SOUDE
d6 la soade. Mais la coloration de la flamme extérieure fournit un caractère distinctif bien meilleur encore ; car lorsqu'on fait fondre un peu de soude sur un Ûl de platine courbé en crochet pat un bout , et qu'on dirige la pointe de la flamme intérieure sur elle, la flamme extérieure prend une forte teinte jaune> semblable à celle d'une bougie qui brûle tranquillement. Ce phénomène de coloration a lieu même lorsque la soude est môlée avec une grande quantité de potasse.
Lorsqu'on traite les sels sodiques pulvérisés par l'alcool étendu^ en suivant la marche qui a été indiquée pour les sels potassiques (p, 6), la flamme de l'alcool est très-jaune, alors même qu'on n'a employé qu'une petite quantité de sel. Elle n'en conserve pas moins cette teinte quoiqu'on ajoute au sel sodique une quantité considérable d'un sel potassique.
Dans les sels sodiques que l'eau peut dissoudre, la soude se distingue de la potasse de la même manière que quand elle est pure. Le meilleur caractère pour reconnaître ces sels, à Tétat solide, au moyen du chalumeau» consiste dans la couleur jaune intense qu'ils communiquent , aussi bien que la soude pure, à la flamme extérieure. Lors même que le sel sodique se trouve mêlé avec un sel potassique, la flamme extérieure ne prend encore qu'une cou^ leur jaune, moins intense, à la vérité, quand la proportion du sel potassique est considérable; dans les cas même où du chlorure sodique est mêlé avec assez de chlorure potassique pour ne faire qu'un ^ingt-cinquième à un trentième de la masse totale, la réaction de la potasse disparait, suivant Kobell, et on n'aperçoit que celle de la soude.
Les sels sodiques se comportent comme les sels potassiques » quand on les fait rougir : seulement le chlorure sodique esl moins volatil que le chlorure potassique, et l'iodure sodique perd un peu d'iode par l'action de la chaleur rouge.
Les sels sodiques neutres cristallisés s'eifleurissent presque tous à l'air, quand ils contiennent de l'eau, ce qui est le cas du plus grand nombre. Ce phénomène a lieu surtout pour le sulfate, le phosphate, Tarséniate et le carbonate : il est très-peu sensible dans le borate. Le nitrate, le chlorure et le fluorure ne tombent point en efflorescerice, parcequ'ilsnecontiennentpas d'eau decristallisation.
tO COMBINAISONS SIMPI^ES. BASES.
On s'aide Créquemoicnt de la forme cristalline pour distingu les sels sodiques des sels potassiques dans des quantités peu co sidérablcs. Le nitrate sodique cristallise en rhomboèdres, qui s'cffleurissent pas à Tair , comme il vient d'être dit \ les cristaux carbonate ont une forme tabulaire» et s'eflleurissent» tandis que carbonate potassique est déliquescent. Le chlorure sodique ne pe point être distingué du chlorure potassique par la forme de i cristaux, car tous deux cristallisent en cubes.
Parmi les dissolutions des sels sodiques neutres, celles du si: fate et du nitrate, du chlorure, du bromure et de l'iodure, n'ag sent point sur le papier de tournesol ; celles du phosphate, de Vi séniate^ du borate et du carbonate, du fluorure et du sulfui bleuissent le papier de tournesol rouge.
La soude forme avec très-peu d'acides des sels qui soient ins Jubles ou fort peu solubles dans Tecu. Sa présence est ordinair ment aussi difficile à découvrir dans ces derniers que celle de potasse dans les sels potassiques insolubles ou peu solubles. I acides qui [produisent des sels insolubles ou peu solubl^ avec soude sont presque les mômes que ceui^ qui forment des self p reils avec la potasse; ils ont été énumérés p. 7.
Dans les dissolutions des sels sodiques» la présence de la sou<
se reconnaît principalement à ce qu'après s'être convaincu qu'il
existe un alcali, on n'obtient pas de trouble par les dissolutions <
. chlorure platinique et d'acide tartrique. Mais le plus sûr moyen <
^découvrir la soude^ quand on peut obtenir le sel sous furme solid
^est la coloration en jaune delà flamme du chalumeau. Si l'on pr
sume qu'une dissolution contient simultanément delà potasse et <
la soude, on en essaied'abord une portion avec du chlorure platin
que ; après avoir acquis, par ce réactif, la conviction de la présen
ou de l'absence delà potasse, on évapore jusqu'à siocité une aut
portion de ladissolution^ et l'on traite le résidM au chalumeau. Si
chlorure platinique a fait connaître la présence de la potasse da
la dissolution, et que la flamme extérieure du cbahimeau soit c
lorée en violet par le résidu, il n'y a que de la potasse ; si, au oo
traire, la flamme extérieure du chalumeau est teinte en jaune p
. ce résidu, il existe de la soude, en même temps que di9 la potass
., Qans ces expérieo^, on ne doit pas perdre de vue que parl^
Je.QI de platine seul cûmmunique à la flamme du chalumeau une faible couleur jaunâtre, qu'on ne saurait cependant conrondre avec celle qui est produite j^r les sels sodiqucs. Fréquemment oetle faible coloration de la flamme en jaune par le fil de plalineii lieu lorsqu auparavant il a été humecté soit par la sueur des mains, soit par la salive ; il semble alors que le chlorure sodique de ces li*quides soit cause de la production du phénomène. Dans un cas oa Von serait en doute desavoir si la teinte jaunâtre de la flamme du chalumeau dépend de la présence d un sel sodique ou d'une autre cause, on parviendrait aisément, en cbauflant un sel sodique^ et, de préférence â tout autre, le chlorure, sur un fil de platine, ^ lu flamme du chalumeau, à se convaincre de la différence qui exista entre la couleur jaune qu'il communiquée cette dernière et celle qui peut provenir du fil de platine seul ou d^autres causes.
Pour découvrir la soude ou les sels sodiqucs dans des dissolutions qui contiennent beaucoup de substances organique, on procède comme il suit. On évapore à siccilé la dissolution, et l'on carbonise le résidu dans un creuset de Hesse, lorsqu'il est fort abondant, ou mieux dans un creuset de platine, quand on n'en a qu'une petite quantité, mais toujours à un feu qui ne soit pas trop fort : après quoi on traite la masse carbonisée par l'eau ou par l'acide chlorhydrique *< alors la présence de la soude se reconnaît de la manière qui a été indiquée précédemment, soit dans la dissoliilion filtrée, soit dans le résidu sec, si l'on a évaporé cette dernière jusgu'â mccité. Quand on présume qu'il y a beaucoup de soude dans une matière organique en bouillie ou solide, on carboni^ également celio^d, et l'on traite de mè(pe la mass^ cartionisée.