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ARTICLE QUATRIÈME

Excrétions.

Elles sont de deux sortes: la transpiration et les excrétions proprement dites.

Le végétal reçoit à l’intérieur des matières venant du dehors ; il en tire tout ce qui peut êtreemployé à sa nature. Il reste alors une certaine partie impropre à cette destination ; c’est cette partie que le végétal rejette en dehors, qu’il excrète.

SECTION PREMIÈRE

Transpiration.

La sève ascendante, en arrivant dans les feuilles du végétal, se trouve en contact presqu’immédiat avec l'air atmosphérique. Elle perd alors, sous forme de vapeur, la plus grande partie de l’eau qui sert de véhicule aux substances nutritives qu’elle contient.

Ce phénomène est connu sous le nom de transpiration.

Lorsque la transpiration est modérée, chaque gouttelette d’eau, arrivant à la surface de la feuille, s’'évapore de suite; la transpiration est alors insensible.

Mais si la quantité de l’eau augmente et si la température de l’atmosphère est peu élevée, l’évaporation ne peut plus avoir lieu subitement : on voit alors le iquide suinter sous forme de gouttes extrêmement petites, qui souvent 8e réunissent plusieurs ensemble, et deviennent d’un volume remarquable. Une quantité d’eau assez notable s’amasse ainsi à la surface des feuilles de chou.

La transpiration est d'autant plus grande que l’atmosphère est plus chaude et plus sèche ; par un temps humide et surtout la nuit, la transpiration est presque nulle.

La nutrition de la plante se fait d'autant mieux que la transpiration est en rapport avec l'absorption; car lorsque l’une de ces deux fonctions se fait avec une force supérieure à celle de l’autre, le végétal languit.

SECTION DEUXIÈME

Excrétions proprement dites.

Ce sont des fluides plus ou moins épais, susceptibles même quelquefois de se solidifier, qu’un grand nombre de végétaux rejettent à l'extérieur par différentes parties.

Leur nature est extrêmement variée.

On peut distinguer trois classes d’excrétions.

1° Les matières dont s’enveloppe la surface du végétal pour sa conservation et sa protection. Ce sont, en général, des matières résineuses, im perméables à l’eau, pouvant empêcher les effets de l’humidité extérieure sur les tissus, et modérer l’évaporation. Telle est cette matière cireuse qui, sous forme d’une poudre blanchâtre, recouvre certaines feuilles, celles du chou par exemple, et certains fruits, comme la prune.

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2° Les matières rejetées au dehors, non commeimpropres à la nutrition, mais uniquement parce qu’elles se trouvent en excès et qu’il s’en est formé plus qu’il ne peut s’en consommer pour les besoins de la plante. Tels sont les divers sucs qui s’échappent de l’écorce des fruits, les résines de l'écorce des sapins et autres arbres verts.

8° Les matières véritablement impropres à la nutrition et rejetées au dehors ; ce sont les seules qui méritent le nom d’excrétions.

Des excrétions de la plante on a déduit une théorie des assolements, c’est-à-dire de la succession des cultures différentes que l’on doit annuellement remplacer l'une par l’autre, si l’on veut tirer du même terrain plusieurs bonnes récoltes successives.

On prétendait que l’excrétion des racines déposait dans le sol des matières qui le viciaient de manière à nuire, dans le même lieu, à la végétation des plantes de la même espèce ou d'espèces différentes, mais qui, d’un autre côté, favorisaient certaines autres espèces.

Nous étudierons cette question importante au chapitre des assolements, dans le second livre de ce traité.

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