l'antérieure seule , à ce qu'on peut conjecturer, se transforme en antennes, tandis que la médiane devient des serres, et que la postérieure disparaît totalement. Il y aurait encore à remarquer qu'il ne croît plus ensuite d'organes manducateurs semblables à ceux qu'on rencontre chez les Cyclopes.
G. Lernéades.
§ 388*. D'après des observations que j'ai recueillies sur la Lernœopoda stellata, la formation de ces animaux , dans l'intérieur de l'œuf, s'accomplit de la même manière que celle des Cyclopes ; mais les recherches faites par Nordmann sur Y Achteres , la Lernœocera et le Tracheliastes , annoncent que les larves de ces animaux ont, avant de quitter l'œuf, une grande analogie avec des Cyclopes nouvellement nés , tant sous le rapport de la forme de leur corps, que sous celui de la configuration , des dimensions et de l'insertion des organes locomoteurs, dont il existe d'ailleurs trois paires dans quelques espèces , tandis que d'autres n'en ont pas plus de deux. Ces animaux se ressemblent aussi en ce que la moitié postérieure de leur corps, qui est plus petite que l'antérieure, auj^;mente bien plus de volume que celle-ci, qu'elle se segmente en plusieurs ceintures placées les unes derrière les autres , et iqu'à son côté inférieur ou ventral poussent plusieurs paires de pattes natatoires foliacées et ciliées. Mais les Crustacés en question diffèrent beaucoup des Cyclopes sous d'autres rapports. Si la larve nouvellement née ne possède que deux paires de membres, ces membres se transforment en serres, dont il naît encore une autre paire , indépendamment d'une paire d'antennes ; mais si elle a trois paires de membres, tout porte à croire que l'antérieure se métamorphose en aniennes, la seconde et la troisième en serres, pendant qu'il se développe lone nouvelle paire de ces dernières , la plus posiérieure de
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toutes. Plus tard, les pattes natatoires derabdomen disparaissent, généralement parlant; car il est rare qu'on en voie encore des débris chez le sexe masculin , ce qui jst le cas par exemple des Crustacés du genre Chondracanthus. Les yeux s'eilacent également jusqu'à la dernière trace. Mais un des phénomènes les plus singuliers , qui nous est offert par un grand nombre de Lernées, c'est que , chez le sexe féminin , les deux serres de la paire moyenne, ou de la seconde paire, se soudent plus ou moins ensemble.
H. Cirrhîpèdes.
§ 388**. D'après les belles descriptions et figures que Burmeister a données de ces animaux (1), la membrane proHgère, dans l'œuf des Lepas, après s'être close, est tendue de toutes parts sur le jaune, et l'utricule représenté par elle a un axe parfaitement droit. Le jeune animal, après avoir percé le chorion, a, pour organes ressemblant à des membres, une paire d'antennes et trois paires de pattes pourvues de longues soies : il se sert de ses pattes pour nager, et de ses antennes pour saisir et fixer les corps. Peu à peu , derrière les pattes déjà existantes, il en pousse encore trois paires, qui ressemblent beaucoup aux premières. Mais on n'aperçoit de division en ceintures que dans le court appendice caudiforme qui termine le tronc en arrière. Les organes manducateurs (maxilles et mandibules ) se forment au dedans d'un court prolongement infundibuliforme de la paroi ventrale, et l'on n'a point encore pu découvrir jusqu'à présent s'ils paraissent avant ou seulement après les organes locomoteurs.
Du côté dorsal descendent , dans toute la longueur de la larve , deux replis cutanés , par lesquels toutes les autres parties ne tardent point à être complètement enveloppées. Ainsi , sous le point de vue du premier développement de leurs appendices en forme de membres (antennes et pattes) ,
(1) Beifrœge zur naturgeschicTite der Bankenfusser ( Cirrhipedia ) , Berlin, 1834, ia-i", fig. — Voyez aussi G.-J. Martin b'aint-Ange, Mémoire sur l'organisation des Ciiriiipùdes et sur leurs rappoits mutuels avec les animaux articulés, Taris, 3835, in-i», fig.
soit qu'on les considère dans leur configuration, soit qu'on ait égard à l'époque de leur apparition , les Lepas ont la plus grande analogie avec les Cyclopides; mais, pour ce qui concerne le développement de leur enveloppe , ils se rapprochent des Daphnides , principalement de ceux des genres Cypris etCytherea. Mai* ces analogies ne tardent pas à s'efl'acer, attendu que , dans le cours ultérieur de son développement, la jeune Lepas suit un type dont on ne trouve le semblable nulle part. La partie la plus antérieure des deux valves qui constituent l'enveloppe extérieure du corps, ou le manteau, s'allonge en une saillie; celle-ci s'attache, d'une manière inconnue (peut-être à l'aide d'unsuc visqueux, produitdequelque sécrétion) , au corps sur lequel la larve a été déposée , et se développe ensuite en un épais pédoncule plus ou moins long, demeurant toujours mou et flexible , pendant que le reste du manteau se calcarifie et devient semblable à une coquille de Mollusque. En même temps, l'animal perd les antennes et les yeux qu'on avait commencé de très-bonne heure à apercevoir. Les anciens organes locomoteurs se dépouillent aussi de leurs soies, comme chez les Lernéides , et ces organes prennent la forme bien connue de cirrhes bifurquées et composées d'un grand nombre d'anneaux. Les branchies paraissent ne se produire que fort tard. La queue s'allonge considérablement, et prend l'aspect d'un appendice conique etmulti-articulé. L'anus se développe , comme chez les Daphnides , au côté dorsal de l'animal , tout-à-fait au commencement de la queue.
Si l'on compare le corps de l'animal parfait avec celui de la jeune larve , on trouve entre eux une différence très-grande^ qui consiste en ce que la portion antérieure ou céphalique surpasse le reste chez la larve , tandis qu'elle a un volume bien inférieur chez l'animal parfait. C'est cependant là un phénomène que nous offrent aussi les Lernéides et les Cyclopides, et qu'on retrouve peut-être chez tous les autres Crustacés, à un degré moins prononcé, il est vrai.