EXPÉRIENCE CXXVI
Laissez tomber une goutte d'une dissolution de chlorure de mercure dans de l'eau distillée, contenue dans un tube éprouvette ; et ajoutez , ensuite , au mélange , une goutte de sous'hydro-chlorate d'étain : il se produira à l'instant un précipité d'un beau brun foncé.
Le sous-hydro-chlorate d'étain a une forte tendance pour se combiner à une plus grande proportion d'oxigène ; il est, par conséquent, nécessaire de le conserver dans un flacon bien bouché.
XXXYIII. AMMONIAQUE tIQUIDE.
On emploie principalement l'ammoniaque caustique , ou ammoniaque liquide, dans les expériences ana* lytiques, pour découvrir la présence du cuivre et du
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nîcLel 9 parce qu'étant ajouté en excès aux dissolutions de ces métaux , il les colore en un bleu saphir clair.
Pour reconnaître auquel des deux métaux celte couleur est due, il suffît de saturer en excès la dissolution ammoniacale avec de Tacide sulfurique ou nitrique, et , d*y plonger alors un morceau , ou barrea^, de zinc ; ce métal précipitera le cuivre, si c'est au cuivre que la couleur est due; mais, avec le nickel, il ne produit aucun effet. Il se dépose assez* souvent , à la vérité, un précipité de couleur sombre, d'une dissolution de nickel commun ; mais ce précipité consiste , pour Ih plus grande partie, en arsenic et en fer, métaux, qui accompagnent toujours , en grande quantité , le nickel , purifié par le procédé ordinaire; et lorsque tout Tarsenic , qui peut, être précipité par ce moyen , s'est déposé , la digestion , avec le zinc , ne produit plus le moindre etfet. La dissolution d'oxide de nickel dans l'ammoniaque, est décomposée, suivant M. Phillips, par une addition de soude ou de potasse ; et il présente ce fait, comme offrant un moyen certain de dégager aisément le nickel du cobalt, ce qui, autrement, est trèsdiffîcUe : l'oxide de cobalt, dissous dans l'ammoniaque, est précipité très-lentemeiit et en très-petite quantité par la potasse , tandis que l'oxide de nickel , l'est aussitôt et abondamment. M. Phillips attribue ces décompositions, à ce que les deux alcalis se combinant, l'affînité de l'un ou de l'autre , pour l'oxide métallique, est diminuée.
L'ammoniaque liquide produit, avec le zinc, un précipité blanc , qiii est redissous par le mélange en plus grande quantité de ce réactif. L'ammoniaque liquide
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est d'un nsage bien utile pour l'analyste praticien , en lui fournissant , dans un grand nombre de cas , les moyens de distinguer les composés salins à base de chaux 9 de ceux à base de magnésie; parce qu'il pré<p cipite, en partie , les sels de magnésie , ce qui n'a psts lieu à l'égard des sels de chaux ; au moins 9 ceux-ci ne sont pas précipités lorsqu'il n'y a que présence de chaux seulement. Ce mode d'essai exige cependant certaines précautions; car, quoique la magnésie ne puisse être précipitée entièrement d^aucune de ses dissolutions par l'ammoniaque, cependant , s'il y a présence d'alumine, la précipitation est complète. C'est ainsi , que M. Chenevix trouva , qu'en ajoutant un excès d'ammoniaque à une dissolution d'hydro-chlorate de magnésie, mêlée avec une grande proportion d'hydro-chlorate d'alumine* il ne restait autre chose, dans la dissolution, que de l'hydro-chlorate d'ammoniaque : les deux terres furent précipitées en combinaison , et l'afiGinité de l'alu* nûne pour la magnésie , avait tellement aidé la décomposition, qu'elle l'avait rendue complète ; cette affi* nité entre les deux terres, était même suffisante, pour résistei* à l'action que la potasse est capable d'exercer sur l'alumine. Et, de plus; si , dans l'examen d'un li<quide, d'une eau minérale, par exemple, contenant de l'acide carbonique , soit libre , soit combiné avec la magnésie , on emploie l'ammoniaque liquide , il prendra à la magnésie une partie de l'excès de l'acide carbonique, et le carbonate d'ammoniaque précipitera alors le carbonate de chaux ; et, s'il y a présence de sels d'alumine , ils seront affectés de la même manière. Il est de la plus grande importance de prendre en con-
