‹ Traité practique sur l'usage et le mode d'application des réactifs chimiquesChapitre 92 sur 181 · EXPÉRIENCE LXXIV · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCE LXXIV

Après avoir fiUré te liquide , qu'on soupçonne contenir 4e rarsenio> on applique 9 à sa surface 9 l'une des extré« mités d'une baguette de yj^rrey mouillée avec de Tam* ndonîaque liquide; on plonge ensuite > dans le mélange» l'autre extrémité de la baguette, qui a été aussi mouil*lée avec une dissolution de nitrate d'argent : il se manifestera , au point de contact , l'apparence d'un pré'^ çipité 9 qui se déposera peu à peu au fond du vase. Ce précipité étant soluble dans l'ammoniaque » il est nécessaire d'apporter la plus grande attention à ne pas introduire dans le mélange un excès de cet alcali.

On pourrait objecter, è, ce mode d'emploi du nitrate d'argent, pour reconnaître la présence de l'arsenic, que l'acide hydre-chlorique agît aussi sur ce réactif; mais il est facile d'obvier à cet, effet et de détruire cette objec* tien ; car , en ajoutant un peu d'acide hydro-chlorique au liquide , dans lequel on soupçonne la présence de l'arsenic, et, en y versant ensuite, avec les plus grandes précautions, le nitrate d'argent, jusqu'à cessation de précipité, tout Tacide hydro^ohlorique sera séparé; et alors, l'addition d'ammoniaque liquide produira le pré'cipité jaune sous sa forme caractéristique.

M. Hume a particulièrement fixé son attention sur la nature de ce réactif, et nous lui sommes redevables de quelques remarques intéressantes concernant la manière de l'employer. Nous allons transcrire ici un essai de M. Hume, par ce moyen.

«Dissolvez, dit-il, quelques centigrammes, six, par

f)B DES RÉACTIFS

«exemple, de nitrate d'argent, appelé ordinairemenil «caustique lunaire 9 dans environ neuf ou dix fois son V poids d'eau distillée ; ajoutez , à cette dissolution , de «Tammoniaque liquide , goutte à goutte , jusqu'à »ce qu'il se forme un précipité. Continuez à ajouter «ainsi l'ammoniaque 9 avec précaution, en agitant de > temps en temps le flacon , jusqu'à ce que le précipité «soit disparu , et la dissolution redevenue transpa- » rente 9 ou à peu près telle, un grand excès d'ammo- «niaque n'étant pas nécessaire, si même un excès quel- «conque l'-est; car, la dissolution d'ammoniaque étant «plus légère que l'eau , il est probable, que la portion «superflue de cette dissolution resterait sur la surface «du liquide , à laqi^elleon l'a appliquée comme réactif. «On a ainsi un liquide pur et simple, qui , si on le «garde dans un flacon bouché à Témeri, ne s'altérera «pas aisément , et pourra , par conséquent, toujours ser- •virau besoin. Son emploi est aussi également simple; «car, il ^ borne à tremper un morceau de verre dans «cette liqueur , pour l'appliquer ensuite à la surface • de la dissolution, qui contient de l'arsenic. Si la sub- «stance, que l'on supposerait contenir ce poison , était « à l'état solide , 'comiiie en état de mélange avec du «çucre, de la farine, du pain, de la viande, ou toute «autre espèce quelconque d'aliment, on commencerait «par verser de l'eau bouillante sur le corps suspect ; et, «après avoir filtré la dissolution, on y appliquerait, «étant refroidie 9 le liquide réactif 9 avec un morceau de «verre 9 comme il a déjà été dit. On peut aisément «se procurer le morceau de verre dans la boutiqne » d'un vitrier; ou, si Ton n'en a pas sous la main , il suf-

ORIMIQOBS. 69

«fira de verser, du flacon, dans la liqueur , quelques »gOuttes du réactif; ce qui n*exige pas une très-grande «précaution , au moyen de ce quUl ne peut résulter assez »d'lncertitvide d*un léger excès d'alcali, non plus que » de la liqueur réactif elle-même.

M. flume observe en outre, « que reffet du- réactif «devient plus ou moins sensible , en raison de ce que le » liquide, qu i contient Tarsenic, est plus ou moins étendu. » Il a été reconnu, que le phosphate de soude donne lieu,^ » avec ce réactif, à un changement semblable à celui • produit par Tarsenîc; et ,- qu'on peut être amené à de «fausses conclusions , lorsqu'on opère, de la même maip* » nière, avec deux dissolutions , de phosphate de soude , et » d*arsénite de potasse. Un morceau de nitrate d'argent »sec , appliqué, pour un moment, àJa surface de l'un ou »de l'autre des liquides, manifesterait certainement le «^précipité jatMM et abondant; et» un spectateur de ces «effets, sentirait néoessairemenf diminuer sa confiance «relativement aux avantages annoncés en faveur dasel- » d'argent réactif.

