‹ Traité physiologie considérée comme science d'observationChapitre 42 sur 78 · PREMIÈRE SÉRIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SÉRIE

Vu développement de la confijurution extérieure.

§ 417. La configuralion en général se prête aux considéralions suivantes :

1° Chez les végétaux, comme chez les animaux, elle commence par la formation d'une masse molle , et qui , eu égard à la consistance , tient le milieu entre les solides et les liquides. Cette masse est grisâtre , blanchâtre, ou presque sans couleur , et translucide ; le microscope démontre qu'elle se compose de globules , ou de petites masses irrégulières, et d'un liquide légèrement épais. On l'appelle gelée ou mucus; mais ces dénominations , qui n'ont trait qu'à la consistance , peuvent entraîner des erreurs sous le point de vue chimique. Celles de tissu cellulaire , tissu muqaeux , tissu plastique, paraissent inconvenantes , parce qu'il n'y a point encore de véritable texture. Enfin celle de substance animale exprime une idée trop restreinte , et celle de substance primordiale une idée trop étendue. Nous adopterons donc pour cette masse le nom de masse organique primordiale , OU de blastème. Le liquide semble en être la partie à proprement parler primitive ; car les granulations s'y multiplient peu à peu, jusqu'à ce qu'enfin on voie apparaître une configuration organique.

2» Le nouveau corps organique se développe ou d'une spore ou d'un œuf. Dans le premier cas, il procède immédiatement de la masse organique primordiale , car la spore elle-même provient d'une granulation ou de plusieurs granulations. Dans le second cas, la formation de l'embryon est accomplie par une partie membraniformè , la membrane proligère (§342), qui elle-même provient de la masse organique primordiale, l'embryon provient de la masse proligère , dont il est une métamorphose , qui s'accompagne d'un dépôt de la masse organique primordiale contenue djns l'embryotrophe. (Ainsi, dans l'œuf de Poule couvé, on reconnaît , pendant la première période ( § 398, \2° ), que l'embryon lui-même ne tient pas uniquement à la membrane proligère, mais qu'il fait en réalité corps avec elle, qu'aucune ligne de démarcation n'existe entre

372 diWeloppement ni; la. conI'Icuha.tion. elle et lui , cl qu'il n'est qu'une simple niodificalion particulière d'un point de cette membrane, une pullulalion isolée de sa surface. Cet état de choses persiste pendant tout le développement dans l'œuf, à cela près seulement que la partie isolée à laquelle nous donnons le nom d'embryon , et qui d'abord se réduisait presque à rien, ne tarde pas à jouer le rôle le plus important , et à acquérir une prédominance bien marquée sur le reste de la membrane proligère ) (1).

Les diflerens organes sont des développemens directs ( 3° ) ou indirects (4°) de la membrane proligère.

3° Les organes qui procèdent directement et primordialement de la membrane proligère représentent l'antagonisme le plus prononcé. En effet, la membrane proligère se partage en deux feuillets qui , par leur développement, produisent, l'un les organes de la vie animale, l'autre ceux de la vie plastique.

Le feuillet qu'on a nommé séreux, à cause de son aspect (§ 418-435), est situé en dehors ; par conséquent il regarde le milieu extérieur , notamment l'air atmosphérique , dans l'incubation extérieure , et le corps maternel , spécialement la matrice , dans l'incubation intérieure. Mais , dans les deux cas, il est exposé à une influence d'un ordre plus élevé, et plus générale. C'est de lui que se développent les systèmes nerveux, musculaire, osseux et cutané extérieur, par conséquent tout l'ensemble de la vie animale.

L'autre , ou le feuillet muqueux ( § 436-439*** ) , est situé en dedans; il se trouve en contact immédiat avec l'embryotrophe primaire , ou le jaune ; par son développement il produit le système des membranes muqueuses , qui est le principal siège de la vie plastique, celui dans lequel les substances du dehors sont admises et assimilées , celui aussi par lequel la substance organique est décom.posée et rejetée à l'extérieur.

4" Cjnformén.ent à ce caractère , le feuillet muqueux absorbe de l'embryotrophe dès l'origine , et le dépose , métamorphosé en masse organique primitive, à sa surface externe. Puis , en cet endroit, ou entre le feuillet muqueux et le feuil-

(J) Addition tic Baov.

DÉVELOPPEMENT DE LA ClONFlGljllATlON.

let séreux , apparaissent les formations indirectes ou secondaires, qui entrent diversement en rapport avec celles de ces deux feuillets, mais représentent, eu égard les unes aux autres , un nouvel antagonisme. En effet , le feuillet vasculaire ( § 440-449 ), qui prend sa racine dans les feuillets muqueux, et qui pousse vers le feuillet séreux, produit, par son développement , le système vasculaire universel , qui se répand dans l'organisme entier, à l'instar du système nerveux, et qui est l'une des conditions des formations intérieures. Le système uro-génital^ au contraire , a une tendance de dedans en dehors , où il se met en connexion immédiatement avec les membranes muqueuses, et, en sa qualité de système partiel, il ne représente que le côté égestif de ces membranes , mais à une plus haute puissance , puisqu'il dépose au dehors la matière, soit désorganisée , soit susceptible d'une organisation et d'une vitalité particulière , qui est devenue la plus étrangère à la vie individuelle.

Aux divers degrés du règne animal, on découvre des différences essentielles suivant que la membrane proligère se métamorphose tout entière en embryon, ou qu'elle ne le fait qu'en partie , l'autre portion venant alors à périr.

o" Chez les animaux invertébrés et les Batraciens, la membrane proligère est presque partout une formation purement persistante ; car elle se métamorphose en embryon d'une manière complète et dans toute son étendue. Nous avons donc ici un degré de formation qui vient immédiatement après les spores.

60 Entre cette formation et la suivante, les Poissons nous eu présentent une intermédiaire, qui consiste en ce qu'il apparaît, chez ces animaux, une partie transitoire ou périssable du feuillet muqueux, la vésicule ombilicale, qui s'efface pendant l;.v vie embryonnaire.

7» Chez les Reptiles supérieurs, les Oiseaux et les Mammifères, une partie de toutes les couches de la membrane proligère se trouve en excès, et n'entre point dans l'organisation permanente de l'embryon. Ici, en effet, la formation de l'embryon, comme expression d'un plus haut degré de vitalité, est restreinte à la partie germinative , qui constitue le centre de la membrîipe

Page 1