sidératîon^ en employant Tammoniaque liquide comme réactif , la propriété remarquable , que cette substance a de former des sels triples avec les terres et oxîdes métalliques 9 ainsi que cela a lieu y lorsque les sulfates de magnésie , de chaux 9 et de fer^ se rencontrent ensemblerDans ces cas , par exemple ^ l'excès d'acide, s'il y en a ^ doit être d'abord neutralisé par l'ammoniaque ; si, alors, on ajoute du succinate d'ammoniaque, le fer, s'il est à un haut degré d'oxidation, se précipitera, et les terres resiéront sans avoir été attaquées. '
On peut encore évaporer à siccité la dissolution , et maintenir ensuite , pendant au moins une heure , le résidu, à la chaleur d'un rouge obscur. On opère, par ce moyen , la décomposition du sulfate de fer; son oxide de fer 'reste ^ et le sulfate de chaux sera rendu insoluble , tandis que le sulfate de magnésie n'a éprouvé aucun changement. En faisant alors digérer la masse dans l'eau , le sulfate de magnésie est dissous.
S'il n'existe , dans le liquide , que des sulfates de fer et de magnésie seulement, le résidu insoluble sera, par conséquent, de l'oxide de fer.
On peut également séparer, l'un de l'autre, les sulfates de chaux et de magnésie , en opérant ainsi qu'il suit : si la quantité de sulfate de magnésie est petite , comparativement à celle du sulfate de chaux, l'ammoniaque liquide, ajoutée à la dissolution, séparera une portion de la magnésie, mais non la totalité; et le sulfate de chaux ne sera pas attaqué^ si l'on a eu la précaution de garder le mélange, pendant quelques heures, dans un flacon hieth bouché , afin d'éviter qu'il absorbe l'acide carbonique de l'atmosphère. Mais , comme il y a plus
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ordinairement lieu à séparer le sulfate de chaux*d*ane plus grande quantité de sulfate de magnésie , on peut tirer un grand avantage du très-peu de solubilité du premier de ces sulfates^ lorsque Tautre se dissout aisément. Il faudrait donc concentrer à un haut degré, par Tévapo ration , le mélange des dissolutions ; et 9 lorsqu'après , quelques heures de reposa le sulfate de chaux se serait , eu plus grande partie , déposé seul , on pourrait le séparer. On évaporerait alors la dissolution à siccité; et, après avoir fortement chauffé le résidu, et l'avoir réduit en poudre , on le mettrait en digestion avec trois ou quatre fois son poids d'eau froide, , qui dissoudra en totalité le sulfate de magnésie, sans attaquer le peu de sulfate de chaux, qui aurait pu être resté après la première opération. On peut faire alors bouillir la dissolution avec du sous- carbonate de potasse , pour décomposer le carbonate de magnésie ; et ce carbonate après avoir été lavé , séché, et exposé à une forte chaleur rouge, sera la magnésie.
On peut se servir aussi de l'ammoniaque liquide , comme d* un réactif très-avantageux, pour séparer Toxide de fer de Toxide de manganèse. Nous sommes redevables de la connaissance de ce fait à M. Hatchett; et voici sa manière d'opérer : dans la dissolution, étendue d'eau, du minéral dans l'acide hydro-chlorique ^ on verse de l'ammoniaque liquide , jusqu'à ce que le mélange rétablisse légèrement la couleur bleue du papier de tournesol rougi par un acide; en le filtrant alors, l'oxidede fer se séparera en restant sur le filtre, et l'oxide de manganèse passera à l'état de dissolution, combiné avec l'acide hydro - chlorique. Pour l'obtenir de celle
CHIAIIQUES. 1?.5
dissolution 9 il suffit de Tévaporer à siccité, et d'exposer ensuite le résidu à une chaleur rouge, pour en chasser rhydro-chlorate d'ammoniaqUe.