«.Prenons une position oj^posée , dans ce moyen : «Soient deux, vaisseaux de verre, contenant, l'un une b dissolution de phosphate de soude, l'autre une disse- •lution simple d'oxide d'arsenic, l'une et l'autre de ces «dissolutionsayant été faiies, comme il en doit être ainsi «pour toutes les expériences, avec de Peau distillée. En «appliquant, alors, le nitrate d*argent sec, comme il «est dit ci- devant, à. la dissolution du phosphate de «soude ,1e même préibipité jaune se manifestera; mais «•un effet semblable n'aura pas lieu avec la dissolution «d'arsenic. U convient de se servir^ dans ces exp^riences^s

70 DES iBACTir»'

»de deux morceaux séparément de sous-nltrate d^argeni^. i»afin d'éviter toute erreur; car, il ne faudrait pas mettre »en contact avec la dissolutioor arsenicale ^ le morceaa »qui aurait été trempé dans celle du phosphate. Une

• légère opacité dans la dissolution eimpiô d'arsenic, par »le contact du sous-nitrate, ne doit pas être considérée «comme provenant d'une union quelconque avec l'ar- »9enic. Celui qui opère étant convaincu qu'il n'y a point «encore de précipité jaune produit, s'il prend alors un. «morceau de papier brouillard, légèrement humecté^ «d'une dissolution d'ammoniaque, et, que le tenant «près de la sur&ce du liquide arsenical, il remue en «même temps le vaisseau, de manière à produire une «ondulation, il se formera à l'instant un précipité jaune «abondant y qui sera l'indicateur de la présence de l'ar- »seBic.

» Ces expériences peuvent ^tre rendues plus claires- •encore, et confirmées par un grand nombre d'autres , »^ui leur servent d'appui» ainsi que par plus d'une mé- «thode. Je me bornerai à ne faire ici mention que de «l'une d'elles» dont nous sommes redevables au docteur «Ayrton Paris.

• Soient faites les deux expériences] parallèles ». que •nous venons de présenter » sur àenx. morceaux de •papier à écrire bien net; ou autrement » si après avoir •étendu, sur Van de ces morceaux de papier » un peu «d'arsénîte d'argent^ réoennnei%t préparé^ et sur l'autre^ •du ph os ph ate d^argent, on laisse sécher ces papiers,

• le phosj^te d'argent prendra par degrés une couleur ^nairôy ou à peu près telle; fanditf^ que l'arsénite d'ar- «geni passera , de sa couleur originale, Jaune vif» à une

GfliMiQVE5. 71.

éteinte dé laune, à peu ^ès couleur de 6iehe. Lorsque

Bces deux expérience* «ont faites avec uae adresse et

«une précision convenables, il se présente une autre par-

» ticularité distioctive, qu'il convient défaire remarquer.

» Procédez ainsi qu'il suit : Ifettez, environ 4 grammes^ ou

»plu8, de la dissolution de phosphate de soude sur un

» morceau de papier à écrire ; et, pour ne pas perdre de

» temps, autant d'arsénite de potasse sur un autre mor-

• ceau de papier. En présentant alors séparément à cha^

»€un de ces papiers > un petit morceau de nitrate d'ar-

»gent sec , et> en l'y promenant en tous sens, de ma-

»niëre à. disperser la couleur : la première apparence^

aqu'on remarque est, que Tarsénite d'argent prend un

& aspect floconneux 9 la couleur se caillant, s'accumu-^

»Iant et se réunissant en , taches, comme si c'était un

nd^onirej aune d'argent; tandis, quele phosphate offre

va la vue une couleur homogène, entièrement diffé*

«rente dans sa contexture, étant parfaitement unie et

•égale, comme, si elle avait été mise sur le papier avec

»une brosse; il y a aussi, d'abord, une différence évi-

mdente dans la couleur. »

IXPÉItlENCE LXXV:

On peut reconnaUHre l'effet du nitrate d'argent , pour découvrir les plus petites quantités de gaz acide hydrosulfurique, en plongeant une portion dt| blanc d'un œuf, coagulé par la chaleur, datas de l'eau distillée, \ mêlée avec une petite quantité de nitrate d'argent, et en laissant le mélange en repos pendant environ vingtquatre hewes. Dans cet espace de temps^ la dissolqtion

73 DBi BéACTirS

acquerra , en totalité > aufisi bien que ralfoumioe, vme eouleur dVin brun foncé 9 parce que Talbutnine de Tœaf contient du soufre. La couleur noire y que prend une cuiller d*argent 9 lorsqu^on s^en sert pour toucher leblanc d*uu œuf bouilli , vient à l'appui de ce fait.

llXPÉaiËNCE LXXTI.

