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d'engrais prélevé par les fourrages dans l’atmosphère et accumulé dans le sol est utilisé au moyen des récoltes qui succèdent aux prairies, et cette succession est rapide puisque la prairie artificielle n’occupe le sol que pendant un petit nombre d’années. Dans la prairie naturelle, au contraire, cette accumulation d’éléments de fertilité reste improductive sous un gazon dont ia durée est ‘limitée.
D'un autre côté, si les prairies naturelles donnent moins de fourrage, elles exigent un capitrl d’exploitation bien moins élevé. Une fois formées, d’ailleurs, elles donnent un produit annuel plus régulier, plus facilement calculable, qui permet, par conséquent, d’assecir la spéculation sur une base à peu près certaine. ù
A part ces: considérations, on doit transformer en prairies naturelles, à l'exclusion de toute culture annuelle, les terrains placés dans les conditions suivantes, quelles que soient d’ailleurs les circonstances locales, hormis toutefois qu’on ne préfère les consacrer au pâturage.
1° Les surfaces à pente rapide, où la culture est difficile, peu productive, et dont la terre, ameublie par les labours, est facilement entraînée vers les parties plus basses ;
2° les terrains exposés anx inondations périodiques, surtout ceux qui avoisinent les fleuves et les rivières. Ces terrains, s'ils n’étaient recouverts d’une couche de gazon, seraient ravinés, mangés par l’eau, comme disent nos cultivateurs ; leurs récoltes souvent compromises par l’eau. Et d’ailleurs, annuellement engraissés par le limon des eaux, ces terrains donnent en foin un produit souvent supérieur à celui que l’on pourrait espérer obtenir de prairies artificielles créées dans les mêmes terrains ;
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3° les sols bas, humides, que l’on n’a pu suffisam-. ment égoutter pour que les récoltes annuelles puissent s’y développer convenablement ;
4 enfin, certaius terrains qui par leur composition élémentaire et la fraicheur modérée qui y règne, même en été, donnent un fourrage qui dépasse en quantité et en qualité, celui des meilleures prairies artificielles.
Les prairies naturelles, avons-nous dit, ont une durée illimitCe ; mais il faut, pour cela, qu’elles soient établies et entretenues avec soin, purgées de mauvaises herbes et suffisamment fumées.
Ces conditions observées, les prairies naturelles, en vieillissant, ne font que s'attacher davantage au sol, car, la couche superficielle devenant de plus en plus fertile, le gazon acquiert la propriété de résister plus facilement aux causes de destruction.
Il n’y a donc pas nécessité de rompre ces prairies pour les rétablir de nouveau après un certain temps, comme cela doit avoir lieu pour les prairies artificielles.
Cependant, dans diverses circonstances, il peut devenir avantageux de rompre de temps en temps les prairies naturelles.
En effet, les principes fertilisants, accumulés dans le sol, finissent par former un capital d'engrais dont l'intérêt n’est plus suffisamment payé par l’herbe qu’il fait croître. Le meilleur moyen d'’utiliser cet engrais, c’est de le consacrer à la production d’un certain nombre de récoltes annuelles.
C’est alors le temps de rompre les prairies.
Mais quand arrive cette époque ? Il est assez difficile de la préciser, parce :que l’accumulation de l’engrais dont nous venons de parler est loin de se faire avec la même rapidité dans toutes les prairies. Il faut aussi faire la part des circonstances, qui ne sont pas toujours
les mêmes. Enfin il en dépend de la fertilité naturelle du so], de l’abondance des engrais qu’on y répand, de la nature des espèces de plantes qui y croissent,
En somme, on peut dire, prenant en considération toutes ces circonstances, que cette richesse en principes actifs ne commence guère à se montrer avant la douzième année qui suit la création de la prairie, en supposant aussi que le sol aït été maintenu dans un état moyen de fertilité.
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