‹ Traité practique sur l'usage et le mode d'application des réactifs chimiquesChapitre 62 sur 181 · EXPÉRIENCE XXX · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCE XXX

«On fit dissoudre un deini*grain troy (environ 5centigrainmes) de carbotiate de sonde dans 1 a onces troy » (environ 37? grantmes) d*eau dTstillée, et la liqueur fut

• chauffée à 58*" centigrades; à cette température ^ on y •laissa , pendant une minute , du papier de curcuma.

• Sa'couleur ne fut aucunentient altérée. Cette eau fut » graduellement évaporée à une température quin*ex- •céda jamais 60** centigj^adcs. Pendant cette évaporation, •on trempa 9 à de cà' V intervalles » du papier decùr-

• cuma dans la liquëi^en Vy laissant exaetement cfaa-

• que fois pendant une minute; et, dès que le papier eut /acquis une teinte d*orangé décidé 5 onretitala liqueur •de destuf le feu et on la mesura. On trouva que la

• quantité ne s^en élevait qu'à 9 onces troy (environ 270 •grammes); sa teropératureétait alor^de 5 1* centigrades.

» On chauffa jusqu'à 58"^ centigrade^ , 4 onces (environ 9 1 24 f^^ammes ) d'eau d'Holywelh .A cette température ,

• elle n'affectait pas la couleur du papier de curcuma, •qu'on y laissait pendant une minute. On Continua l'é- •vaporation à une température qui ne s'éleva point au- -dessus de celle de 60* centigrades', et qu'cfn laissa s'a- •baisser peu à peu jusqu'à celle de 5i*, en trem|)ant

• dans la liqueur, comme ci-dessus, à de courts inier- » valles , le papier de curcuma. Lorsqu'on remarqua

• qu'il avait décidément ^ris une teinte rouge, en le lais- •sant pendant une minute dans la liqueur à la tempe-

• rature de 5i* centigrades, on retira la liqueur de

• dessus le feu ; et après l'avoir mesurée , on reconnut

• qu'elle avait exactement perdu les 0,26 de son poids.

3o i>Ei$ hIactifs

»I1 est évident, d*après cette expérience 9 qu'on poM" «vaiiaisément calculer la quantité decarbonatede soude

• dansuQ galton (eonran 4 litres) d'ado d'Holyweli. Ce •résultat est 5,^3 grakis troy ( 3,4^ décigramoies. )

»0n fit dissoudre un demi-grain troy (environ 3centi- » grammes) de soude dans 1 1 onces (341)853 centigramvmes) d'eau distillée, et cette eau fut chauffée à 4^>° cen- «tigrades. J'y plongeai le papier de curcuma; mais je «mesurai la liqueur dès que je m'aperçus delà moindre

«décoloration du papier, après qu]il y eut été laissé pen-

1 dant une minute à la tempéra^ jçi-dessus , et je trou- »vai que la quantité en était de t;g^,pn ces et demie troy » ( 3a6,3 1 5 grammes ) .

» Quatre onces troy (grammes 1 24,enriron) d'eau d'Ho- »4ywell décoloraient le papier resté pendant la même «durée de temps dajas cette eau à la même température,

• lorsqu'elle était évaporée d'un fiuitième. Je fus suripris , en faisapt le calcul, de trouver, par cette expé- 3»rience, précisément le même résultat que n^'avait •donné l'expérience précédente, 5,53 grains troy de •carbonate de ^çude dans un gallon , ou ia8 onces troy,

• d'eau, et que cette quantité d'alcali était ainsi iudi-

• quée par le papier de curcuma. »

J^e papier de curcuma , rendu brun ou orangé par les alcalis, est rétabli dans sa couleur jaupe primitive par les acides.

EXPÉRIENCB XXXI.

Lorsqu'on trempe un morceau de papier de curcuma dans de l'eau , i laquelle on a ajouté un peu d'ammoniaque liquide , la couleur de ce papier passe au brun*

CHIMIQUES. 5i

Si, après Tavoir retiré de cette liqueur , on le met dans une d'eau acidulée avec des acides , sulfurique , nitrique , acétique , ou hydro-chlorique y Sa couleur jaune sera rétablie.

Au lieu de papier de curcuma, on peut mouiller dans de Peau distillée un morceau fraîchement coupé de la surface de la racine entière de curcuma , et 9 en frottant ensuite ce ihorceau sur du papier blanc » il y produira une marque jaune très-visible^ sur laquelle on peut faire tomber une goutte de la liqueur à examiner.

