MARCHE DE L* ANALYSE QUALITATIVE. 5Î
une assez grande quantité pour que la liqueur , préalablement rendue acide, exhale fortement l'odeur du sulfide hydrique; après quoi on fait bouillir le tout, et on sépare, par la fillration , le sulfure d'arsenic qui s'est produit. On peut alors reconnaîtrs la présence ou l'absence de l'acide phosphorique dans la liqueur filtrée et totalement débarrassée de sulfide hydrique, en y versant , après l'avoir saturée, une dissolution de chlorure barytiqueou de chlorure calcique. Si cependant il existe de l'acide borique , on peut déjà reconnaître la présence de l'acide phosphorique à ce que le précipité déterminé par la dissolution de chlorure barytique ou de chlorure calcique ne disparaît point par l'addition d'une trèsgrande quantité d'eau , et n'est pas non plus soluble dans de trèspetites quantités de dissolutions de sels ammoniques , de chlorure barytique 4 de chlorure calcique et d'autres sels , ce qui arriverait s^il n'y avait que de l'acide borique.
Le plus sûr moyen souvent de découvrir la présence de Tacide phosphorique après qu'on a séparé Facide arsenique , est de recourir à une dissolution de nitrate ai^entique , en observant les précautions indiquées (p. 223). Il importe surtout, après avoir écarté l'acide arsenique, de débarrasser complètement la liqueur du sulfide hydrique, parce que, sans cela, l'addition d'une dissolution de nitrate argentique pourrait faire naître un précipité noir, de sulfure d'argent.
Lorsqu'une dissolution de chlorure barytique a produit , dans la dissolution concentrée de la combinaison, un précipité que l'addition d'acide chlorhydrique ou d'acide nitrique ne fait point disparaître, ou ne dissout qu'en partie, la combinaison contient de Vacide sulfuriqtie. En traitant ensuite comme il vient d*être dit la liqueur séparée du sulbte barytique par la fitration, on constate si, en même temps que cet acide, il y avait aussi de l'acide arsenique, de l'acide phosphorique ou de l'acide borique.
On reconnaît la présence d'une combinaison de chlore lorsqu'une dissolution de nitrate argentique, versée dans celle de la substance qu'on examine, détermine un précipité blanc qui ne disparaît point par l'acide nitrique étendu.
Enfin on acquiert la conviction de la présence de Vacide nitrique en projetant un peu de la combinaison sur des charbons ardens, ce
tflt MARCHE DÉ l' ANALYSE QÛÀLÎTÀTIVE.
qiii donne lieu à un bruit de délonalîon loi'sqtiecel acîde existe. On pèdi ëgaicmeni recourir ici aux autres méthodes qui ohièïé indiquées p. 19é pour découvrir Tacide nitrique.
CÎtÂPlTtlÉ îk.
MÀRCnC A SUIVRE DANS i/aNALVSE QUALITATIVE DES COMBINAisONS COMPOSÉES QUI SONT OU SOLlUBLES SEULEMENT EN PARTIE, OU TOUT- A-FAlt INSOLUBLES DANS l'eAU, MAIS SOLÛfiLES DANS LÉS icilSES, ET DONT LES PRINCIPES CONSTITUANT SE TROUVENT COMPRIS t»ÀRIli LÉS SUBSTANCES INSCRITES AU TABLEAU DE LA PAGE 5^6.
i*anni ces combinaisons, se rangent celles qui ont élc désignées p. 5W. On peut également exattiinèr delà môme tnahièfe tous les alliages contenant les métaux des bases qui ont été ttldi^iiécs p. 536.
drî traite d'aboVd pài* Teàu la combinaison qu'il s'agît d'examiner. Si elle se dissout en partie , on soumet la dissolution aux recherctii» prescrites dahs le chapitre précédent. Si elle ne se dissout ^bint dans Peau, on la dissout dans de l'acide (jtilorhydriciilc, "oii quaiid elle c )nlienl soit de l'oxyde ploinbique , soit de Voxydc âJgeniîquejOû de l'oxyde tnercureux, dans de l'acide nitrique. On aide à l'action de ces acides par la chaleur, surtout quand 11 existe deà sulfures métalliques. l)ans ce cas, on peut fréquemitient aussi recourir avec beaucoup d'avantage à l'eau régale, qui; ainsi qu'il d déjà été dit p. îti, attaque môme les combinaisons sur lesquelles l'acide chlorhydriqûe et l'acide nitrique seulà sont sans action.
Là portion de la combinaisôii qui reste quand l'êaiî ne dissout Cëîlfe-ci qu'en partie est traitée die la môme hianiôre que les substances tout-à-faîl insolubles dans l'eau.
