‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 2)Chapitre 13 sur 167 · cttAtJx, Ca · texte numérisé non relu

cttAtJx, Ca

La chaux pure est blanche et facile à écraser entre les doigts. Quand on verse un peu d'eau dessus, elle s'édiauiïe A>riemeni , et se i^uit en une poudre blanche, dont le volume surpasse beau-

coup celui de la chaux dont on s*e$t servi. Si l'on ajoute encore de Tcau à l'hydrale calcique qui s'est produit ainsi , il se forme un mélange laiteux. Une quantité d'eau tros-con»dérable est nécessaire pour en dissoudre une Irès-pelite d'hydrate calcique. Cette dissolution a une saveur faiblement caustique, et bleuit le papier de tournesol rouge. Elle attire Tacide carbonique de l'air, et se couvre ainsi à la surface d'une pellicule de carbonate calcique insoluble, qui gagne le fond du vase au bout de quelque temps, mais ne cesse de se renouveler que quand toute la chaux contenue dans la dissolution s'est précipitée à l'état de carbonate. La chaux pure et l'hydrate calcique sont tous desax infusibles.

Vacide mlfurique étendu et les dissolutions des sulfates ne produisent point de précipité dans les dissolutions étendues des sels calciques. Si la dissolution d'un sel calcique est moins étendue, l'acide sulfurique y fait naître un précipité de sulfate calcique, sinon de suite, du moins au bout de quelque temps. L'acide sulfurique détermine sur-le-champ, dans les dissolutions concentrées des sels calciques, un précipité de sulfate ciilcique, qui est beaucoup plus volumineux que celui de sulfate strontianique et de sulfate barytique, et qui n'est pas dissous d'une manière sensible par l'acide chlorhydrique ou nitrique étendu. Si l'on a versé assez peu d'acide sulfurique étendu dans la dissolution d'un sel calcique, pour qu'il reste encore une certaine quantité de ce sel qui ne soit pas décomposée, et qu'on laisse le tout en repos pendant longtemps avant de filtrer, les dissolutions des sels strontianiques ou barytiques produisent un précipité de sulfate strontianique ou barylique dans la liqueur filtrée et claire.

Une dissolution, préparée à froid , de sulfate potassique ne produit pas , du moins sur-le-champ , de précipité dans les dissolutions des sels calciques neutres, même lorsque celles-ci sont très-concentrées; et elle n'en détermine point dans celles qui sont étendues, même quand on laisse les deux liqueurs en contact l'une avec l'autre pendant long-temps. Gomme elle en fait naître un sur-lechamp dans les dissolutions des sels barytiques, on doit la préférer à l'acide sulfurique étendu, quand celui-ci n'est pas d'une force bien déterminée, pour distinguer la baryte de la chaux.

La dissolution concentrée de sulfate calcique est un meilleur

diîAtJx. 2d

réactif que le sulfate potassique , pour distinguer les sels barytiques et slrontîaniques des sels calciques. En effet, elle ne peut jamais faire naître de prédpité dans les dissolutions des sels calciques» quelque concentrées que soient celles-ci, tandis qu'elle en détermine un dans les dissolutions des sels barytiques et strontianiques. A la vérité, pour ce qui concerne les sels strontianiques, quand lears dissolutions ne sont pas concentrées, le précipité de sulfate strontianique n'a pas toujours lieu de suite; mais ii se manifeste au bout de quelque temps.

Les dissolutions de chromale et de bichromale potassiques ne produisent pas de précipité dans celles des sels calciques.

Vacide siUcifiuorhydrique et Vacide oxychlonque ne déterminent pas de précipité dans les dissolutions des sels calciques.

Les dissolutions de potasse et d*ammoniaque, de carbonate et de bicarbonate potassiques, de carbonate ammoniacal et de phosphate so^ dique , se comportent avec cel les des sels calciques de môme qu'avec celles des sels barytiques.

Une dissolution d'acide oxalique et de bioocatate potassique pro« duit , même dans les dissolutions neutres très-étendues des sels calciques, un précipité blanc d'oxalate calcique, qui augmente en-core par l'effet d'un repos prolongé, et surtout par l'addition d'ammoniaque destinée à saturer l'acide libre. Ce précipité est très* soluble dans les acides chlorhydrique et nitrique libres; il l'est peu dans Vacide acétique, môme concentré. Si l'on verse dans une dissolution d'un sel barytique ou strontianique assez peu d'une dissolution d acide oxalique ou de bioxalate potassique, pour qu'il reste encore un excès de sel barytique ou strontianique, et qu'on laisse le tout en repos jusqu'à ce que le précipité cesse de s'accroître, on obtient ensuite un nouveau précipité d'oxalatecaU cique en versant la dissolution d'un sel calcique dans la liqueur filtrée. Au moyen de ce caractère on peut distinguer un sel barytique ou strontianique soluble d'un sel calcique.

Une dissolution de sucdnate ammoniqué neutre ne détermine pas de précipité dans les dissolutions neutres des sels calciques. Lorsque ces dissolutions sont très-concentrées, il s'y forme, au bout d'un long espace de temps, des cristaux de succinate calcique.

CJ(ie dissolution préparée à froid dlodate sodiqiie ne produit que

^ COMBINÀlSONSt giMP).ES. BASES.

dans (es dissolutions très-concentrées des sels caleiques u» pi<éQi«»> pité cristallin d'iodale calcique, qui ne se manifesta non plu» qu'au bout de quelque tepnps. On n'en obtient aucun lorsqu'on opère sur des dissolutions étendues,

Le suifhud'rate ammoniqm m fait pas naUre de précipité dans kes dissolutions des sels calciques.