Si 9 après avoir mis de l'eau imprégnée de gaz acide bydro-sulfuTi(|ue, dans une soucoupe ou dans un verre^ on tient , au-dessnâ de la surface de Teau , un morceau de papier humecté d'une dissolution do nitrate d'argent^ en la recouvrant avec ce papier : le gaz acide hydro-sulfiirique, en s'échappatttdu liquide, donne à Tinstanl une couleur noire à la dissolution ; L'argent, qu'elle contient ^ reparaîtra à l'état métallique , et en se combinant avec le soufre^ ie tout prend un brillant métallique et une cou* leur irhiée.

EXPÉRIEI^GE LXXVIL

SiyPon écrit sur du papier avec une dissolution éten-» due de nitrate d'argent : l'écriture sera invisible tant que }e papier sera sec et garanti de la lumière ; mais, si on le plonge dans de l'eau imprégnée de gaz acide hydro-sulfu* rique^ ou, si l'on passe sur le papier une plume ou une éponge tvenv|)èe dan» ce liquide, les caractères de l'écri-* ture prendront à Tinstant une couleur brun foncé ou noire , dont l'intensité sera en jraison de la force de la dissolution de nitrate d'argent employée.

XYIII. ACÉTATE D*A1IGENT*

Ce réactif 9 dont raelion chimique est^ sous tous le»

eClMIQVBSi. ;&

rapports, semblable à celle du nitrate d'argent, convient parlicuHèrement , pour Texanien de mélanges de nitrates et d*hydro-chlorales, lorsqu'on cherche à recon-» nattre la présence de Tacide hydro-chlorique , et à en opérer la séparation , sans aucune addition quelconque d'acide nitrique étranger au mélange, comme cela aurait Heu, si on employait du nitrate d*argent. Nous pou-* vohs aussi distinguer plus aisément l'alcali, combiné avec l'acide hydro-chlorîque, par ses réactifs appropriés,. comiÂe l'hydro-chlorate de platine y etc; ou^méme , sans les réactifs ordinaires pour les alcalis; c'est-à-dire, en évaporant simplement à siçcité la liqueur, dont l'acide bydro-ch torique a été séparé par le moyen de l'acétate d'argent, et^ en redissolvant ensuite la masse sèche d^ns l'alcool. Si, par l'évaporation à siccité de la dissolution, on obtient un sel déliquescent, il y a lieu de croire, que 1^ base du sel est la potasse; mais, si le sel s'effleurit et reste sec , étant exposé à Tair , on en peut inférer , que cette base est la soude ; ou, par exemple, lorsque le nitrate de potasse ^accompagne des sulfates et des hydrochlorates sans aucun autre nitrate, les sulfates sont décomposés par l'acétate de barite , et les hydro-chlorates par l'acétate d'argent. En évaporant à siccité la liqueur, après l'avoir filtrée^ et en traitant le résidu avec de l'alcool, qui dissout les acétates et laisse le nitrate > on peut aisément en évaluer la quantité. Il faut , par conséquent , s'il y a présence d'alcali , le saturer préalablement par un acide* L'acétate d'argent est décomposé par son exposition à la lumière. Le ^flacon , qui contient une dissolution de ce sel , se tapisse à l'intérieur d'une couche métallique d'argent , et il s'en se-

pareun6 poudire noire. On doit donc garder la dii^lu--^ tioD- d'aeétate d'argent dan< des flacons opaques 9 oa^ placer ceux y qui. la contiennent,, dans un lieu obscur*,

XIX, S.ULFATE IVU&GENT»

La combina^n de l*argent avec Tacide sulfurique,. peut èlre^ par circonstance, employée avec avantage,, comme réactif^ pour reconnaître la présence de l'acide hydro-chlorique , dans les cas où le nitrate d'argent ne convient pas aussi bien ; parce que eette combinkison^ n'est pas affectée, comme le nitrate d'argent, par lessels à acide sulfiurique; de sorte , qu'en faisant usagedu sulfate d'argent , comme réactif, on est certain que le précipité , qu'il produit , s'il n'enste ni alcali libre , ou terre , dans la dissolution, n'est occasîoné que parl'acide hydro-chlorique seulement.

If convient de conseryer ce néactif dans des flacons^ opaques , parce que la lumière agît sur lui. L'argent , que la dissolution contient , est en partie réduit , et

il se dépose, an fond du vase, en une poudre noire.

Page 1