‹ Traité practique des maladies de la peauChapitre 71 sur 77 · PLANCHE TI · texte numérisé non relu

PLANCHE TI

Fig. 4,9, 3, 4,5.

Cette planche représente trois formes d'eczéma dans les figures 1, 2, 3, 4 et 5. Les figures 1 et 2 se rattachent à l'eczema simplex; celles 3 et 4 à l'eczéma impétigineux, et la 8° à l’eczéma herpétiforme.

La figure 1"° donne le dessin de l’eczéma dans son état aigu, sécrétant la sérosité en abondance, et dans laquelle la peau est piquetée de mille pertuis ponctués d'où suinte Ja sérosité. Ce cachet est reproduit dans une partie de la figure 3 et dans l’eczéma herpétiforme, parce que c'est là l’un des caractères principaux de l’eczéma aigu, qu'il soit simple ou qu’il soit composé. On y voit aussi Ja coloration rouge vif qui accompagne cet état aigu, et que plusieurs dermatologistes ont pris à tort pour le cachet de l'ecsema rubrum. On peut aussi remarquer que la peau est de niveau avec la peau saine, qu'elle ne semble pas notablement tuméfiée; ce qui n'existe plus au même degré pour l'eczéma impétigincux qui commence à se recouvrir de croûtes ou qui en est recouverte. C'est ce que l’on voit dans les figures 4 et 5.

Dans la figure 2, on trouve un tout autre aspect : elle représente la période de décroissance de l'eczéma, c'est-à-dire le moment où cet état piqueté de la peau a disparu, où la sécrétion séreuse a très notablement diminué, pour sc concréter et donner naissance à des lamelles épidermiques très adhérentes à la surface de la peau, lamelles qui cachent toutes les petites ouvertures par où s'opérait la sécrétion séreuse. Ces lamelles sont séparées

entre elles par des lignes anguleuses. Ce ne sont ni des croûtes ni des écailles : ce sont des lamelles dont les bords seuls sont un peu détachés à la circonférence. C'est à l'apparition de ces lamelles que le médecin doit entrer dans la voie des résolutifs.

Fig. 3 et 4.

Si l'on compare les figures 4 et 2 avec celles 3 et 4, on est frappé de l'absence de croûtes dans les deux premières et de l'existence de croûtes plus ou moins épaisses dans les deux autres. C'est que ces croûtes constituent un des principaux caractères de l’eczéma impétigineux ; mais elles diffèrent entre elles suivant que l'eczéma impétigineux est à l'état aigu ou qu'il est à l'état chronique. Dans le premier cas, les croûtes sont jaunes, plus suppurantes; dans le second, elles sont grises, groupées et réunies entre elles parce qu'elles se sont fermées très lentement. Aussi la figure 5 est-elle un petit morceau de la figure d’un enfant qui était recouverte de ces croûtes, ce qui lui donnait un aspect repoussant et ce qui formait une espèce de masque sur sa figure : de là le nom d'impetigo larvalis.

Fig. 5.

Dans cette variété d'eczéma herpétiforme, deux choses doivent frapper l'attention : 1° la forme arrondie de l'affection ; 2° Ja saillie de la circonférence où existe un bourrelet de vésicules par où s'étend la maladie sécrétante. De là le nom d'eczéma herpétiforme que nous lui avons donné.

Fig. 6.

+ Comme dans le cours de l'ouvrage j'ai placé ici le pityriasis rubra en regard des variétés d’eczéma pour en comparer les caracteres différents. La peau est d'an rouge plus ou moins vif dans les deux cas, mais plus vineuse dans le pilyriasis. Elle est lisse, turgescente, sans état ponctué, et il s'en sépare à la surface une série de lames épidermiques qui n’ont presque aucune adhérence, dont les bords sont largement soulevés et détachés, circonstance qui contraste avec la période de décroissance de l’eczéma.

Fig. 7.

Cette figure représente l'herpès type. J'ai choisi la partie antérieure et latérale du cou comme étant la région où on l’observe le plus souvent.

