‹ Traité populaire d'agriculture théorique et pratique [microforme]Chapitre 93 sur 206 · SEMIS · texte numérisé non relu

SEMIS

Nous allons sous ce titre étudier: 1° le choix des semences ; 2° leur composition ; 3° leur proportion relative ; 4° l’époque de l’ensemencement ; 5° le mode.

a] Choix des semences.—Citons Dubreuil.

“Trois procédés sont employés pour se procurer les semences destinées à la formation des prairies.

“Le premier consiste à semer les balayures des greniers à foin. On ne saurait trop s’élever contre cette pratique vicieuse ; car les foins, étant en général récoltés au moment de la floraison des meilleures espèces qui domiment dans le mélange, il s’ensuit que ces balayures ne renferment pas de graines mûres de ces espèces ; l’on n’a ainsi que les graines des espèces précoces nuisibles ou inutiles. D'ailleurs, quelques bonnes graines y fussent-elles même mêlées, les foins qui ont donné ces graines n’ayant pastoujours été récoltés sur un sol identique à celui que l’on veut engazonner, les espèces qu’elles pourront produire ne seront pas toujours appropriées à la nature de ce terrain.

‘On n’obtiendra donc que de mauvais résultats de cette pratique que nous ne saurions trop conseiller d'abandonner.

‘ Le procédé suivant est préférable. On choisit, dans le voisinage du terrain àerscmencer, une prairie exactement de la même exposition, assise sur un 80l offrant la même composition élémentaire et la même dose d'humidité habituelle, donnantenfin de très bons produits. On recherche dans cette prairie la partie la moins salie par les plantes nuisibles. On laisse le plus grand nombre des plantes arriver à leur maturité complète, puis on fauche et après le fanage on sépare les semences au moyen du battage.

‘* Ces graines toutefois ne sont pas non plus exemptes de reproches. En effet, ce mélange renferme toujours une cvrtaine quantité de graines de plantes nuisibles ou inutiles, surtout si l’on n’a pas fait pratiquer un sarclage au commencement de la végétation; puis, d’un autre côté, il n’est pas possible de faire varier ainsi la proportion des espèces dont on veut augmenter ou diminuer la quantité.

‘Il est donc plus rationnel d’adopter le troisième mode, qui consiste à acheter tout simplement les graines des diverses espèces dont on veut composer la prairie.

‘* Aujourd’hui on trouve dans le commerce les semences de la plus grande partie de ces espèces. Quant au petit nombre de celles qu’on n’y rencontre pas encore, on les récoltera à la main dans les prairies où elles sont les plus abondantes.”

La récolte de graine de mil est des plus faciles. On n’a qu’à choisir et mettre de côté les plus beaux épis qu’on fait passer ensuite et par deux fois dans le cylindre d’un moulin à battre. Par ce moyen on est sûr d’avoir de la graine parfaitement nette. Cultivé pour sa graine, le mil peut en donner jusqu’à 20 minots par arpent.

Pour récolter la graine de trèfle, on procède un peu, différemment. La première récolte de trèfle est fauchée de bonne heure et convertie en foin. On laisse parfaitement mûrir la seconde récolte qui devient très abondante sur un sol propice. Ce trèfle une fois coupé est traité comme le grain ; on le fait passer et par deux fois dans le cylindre du moulin à battre, puis au crible et au moyen de ces opérations on obtient une graine très nette.

b] Composition des semences.—Les différentes plantes fourragères qui peuvent entrer dans la composition

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d’une prairie varient pour ainsi dire à l'infini. Mais il est important de le savoir, chaque plante a des exigences avec lesquelles tout cultivateur doit compter.

C’est ainsi que certains végétaux demandent au sol une dose d'humidité abondante et toujours égale; d’autres, au contraire, se contentent des sols les plus secs ; d’autres, enfin, préfèrent le milieu entre ces deux extrêmes. La dose d'humidité que réclame la culture de certaines plantes fourragères est une de ces exigences qui s'imposent et, à ce point de vue, les plantes qui se trouvent placées dans une situation autre que celle qui leur est naturelle, donnent pendant quelque temps un pauvre rendement, finissent par laisser cette terre qui ne leur est pas propre et cèdent la place à des herbes dont la valeur comme fourrage est souvent nulle.

La composition élémentaire du sol peut aussi influer sur celle des semences. Il y a, en effet, certaines plantes qui ne donnent de forts produits que dans des sols particuliers, d’une composition déterminée. Ces plantes sont, à vrai dire, en petit nombre.

Une condition plus importante, d’une influence marquée sur la quantité et la qualité du fourrage, c’est de choisir, pour le mélange, des graines ayant la même précocité, dont les plantes devront mûrir ensemble, vers la même époque.

Si l’on sème dans une prairie des plantes à végétation rapide avec d’autres dont la végétation est lente, il est facile de comprendre que dans tous les cas, soit que l’on fauche de bonne heure, soit que l’on fauche tard, le rendement subira une perte considérable. En effet, si l’on fauche à l’époque de la floraison des plantes hâtives, les espèces tardives n'étant pas encore assez développées, contenant peu de principes nutritifs, sont coupées dans un temps où la dessiccation diminue encore considérablement leur volume; il y a

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