‹ Traité populaire d'agriculture théorique et pratique [microforme]Chapitre 70 sur 206 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

Végétation.

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Nous avons défini la végétation l’ensemble des fonctions qui constituent la vie de la plante.

C’est cette vie que nous allons étudier.

Nous verrons fonctionner les différents organes que nous venons de passer en revue.

Une force particulière, inconnue, que nous ne pouvons analyser, que nous ne pouvons as même définir, mais dont les merveilleux effets établissent l’existence, va tout mettre en œuvre et présider à l’accroissement du végétal confié au sol.

C’est la force vitale.

1° la graine, la semence de la plante est mise dans la terre; sous les influences de la chaleur, de l’humidité et de l’air, une petite plante s’y forme: c’est la germination ;

20 le végétal tire ses aliments de la terre :— absorption ;

8° ces aliments sont charriés depuis les racines jusqu'aux feuilles : — circulation ;

4° la partie inutile à la nutrition est chassée au Qu dehors : — transpiration ;

eh 5° l'air extérieur agit sur la sève et une partie de cet air se combine avec elle : — reapiration ;

6° la sève changée en nouveaux sucs redescend des

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feuilles aux racines et nourrit toutes les parties de la plante : — assimilation ;

7° la petite quantité de ces sucs qui est inutile à la nutrition en est séparée pour des usages particuliers ou pour être rejetée au dehors : — excrétions.

ARTICLE PREMIER

Germination.

des fonc- On désigne sous le nom de germination cette série de phénomènes par lesquels passe une graïne qui, parvenue à son état de maturité et mise dans des condiaDes que tions favorables, se gonfle, rompt ses enveloppes, et développe l'embryon qu’elle renferme dans son inténe pou- rieur.

9 défi- Pour qu’une graine puisse germer, il lui faut le con- , l’exis- tact de l’eau et de l’air et un certain degré de chaleur. oi) À La présence de l’eau est indispensable à la germination : elle ramollit les enveloppes de la graine, fait gonfler l'embryon et contribue à sa nutrition, soit par elle-même, soit en servant de dissolvant et de véhicule aux autres éléments nutritifs.

L'air agit par l’oxygène qu’il contient : il enlève une portion du carbone à la matière charnue de la graine, et donne naissance à de l'acide carbonique qui est rejeté au dehors. Par cette soustraction de carbone, la fécule, cette matière nutritive, charnue de la plante, devient sucrée, soluble, propre à servir de nourriture

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sée au à la petite plante contenue dans la graine et à laquelle ; on donne le nom de plantule.

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croissant on sens inverse: l’une, la gemmule, tend à so diriger vers la région de l'air et de la lumière ; l’autre, au contraire, suit une direction tout à fait opposée, s'enfonce dans la terre et porte le nom de radicule.

L'eau et l'air seraient inutiles pour la germination, s'ils n'étaient favorisés par un certain degré de chaleur, Si la température est assez froide pour geler l’eau ou assez chaude pour l’évaporer entièrement, la germination devient impossible,

Enfin la terre favorise la germination en fournissant à la jeune plante l’eau, l'air et la chaleur nécesssaires, en la mettant à l'abri de la lumière et en lui servant de support et d'appui.

Dès qu'une graine se trouve dans ces conditions, elle absorbe l'humidité et se gonfle ; ses enveloppes se ramollissent et se rompent. La radicule s’allonge la première et se dirige vers l’intérieur de la terre. La gemmule se redresse, s’allonge aussi, se dirige vers la surface du sol, se montre à l’air libre.

La germination est alors achevée et la petite plante ne s'accroît plus qu’en puisant sa nourriture dans le sol et dans l'air, à l’aide de ses racines et de ses feuilles,

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ARTICLE DEUXIÈME

Nutrition.

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Nous comprenons ici par nutrition, dans son sens le plus général, l’ensemble des phénomènes par lesquels la nourriture est portée à la plante et distribuée dans toutes ses parties.

La nutrition comprendra donc: 1° l’absorption ; 2° la circulation ; 3° la respiration.

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SECTION PREMIÈRE

Absorption.

C'est par les racines qu’elle s'opère. Les spongioles et généralement tous les tissus végétaux jouissent de la propriété d'attirer l’eau avec force; cette propriété est connue sous le nom de succion, du moment qu’elle est mise en activité. Toutes les parties vertes des plantes jouissent de la même faculté, mais c’est surtout dans les racines que cette sorte de succion est la plus considérable. Aussi est-ce la terre qui fournit le plus abondamment à la nourriture de la plante. Cette nourriture, nous l’avons dit plus d’une fois, doit être soluble, dissoute dans cette eau que sucent les spongioles de la racine.

L'absorption est d'autant plus abondante que le liquide environnant est en plus grande quantité et qu'il est plus fluide.

SECTION DEUXIÈME

Circulation.

Une fois introduit dans l’intérieur du végétal, le liquide nourricier, en vertu de la capillarité, monte graduellement de la racine à la tige et, son mouvement ascensionnel continuant, de la tige pénètre dans toutes les parties de la plante.

Ce mouvement porte le nom de circulation et le liquide qui monte ainsi des racines à la tige et aux feuilles a reçu celui de sève.

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170 TRAÎTÉ POPULAIRE D’AGRICULTURE

Parvenue dans les feuilles, la sève subit l'influence de l'air, elle est modifiée dans sa nature, elle se transforme en un nouveau suc nourricier qui redescend des feuilles vers les racines.

Suivant qu'elle se dirige des racines vers les feuilles ou qu’elle revient des feuilles aux racines, la sève prend le nom de sève ascendante ou celui de sève descendante.

La force d’ascension de la sève est considérable; il est cependant des circonstances et des époques où la vitesse et la quantité de la sève diminuent d’une manière sensible.

En général, le froid ralentit son mouvement, tandis que la chaleur l’accélère.

Dans les plantes vivaces, c’est au commencement du printemps, avant la naissance des feuilles, qu’a lieu la première augmentation de la sève ascendante qu’on nomme alors sève du printemps.

La seconde époque où la sève augmente d’une manière très sensible a lieu vers le mois d'août ; on l’appelle la sève d'août.

La sève du printemps correspond à l’époque où les boutons de l’année précédente tendent à se développer, et celle d'août, à l'époque où les boutons de l’année suivante commencent à poindre.

SECTION TROISIÈME

Respiration.

Chez les hommes et les animaux, la respiration se fait en deux temps.

Il y a l'inspiration, par laquelle l’air extérieur pénètre dans les poumons ; puis vient l'expiration, qui chasse

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au dehors, après qu’il a servi à purifier le sang, l’air qu’on avait d’abord inspiré.

Il se passe un phénomène analogue dans la respiration des plantes.

Les parties vertes du végétal, principalement les feuilles, inspirent, pendant le jour, l’acide carbonique de l’air. Dans le parenchyme des feuilles, et sous l’influence de la lumière solaire, cet acide carbonique, aussi bien que celui que renferme la sève, se décompose, se résout en carbone et en oxygène, les deux éléments de sa composition. Le carvone devenu libre dans le suc descendant, est susceptible alors d'être fixé immédiatement dans le végétal ; l'oxygène provenant de la décomposition de l'acide carbonique est expiré par la plante.

Comme on le voit, la respiration dans la plante a non seulement pour effet de purifier la sève, de l’élaborer ; elle apporte de plus au végétal des éléments qui s'ajoutent à sa substance.

Elle concourt donc et directement à la nutrition.

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