Les alliages soht poui* la plupart solùbtés dans l^ctde nitrique. Quelques-uns, en petit nombre, se dissolvent aussi clans Tacide chlorhydriqûe. D'autres encore ne sont dissous que par l'eau régale. C'est ce qu'on reconnaît d'après la solubilité des métaux isoles dans les divers acides, sujet dont il a été Iraité au chapitre troisième de la première partie de ce volume.
MARCHE DE l'Analyse qualitative. 5îâ
i . Marche àe tànàlyse pour trouver tes oâsei,
La marche de l'analyse poiir Irouver les bases dans la di^^dlitlôtx âfcidè, ressemble, soiis beaucoup de rapports, à celle (J'iè j*ïli i'i^fcëe, dans le huitième chapitre, pour raiiiilysë des cottibîhûîsofas solublcsdâns réâu. Cependant elle ofTrèquelquéà tnbdiftcatidh'à, parce qiie, iJans lé cas supposé précédemment, il n'étbii point nécessaire d'avoii: égard a des terres et à des oxydes métallîîqiièà proprement dits, lorsqu'il existait de l'acide pKôsphorîque, de l'acîde arsènique, de l'acide carbonique et même, dans certains iéas, de l'âcîde borique, et parce qu'en la présence de ces derniers ûcîtfés l'absence des terrés et dés oxydes inétalliques était déjà sUfflsahimènt démontrée par rinsolubilité dans l'eau des combinaisons auxquelles ces substances donnent lieu en s'Uhissàht éiîâëlfli)le. Par la même raison , il n'était pas nécessaire lioh ^\ûi d'aller à la recherche dii soufre , lorsqu'il existait dias bxydëâ niêtailiqueâ propreinent dits dans la combinaison.
A. On ajoute à la dissolution acide une dissolution dtà ^tilfidô hydrique, et le précipité îrésùltant de la est traité ehsiiiie parle sTulfhydratb âmmohîque de là manière qui a été indiquée p. S60. S'il f a de l'acide arseniqùé dans la combinaison, cet acide est également précipité par la dissolution dé sulBde hydrique, et le sulfure d'arsenic produit se dissout aussi dans le sulfhydrate arhmonique. Lorsqu'il existe en même temps de Y oxyde stannique et de Yoxyde antiiru)ntque y il est souvent difficile de reconnaître avec certitude la présence de ces trois substances. Celle de l'acide arsèniquè se découvre aisément alors, en traitant la combinaison avec de là soude, au chalumeau, sur du charbon. Celle de l'oxyde «antimbnique est dévoilée par la couleur tirant sur le jaune orangé du précipité qui a lieu quand on décompose par l'acide chlorhydrique étendu la dissolution étendue d'eau des sulfures métalliques dans le sulfhydrate ammonique. Mais, en présence de ces deux substances, il est plus difficile de déterminer s'il existe ou non de l'oxyde stannique. Le mieux alors est de faire sécher les sulfures métalliques que l'acide chlorhydrique étendu a précipités de la dissolution étendue d'eau dans le sulfhydrate ammonique, puis de les
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chauffer fortement, et, aolant que possible, à l'abri du contact de Tair, dans un tube de verre soudé à Tune de ses extrémités, opération pendant laquelle il se sublime du sulfure d'arsenic et du soufre, et reste du sulfure d'étain et du sulfure d'antimoine au minimum de sulfuration. On dissout ce résidu dans de l'acide chlorhydrique concentré, avec le secours de la chaleur. La dissolution, étendue d'eau , contient alors de l'oxyde antimonique, et aussi de Toxyde stanneux, s'il y avait de l'oxyde stannique dans la combinaison ', la présence de ce dernier est ensuite facile à consiater par la dissolution d'or.
Si les sulfures métalliques précipités de la dissolution âcide de la combinaison par celle du sulfide hydrique ne sont pas dissous entièrement » ou môme ne le sont pas du tout, par le sulfbydrace ammonique, il peut encore exister dans la combinaison de Yoxyde cadmiqtiô, de Yoxyde plombique, de Voxyde bismuthique, de Voxydè cmvTujue, de Voxyde argentique, de Voxyde mercureuxet de Voxyde mercwrique. On reconnaît ces métaux de la même manière précisément que celle qui a été indiquée dans le chapitre précédent (p. 561).
