IV. La récolte et le rendement
Le blé est, sans contredit, la plus importante des céréales; c’est celle qui, sous le moindre volume, contient le plus de substances nutritives.
Il existe un grand nombre de variétés de blé; nous r’entreprendrons pas de les énumérer. D’ailleurs, elles: se rapportent toutes à deux grandes classes : les blés tendres et les blés durs qu’on distingue encore en second lieu en blés barbus et en blés sans barbes, ou, en troisième lieu, en blés d'automne et en blés du printemps.
I. Quoique le blé s’accommode des climats les plus variés et que sa culture réussisse dans presque toutes les contrées où l’homme a pu s'établir, l’expérience démontre toutefois que c’est dans les climats tempérés qu’il donne ses produits les plus abondants.
Sous notre climat, le blé réussit parfaïtement.
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Si le blé s’accommode bien de la plupart des climats, il est loin de se plaire dans toutes les terres: il viendra plutôt dans une argile excessivement tenace, pourvu qu’elle soit bien travaillée et bien égouttée, que dans un sol trop léger et surtout trop sec. Il supporte assez volontiers un sable humide; il vient bien dans une terre d’alluvion; m‘is là surtout où il prospère et donne ses plus beaux produits, c’est dans une terre franche, modérément calcaire, où l’un des éléments argileux et siliceux ne prédomine pas aux dépens de l’autre.
Le blé a besoin d’une humidité convenable pour faciliter sa nutrition et la formation de l’épi; mais il demande aussi que le sol lui fournisse les éléments minéraux qui entrent dans la composition de ses organes.
il. La culture du blé réussit mieux après certaines récoltes qu'après d’autres; il convient donc de lui trouver dans la rotation des cultures la place qui lui permettra de donner une plus abondante récolte.
Les mauvaises herbes sont toujours favorisées dans leur croissance par la culture des céréales en général et par celle du blé en particulier.
On he devra donc pas cultiver le blé sur un champ qui vient de donner une autre céréale, parce qu’alors son produit sera considérablement diminué par les plantes nuisibles qui pousseront d'autant plus en abondance que leurs racines se seront développées dans la récolte précédente.
Pour la même raison, le blé ne devra pas se succéder à lui-même. On évite aussi de semer le blé sur un champ récemment fumé, parce que le fumier apporte à la terre une trop grande quantité de mauvaises graines dont le développement est ensuite favorisé par la culture du blé.
Le blé réussit très bien après une récolte sarclée ; la terre est alors bien ameublie et surtout complètement purgée per les binages des mauvaises herbes que la fumure du sol y a fait croître.
Le blé réussit encore après la culture des légumineuses fumées et coupées en vert. Enfin, on sème le blé sur jachère, c’est-à-dire, sur une surface qui a été privée de récolte pendant uneannéeet qui a reçu pendant ce temps de nombreuses façons destinées à ameublir profondément le sol tout en le purgeant des mauvaises herbes.
III.—1° Quant à l& préparation du sol pour la culture, il est facile de comprendre que les terres légères n’exigent ni les mêmes façons ni en aussi grand nombre que les terres fortes.
Tout dépend donc de la nature du sol, de ses qualités et de l’assolement adopté.
Une terre meuble et riche, voilà ce qu’il faut au blé: des engrais et des labours, voilà donc la condition du succès.
Il faut ici agir avec discernement, donner les engrais à la récolte qui précède, autant que cela se peut et n’ameublir le sol qu’à un degré convenable.
Des labours trop nombreux seraient nuisibles dans une terre légère ; elle serait trop ameublie et les tiges de la plante reposeraient sur un sol trop mouvant.
Un sol meuble à la profondeur de sept à neuf pouces est celui qui convient le mieux.
Un bon labour d’automne réussit bien à préparer la terre; les gelées l’ameublissent parfaitement et les couches inférieures ont le temps de s’affermir avant l’ensemencement de la surface. Au printemps, on donne un coup de scarificateur ou un hersage énergique. | 2° Pour connaître les engrais et les amendements
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qui agissent le plus efficacement sur la production du blé, il faut, ou procéder par tâtonnements, essayant tantôt telle substance, tantôt telle autre, jusqu’à ce qu’une expérience quelquefois coûteuse nous donne la solution du problème, ou connaître immédiatement la composition du sol d’un côté, et de l’autre, celle du blé, afin d'établir nettement quels sont les amendements nécessaires, les engrais les plus propres à la production de cette céréale.
Voici la proportion des substances minérales qui entrent dans la composition du blé.
L'analyse est supposée avoir été faite sur 1,000 parties de cendres.
Nous l’empruntons de Johnston.
GRAINE. PAILLE
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Si maintenant nous examinons le blé au point de vue de sa composition générale, nous lui trouverons -les principes immédiats suivants et dans la proportion indiquée :