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L'époque de la récuite dépend nécessairement du produit que l’on veut en obtenir.
La maturité du lin s'annonce par le changement de couleur de la tige, la chute d’une partie des feuilles et l'ouverture d’une partie des capsules.
Alors, si l’on veut récolter le lin pour sa graine, la grossour et la pesanteur étant les qualités qui la feront surtout apprécier, on doit ne faire la récolte que lorsque la moitié des capsules, étant entièrement mûres, commencent déjà à s’entr'ouvrir.
Si c’est uniquement pour la filasse que l’on cultive cette plante, on la récolte dès que les feuilles commencent à jaunir sur la tige et que les dernières fleurs ont disparu. |
Si l’on veut obtenir la graine et la filasse, on arrache le lin quand la graine commence à brunir et la tige à jaunir vers les deux tiers de sa hauteur.
Le lin ne se coupe pas ; on l’arrache.
On en forme de grosses poignées, qu’on lie d’un seul lien placé près de la tête et l’on dresse ces poignées debout en les écartant par le pied de manière à en faire de longues files disposées en toit dont le faîte est constitué par les capsules.
On peut aussi, sans employer aucun lien, appuyer les tiges contre une per.he soutenue par deux piquets, à une hauteur de dix-huit pouces du sol.
On laisse le lin huit à dix jours en cet état.
Cette première opération qui suit l’arrachage porte le nom de fanage : elle a pour but d’obtenir la dessiccation de la graine qu’en bonne culture on doit séparer de la ‘plante avant d'appliquer à cette dernière les procédés ultérieurs destinés à détacher les fibres du végétal.
Cette séparation de la graine porte le nom d’égrenage.
Cette opération se fait en battant les têtes sur un billot, ou encore à l’aide d’un maillet de bois avec lequel on frappe d’une main es têtes que l’on tient de l’autre sur un billot.
On fait aussi usage d’une drège qui se compose d’un peigne à dents de fer longues de 15 à 18 pouces, monté sur le milieu d’un banc. Deux ouvriers se mettent à cheval sur le banc, et en engageant les têtes des poignées entre les dents du peigne, puis en tirant les bottes vers eux, ils en détachent la graine qui tombe sur une toile placée au-dessous du banc.
L'opération marche ainsi très rapidement.
Lorsque la graine de lin est séparée de sa tige on l’étend, si le temps est sec, sur des draps au soleil, pour qu’elle puisse achever sa dessiccation. Si le temps est humide, on met les capsules à l'abri ; on les étend alors sur l'aire (la batterie) d’une grange, en une couche mince et uniforme, ayant soin de laisser ouvertes les portes du local, afin qu’il s’y établisse un courant d'air.
On ne doit pas opérer la dessiccation de la graine à l'aide d’une chaleur artificielle, si l’on ne veut pas s’exposer à obtenir une graine ridée, peu riche en substances nutritives.
Lorsque la graine est sèche, on la bat et on la passe au tarare (crible), qui la nettoie.
Après la séparation de la graine on procède à l’extraction de la filasse.
Il y a dans le lin une matière gommeuse, résineuse en même temps, qui tient unis les filaments de l’écorce et qui s’oppose à leur séparation.
On détruit cette adhérence des filaments en fiinant disparaître cette substance gommeuse.
La fermentation décompose cette dernière.
On obtient la fermentation voulue:
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l'humidité atmosphérique et de la chaleur solaire, et comme c’est à la rosée qu’on demande l’humidité nécessaire, on donne à ce mode de fermentation le nom de rosage ; on l’appelle aussi quelquefois sereinage, rorage ;
20 en plongeant les gerbes de lin dans l’eau pendant un temps suffisamment long pour que la fermentation puisse détruire la gomme-résine. Cette opération est connue sous le nom de rouissuge.
Le premier procédé est moins difficile, mais beaucoup plus lent que le rouissage.
En deux mots, voici son détail :
On étend sur une prairie le lin débarrassé de sa graine; on le retourne lorsque la couche fibreuse du côté inférieur se détache avec facilité. Au bout de deux ou trois semaines, la nouvelle face inférieure’atteint le degré de rouissage convenable, lorsque la tige, froissée entre les doigts, indique que les filaments peuvent se séparer facilement de la substance molle.
On entre alors le lin.
Le rouissage proprement dit est plus expéditif, pour la bonne raison que la fermentation n’est pas interrompue comme dans le rosage.
Dans le rosage, en effet, la dessiccation produite par la chaleur solaire amène vers le milieu du jour une interruption dans la fermentation.