YII. ACIDE SCLFVBIQVE,

L'acide sulfurique , fortement concentré , fait reconnattre , par une vive effervescence y la présence du gaz acide carbonique libre 9 dans tout fluide quelconque, ou, de ce gaz acide, combiné avec une base ter^ reuse , alcaline 9 ou métallique. On se sert aussi de cet acide concentré, pour décomposer les sels de plomb et de mercure, avec lesquels il produit un précipité blanc. Celui obtenu avec le mercure, acquiert une couleur jaune par l'affusion d'eau bouillante. Cet acide est aussi un réactif principal pour la barite et la strontiane , conune formant^ avec l'une et l'autre de ces substances, des composés émine«ament insolubles. On emploie fréquemment l'acide sulfurique dans des expériences analytiques, pour reconnaître la nature de certaines classes de sels , en tant, au moins, qu'il s'agit de découvrir la nature de l'acide avec lequel la base du sel est unie. Mais lorsqu'on emploie l'acide dans cette vue, il dst nécessaire que le composé salin , soumis à l'exa-

Sa DES BiACTirs

m en , soit à Tétat solide , ou à peu près tel. En couvrant , d'acide sulfurique , le sel qu'on veut essayer , et faisant chauffer un peu le mélange : il' se produira une vapeur ou nuage ; par la raison , que Taçide suifu* rique sépare les acides, nitrique , hydro-chloriqu« , acétique ^ et fluorique ( ainsi qu'un grand nombre d'autres) de leurs combinaisons. Et, comme ces acides sont susceptibles de prendre l'état gazeux , et de se condenser par rhumidité , ils forment , avec celle de l'atmosphère , des vapeurs , et par la nature de ces vapeurs , on peut reconnaître celle de l'acide. Si , par exemple , le sel appartient à la classe des nitrates , les vapeurs produites par l'action de l'acide sulfurique sont "de couleur jaune, ou orangée, et le sel détonne, lorsqu'on le met sur des charbons ardens. Si le sel est de la classe des hydrochlorates , les vapeurs sont blanches ; elles répandent une forte odeur de vinaigre, lorsque^ le sel est de la classe des acétates; et, si, étant laissées, pendant dix à douze minutes , en contact avec du verre, elles le corrodent, le sel essayé contient ''l'ac'fde fluorique. On peut alors employer d'autres réactifs^, pour confirmer ou détruire les inductions qu'on tire ainsi de l'action de cet agent. On a aussi recbmitiandé l^emplol de l'acide sulfurique comme réactif p^Uf reconnaître la présence de la chaux , lorsqu'elle existe en état de combinaison avec certaines bases ; mais ce moyen d'é-* preuve est peu sûr, parce que le sulfate dé chaux, qui en résulte, .est soluble dans 5oo parties d'é'au, et dans une beaucoup plus grande proportion , lorsqu'il y a excès d'acide. Lorsqu'on emploie l'acide sulfurique pour cet objet, il faut concentrer fortenient la dissolution , et

ensuite la laisser refroidir. Le sulfaté de chaux s^en sépare alors en longs cristaux transparens, ce qui est la forme très-ordinaire sous laquelle il se présente dans les analyses chimiques. On le distingue à son insipidité, son peu de dissolubilité lorsqu'on le remet dans de l'eau pure , et à la propriété qu'il a de précipiter avec l'acide oxalique et les sels de baritç. Lorsqu'on évapore rapidement une liqueur contenant de la sélénite (sul- .fate de chaux )« ce sel se sépare en lames éclatantes fragiles.

EXPÉRIENCE XXXIL

En ajoutant, vhigt ou trente gouttes d'acide suif urique à de l'eau distillée dans un verre , qui en est à moitié rempli 9 et en remuant le liquide avec une baguette de verre, le mélange s'opérera tranquillemétat et sans dégagement de bulles d'air.

EXPÉRIENCE XXXIIL

Si, à la' même quantité d'eau distillée, imprégnée (le gaz acide carbonique , ou , à de l'eau de Seltz ordinaire, fin ajouj^e.un peu d'acide sulfurique, il se dégagera rapidement un grand nombre de. très-petites bulles d'air, qui indiqueront la présence.du gaz acide carbonique.

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