Mais, en parcourant nos planches, on verra qu'il est plusieurs affections qui se ressemblent. C'est qu'en effet ce sont des formes composées participant plus ou moins de la forme simple. Ainsi à côté de l'herpès se trouve, figure 8, un sycosis herpétiforme avec un contour circonscrit ; pl. IV, figure $, un psoriasis herpétiforme ; fig. 6, même planche, le lepra vulgaris qui s’en rapproche; et enfin, pl. V, fig. 5, l’herpès syphilitique. Ce qui frappe tout d'abord dans ces diverses figures, c'est la forme de ces maladies: toutes sont plus ou moins nettement arrondies, circinées; une seule cependant offre un cercle incomplet outre sa disposition ovalaire : c'est l'ichthyose, pl. IV, figure 6; de là un caractère distinctif de l’herpès. La figure 3 de cette même planche représente des cercles parfaitement annu- Jaires recouverts de squames ou d’écailles. Rien de semblable dans l’herpès proprement dit, qui est purement veineux. Ce sont ces écailles ou squames qui rapprochent cette variété d'herpès du psoriasis pour en constituer un herpès psoriasiforme, maladie composée. Quant à l’espèce d’herpès syphilitique que représente la figure 5 de la planche V, il y a là une sorte d'état intermédiaire qui constitue quelque chose d’anormal comme dans toutes les syphilides. Ce ne sont ni des vésicules, ni des squames, ce sont des furfures sombrés, cuivrés, disposés les uns par rapport aux autres en lignes elliptiques, ce qui les différencie de l’herpès proprement dit.

Relativement à ce dernier, pl. I, fig.7, nous ayons cherché à le représenter dans son entier développement. Son centre est dégagé, sa circonférence est parsemée d'une myriade de petites vésicules inappréciables à l'œil nu, qui, par leur agglomération, constituent un bourrelet par lequel l’herpes s'agrandit de plus en plus; et telle est la disposition de cette maladie à suivre des traînées accidentelles d’irritation ou des plicatures naturelles de la peau, que les vésicules de la circonférence sont disposées dans l’une des plaques de manière à subir l’inflexion des dépressions et des saillies formées par l'attache inférieure du muscle sterno-cléido-mastoïdien,

Fig. 8.

La variété d'herpès sycosiforme représentée par cette figure justifie bien par son aspect une maladie profonde qui la rapproche de la mentagre et qui l'éloigne de l'herpès simple. On voit comment dans cette forme la peau est complétement atteinte. Les poils sont tombés; au centre de l'affection s’est formée une cicatrice, mais la circonférence vésiculo-pustuleuse dans sa nature, comme tout cercle d'herpès, progresse peu à peu, lentement, mais elle progresse. De là ce qui nous a conduit à rattacher la forme circinée au mot herpès (epmuuv, ramper) qui lui donne une signification nette et précise qu'il n'avait pas.

7130 EXPLICATION DES PLANCARS.

Fig. 9 et 140.

Les figures 9 et 10 représentent deux maladies voisines que j'ai rangées dans les affections des genres vésicules et dans les bulles. Le type de la bulle dans la figure 10 représente un pemphigus de petite dimension, c’est-à-dire plusieurs ampoules ou phlyctènes remplies de sérosité, et dont le volume peut, dans quelques cas, égaier celui d'un œuf, comme aussi descendre à celui d'un grain de millet; mais c'est Ià une exception, etjamais il n'existe d'aussi petites bulles sans coïncider avec de grosses bulles. Or, deux malsdies sont intermédiaires à cette affection si spéciale dans laquelle les bulles ou les vésicules sont énormes, et aux autres maladies de peau à très petites vésicules, comme l'eczéma et l’herpès : c'est, d’une part, le zona représenté figure 9, et l'herpès phlycténoïde, dont nous n'avons pas donné de dessin, parce que les vésicules sont du volume de celles du zona et qu'elles lui ressemblent, à part la disposition confuse des vésicules, quoiqu'elles se trouvent groupées dans un espace assez limité. On remarquera, en effet, que dans le zona, si la maladie forme une sorte de ceinture oblique, ce sont des groupes successifs de vésicules séparés entre eux qui la constituent. (On a donné une mauvaise situation aux petits fragments du zona; le carré devrait être placé dans un sens tel que le zona ft vu horisontalement.)

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