Rien dé semblabie dans le rouissage, puisque la plante plonge continuellement dans l’eau.
La séparation des filaments s'opère donc plus rapide-
Le rouissage se fait dans des espèces d’étangs
appelés rovtoirs. n
Les routoirs sont à eau dormante ou à eau courante, selcn qu’on à à sa disposition une plus ou moins grande quantité d’eau, qu’on possède des sources ou des mares.
La description que nous donne Barral d’un routoir, va nous permettre de juger du coup si ce procédé de rouissage est praticable chez la plupart de nos cultivateurs, qui ne cultivent ordinairement que la quantité de lin nécessaire aux usages de l'exploitation.
Pour faire un routoir à eau dormante, on creuse, non loin d’un cours d’eau, une fosse ayant quatre compartiments quicommuniquent à une rigole alimentaire ; chaque compartiment reçoit l’eau nécessaire au moyen d’une petite écluse. Les parois ainsi que les séparations sont construites en maçonnerie. La capacité la plus convenable d’un routoir doit être de 12 à 18 pieds de large et de 34 à 4 pieds de profondeur.
Le lin y est placé par rangs; on le recouvre de planches’ chargées de quelques pierres, afin qu’il se tienne enfoncé de deux ou trois pouces au-dessous de l’eau.
Au bout de huit à quatorze jours, suivant la nature de eau et l'élévation de la température, le lin est parfaitement roui, ce que l’on constate par le moyen suivant.
Prenant des brins d’épaisseur ordinaire, on en brise l'écorce ou la partie ligneuse en deux endroits, six à huit pouces de chaque côté du milieu du brin; on enlève ensuite l’écorce et si elle s’arrache aisément, en. descendant, sur toute cette longueur, sans briser ou déchirer la fibre et sans qu'aucune partie de la fibre s’y attache, l'indication est suffisante: il est alors temps de retirer le lin de la fosse.
Il reste le rouissage pratiqué par des procédés chimiques et mécaniques.
Le cadre de cet ouvrage ne permet aucune place à la description de ce procédé.
L'opération qui suit le rouissage consiste à briser le lin, pour séparer le brin de l’écorce; cette opération
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est connue sous les noms de brayage, broyage, teillage, maillage ou macquage.
Mais avant de soumettre les tiges du lin à l’action des instruments propres à ces opérations, il faut qu’elles soient parfaitement sèches.
Cette dernière dessiccation de la plante, que la chaleur solaire ne peut donner, s’obtient dans le grandes exploitations à l’aide de fourneaux en pierre et en terre, et 1à où la culture du lin est peu considérable, on utilise à cette fin la chaleur du four après la cuisson du pain.
Le brayage se fait généralement à l’aide d’un instrument bien connu sous le nom de bruye où macoue et qui consiste en un banc divisé par le milieu dans le sens de sa longueur et en une mâchoire qui, mobile de haut en bas autour d’une charnière, vient frapper la poignée de tiges ligneuses placées transversalement.
Après le brayage vient l’écochage.
Ce travail se fait à l’aide d’une pianche verticale, haute de trois ou quatre pieds et dans laquelle est pratiquée aux trois quarts de sa hauteur, une entaille horizontale de 6 à 8 pouces de longueur et de deux ou trois pouces de hauteur.
Saisissant de la maïn gauche une poignée de lin, on la passe dans l’échancrure de la planche de manière que la filasse pende en dehors et, à l’aide d’un large couteau en bois, on frappe sur les tiges.
Cette percussion fait tomber une grande partie des matières étrangères que le brayage avait désagrégées.
Enfin, et c’est la dernière opération, on passe la filasse écochée dans les sérans.
Les sérans sont des peignes de diverses grandeurs dont les dents sont placées en échiquier (damier) sur une table solide.
Le sérançage ou peignage enlève au lin ce qui peut
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encore rester de gomme-résine. Il sert aussi à allonger tous les brins dans le même sens.
La filasse est alors prête à être filée.
Le rendement du lin, comme celui de toute autre plante, varie suivant le sol, le climat, le mode de culture, etc.
2,000 à 4,000 livres de tiges brutes peuvent être considérées en général comme le rendement d’un arpent de lin bien cultivé dans des conditions favorables.
Ce produit peut représenter 360 à 540 livres de filasse en calculant que chaque 100 livres de tiges puisse donner de 12 à 118 livres de filasse, ce qui est un calcul assez exact.
Cultivé pour son fruit, le lin peut donner jusqu’à 84 minots de graine par arpent ; cultivé pour la graine et la filasse, il produit de 2 à 4 minots de graine par arpent.