B. La liqueur séparée du précipité auquel la dissolution du sulfide hydrique a donné lieu est ensuite traitée comme il a été dit dans le chapitre précédent, afin de s'assurer si elle contient encore des bases fixes. Si elle en contient, on sursature la dissolution avec de l'ammoniaque, puis on ajoute du sulfhydrate ammonique. Le précipité qui résulte de là peut être dû à la présence de V oxyde ferrique, de Voxyde ferreux y de Voxyde niccolique, de Voicyde cobaltiffue, de Voxyde zincique^ de Voxyde manganeux et de Valumine; mais il peut aussi se trouver dans ce précipité de la magnésie, de la chaux, de la strontiane ou de la baryte, lorsque ces bases sont combinées avec de l'acide phosphorique ou de l'acide borique. On traite d^abord ce précipité presque de la manière qui a été indiquée, dans le chapitre précédent, pour la recherche des bases précipitées en pareille circonslance. On le fait digérer avec dé l'acide chlorhydrique ou de l'eau régale , et , dans le premier cas , on chaude la dissolution filtrée avec de l'acide nitrique.
Ensuite on verse dans la liqueur de l'acide sulfurîque étendu. Si elle contient de la strontiane et de h baryte^ ces bases se préci-
ilAtlCtiÊ DE L*ANALVSÊ QDALltATlVÉ. 5Yt
pilent complètement, sinon de suite, du moins au bout de quelque temps , à Tétat de sulfates barytique et stronlianique. La chaux se précipite aussi en partie , lorsqu'elle est abondante et que la dissolution n'est pas trop étendue. On réunit le précipité sur un filtre, sans le laver, puis on le traite par une grande quantité d'eau; lorsque cellcH^i n'en dissout rien, il ne peut contenir que des sulfates strontianique et barytique ; mais s'il se dissout eu partie, de la chaux peut s'y trouver avec la baryte et la strontiane. Il est facile de constater la présence de cette chaux dans la liqueur filtrée, en y versant la dissolution d'un oxalate. Le résidu non dissous, qui peut consister en sulfates barytique et strontianique, est ensuite traité par une dissolution de carbonate potassique ou sodique, ainsi qu'il a été dit dans le chapitre précédent (p. 566).
La liqueur acide séparée des sulfates terreux par la filtration est sursaturée avec de l'ammoniaque. Ce réactif en précipite principalement de Voocydeferrique et de Y alumine; mais il y fait naître aussi un précipité de magnésie , lorsque la liqueur contient de l'acide phosphorique. On traite le précipité par une dissolution de potasse pure, avec laquelle on le fait bouillir, ce qui laisse de côté l'oxyde ferrique et la magnésie, et les dépouille en grande partie de leur acide phosphorique, tandis que l'alumine se dissout, et peut être précipitée de la liqueur par une dissolution de chlorure ammonique. Le chalumeau fait aisément reconnaître la présence de l'oxyde ferrique dans le résidu qui ne s'est point dissous; mais celle de la magnésie est plus difticile à constater. C'est pourquoi il Tant dissoudre ce résidu dans de Facide chlorhydrique, et sursaturer la dissolution acide avec de l'ammoniaque, qui précipite l'oxyde ferrique, mais laisse la plus grande partie de la magnésie dans la dissolution , où l'on peut la découvrir à Taide de différens réactifs (p. 35); cependant il est plus convenable, dans ce cas» de séparer la magnésie de l'oxyde ferrique , au moyen de la dissolution d'un succinate ; pour cela, on sature la liqueur avec de l'ammoniaque, et Ton y ajoute un très-léger excès de cet alcali, de manière toutefois que la plus grande partie de l'oxyde ferrique reste dissoute; après quoi, au moyen d'un succinate alcalin, on précipite J'oxyde ferrique, à l'état de succinate ferrique. F^i liqnnir filfrcQ V ^7
678 ÉUàCBE DE L^ANÀLTSE QtÀlITÀtlVÊ.
contient [alors la totalité de la magnésie qui était associée à l'oxyde iisnique.
La liqueur séparée par la Çltration du précipité auquel la sursaluratlon avec de l'ammoniaque a donné lieu , et qui peut contenir deToxyde Terrique, de Talumine et de la magnésie, est elle-même SQSceptible de tenir en dissolution de Voxyde niccolique, de Voxyde cohaUique, de Voxyde manganeux et de Voxyde zincique. On la traite exactement comme il a été dit dans le chapitre précédent, p. 564.
C. La liqueur séparée par la fiUrafion du précipité que le sulfhydnte ammonique a produit dans la dissolution préalablement sursaturée avec de Tammoniaque, est d'abord examinée dans la vue de découvrir si elle contient encore des principes constituans iSxes ; et si Ton reconnaît qu'il y en a réellement , on la traite de môme que la liqueur correspondante dans le chapitre précédent, p. 565. A cet égard je ferai encore remarquer qu'à peine est-il nécessaire d^aller à la recherche de la présence des alcalis, puisque ceux-ci forment , avec les acides dont il s'agit , des sels qui sont solubles dans Teau.