Une dissolution de cj^tinr^ ferraso-poUmiqHe i^'en produit pas dans les dissolutions très^élendues des sels calciques; ipais elle en détermine un au bout de quelque temps dans celles qui sont plus concentrées y et sur-le-champ dans celles qui le sont encore davantage. Dans les den\ cas, le précipite augmente; par Ifii repos. 1} QSt blanc et soluble dans l'acide cUorhydrique. Il se compose d'une combinaison double de cyanure ferroso-potassique et de cyanui'o C^roso-calcique.

Une dissolution de cyanmefenico-potoitiq^e ne produit p^ de précipité dans les dissolutions des sels calciques.

Les sels calciques solubles se comportent, quand on les foit rougir au feu, de la qiéme manière que les sels barytiques solubles.

Leurs dissolutions agissent également de môme 1^ Vég^fd du papier de tournesol.

Si l'on verse de l'alcool sur les sels calciques stplubles, et qu'on y qoelie le feu, la flamme offre une couleur rougi) ayant beaucoup 4e ressemblance avec celle que les sels strontiapiques communiquent à la flamme de l'alccol. A ce caractère on peut distinguer les sels calciques, non pas des sels strontianiques» mais bien des S^ barytiques.

La cbaux donne des sels insolubles ou peu solubles dans l'eau ^vec les acides qui en produisent de semblables en s'unissant à la baryte et à la strontiane. Ces sels sont, également solubles dans les acides cblarhydrique et nitrique libres; cependant le sulfate caU Inique fait exception, il se dissout peu dans ces acides. On peut, à l'aide de l'acide sulfurique, reconnaître la présence de la ebaux dans les dissolutions acides des sels calciques qui ne sont pas trop étendues, car cet acide produit, sinon de suite, du moins au bout de quelque temps, un précipité dont l'apparition a surtout lieu promptement lorsqu'on étend la liqueur avec de l'alcool > parce que le sulfate calcique est insoluble dans l'alçooI^ mdiae aqueux*

CHAUX. gj

On procède de la manière suivante pour distinguer d^ sulfates barylîque et strontiapique le sulfate calcique qui s'est précipité : on lave bien le précipité, et on le fai^ ensuite bouillir avec beaucoup d*eau, puis on filtre la liqueur, et on partage la dissolution filtrée en deux portons; on verse dans Tune de ces portions une dissolution de chlorure barytîque, et dans Vautre une dîssolutîou d'un oxalate. Si, dans les deux cas, il se forme un précipité blanc, et que le premier soit insoluble dans l'acide chlorhydrique, la base du sul&te était de la chaux.

Il n'est que très-peu de sels calciques dans lesquels on puisse découvrir manifestement la présence de la chaux au moyen du chalumeau, et pour cela on procède de la même manière que pour constater l'existence de la strontiane dans les sels strontianiques. En efiet, le chlorqre calcique se comporte comme le chlorure strontianique quand oq le ch^mfie sur un fil de platine recourbé à l'une de ses extrénjilés : cependant la flamme devient d'un rouge carmin moins prononcé que par le chlorure strontianique. Une foi'§ le sel fondu, on n'aperçoit également plus aucune trace de coloration dans la flamme. Pour peu que le chlorure calcique contienne de chlorure barytique, ce se] l'empêche de colorer la flamme en rouge carmin. La chaux pure et le carbonate calcique répandent une lueur très-vive quand la flamme du chalumeau est dirigée sur eux. Le sulfate calcique chauffé au chalumeau sur du charbon, aveq du spath fluor, se fond en une perle, qui devient d'un b\anc d'émail par le refroidissement.

Les dissolutions des sels calciques se distinguent de celles des sçls alcalins par les mêmes caractères qui établissent 1^ diflerence entre ces dernières et les dissolutions des sels bqrytiques. Elles diffèrent de la baryte par leur n^anière de se comporter avec l'acide silicifluorhydrique et une dissolution de sulfate calcique, et de la strontiane par celle dont elles se comportent avec une dissolution de sulfate calcique.

Quand la dissolution d'un sel calcique est associée avec beaucoup de fubstances organiques qui lui donnent une couleur trèsfoncée, on la mêle, pour y découvrir la présence de la chaux, avec une dissolution du bioxalate potassique existant dans le commerce; et l'on ajoute ençuitç un peu d'ammoniaquo. Mais

3â CÔStfilKAlSONS SrHl»LES. USEE. <

lorsque la dissolution est acide , ou fortement alcaline > il faut préalablement la rendre neutre, dans le premier cas au moyen de Tammoniaque, et dans le second à Taide de Tacide chlorhydrIque« Il se précipite alors de Toxalate calcique/ qui peut souvent être très-coloré. On fait sécher ce sel, puis on le fait rougir, ce qui le convertit en carbonate calcique. Ensuite on dissout le résidu dans de Tacide chlorhydrique, et Ton peut reconnaître avec certitude la présence de la chaux dans cette dissolution. Si la chaux ou un sel calcique est mêlé avec des substances Organiques solides ou en bouillie, le mieux est de traiter la masse par de l'eau qu'on a acidulée avec de Tacide nitrique. La présence de la chaux dans la liqueur filtrée se constate ensuite de la manière qui vient d'être indiquée. Lorsqu'au contraire du sulfate calcique se trouve. mêlé avec des substances organiques solides ou en bouillie qui ne sont point susceptibles de se dissoudre Tlans l'eau pure, on traite la masse de la même manière que celle qui a été indiquée (pag. 23) pour le sulfate barytique en pareille circonstance; mais, au lieu de faire bouillir la masse rougie avec de l'eau, on la traite immédiatement par l'acide chlorhydrique, parce que le sulfure calcique qui a été produit est très-peu soluble dans l'eau.

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