ACIDES DU CHLORE
moins difficile d'obtenir complètement exempt de chlore gazeux.
Une dissolution de nitrate argentique versée en très-petite quantité dans les dissolutions des chlorures de potasse , de soude et de chaux , y produit un précipité blanc, de chlorure argentique, parce qu'elles contiennentdu chlorure métallique. Si l'on verse davantage de nitrate argentique , on obtient un précipité noir, produit par l'excès de base que ces dissolutions contiennent. Aussi, lorsqu'on ajoute de Tacide nitrique à ce précipité noir, secon* vertit-il en un précipité blanc et caséiforme de chlorure argentique.
Quand on verse dans ces dissolutions une dissolution de nitrate plombique en excès, il se forme un précipité, qui est blanc dans les premiers momens , mais qui ne tarde pas à jaunir. La liqueur filtrée dépose avec le temps du suroxyde plombique.
Si Ton évapore les dissolutions, des chlorures d'alcalis, elles se décomposent peu à peu, comme les chloritespurs, en chlorures métalliques et en chlorates.
Quand on chauffe ces combinaisons, à l'état solide, dans une cornue, sur la lampe à esprit de vin, il se dégage d'abord une petite quantité de chlore , et les chlorites se convertissent en chlorures métalliques et en chlorates ; ces derniers, si Ton continue de chauffer, se réduisent à leur tour en chlorures métalliques et en oxygène, qui s'échappe à Tétat de gaz, facile à reconnaître par sa propriété de rallumer une allumette en ignition qu'on présente à l'orifice du col de la cornue.
Le dégagement de chlore gazeux qui a Heu quand on traite par des acidesétendus les dissolutions des combinaisons des chlorites avec des chlorures métalliques , et celui d'oxygène qui s'opère lorsqu'on les chauffe, sont deux caractères qui distinguent ces combinaisons de toutes les autres.
[ L'acide chloreux, d'après les recherches récentes de M. Gay- Lussac, se prépare facilement en mettant en contact du chlore et de l'oxyde de mercure bien desséchés. Dans un flacon à Témeri, de 100 à 150 cent, cubes de capacité , plein de chlore, on introduit un tube de verre , fermé d'un bout , qu'on a rempli aux icvtx tiers environ d'oxyde de mercure, et dont le tiers restant contient du sable fin desséché. Le tube est placé dans le flacon , le bout fermé
en bas, et après avoir fixé le bouchon, qui est légèrement suive daiii ia partie supérieure de son pourtour, on fait tomber avec quelques secousses le sable et Toxyde de mercure. En peu d'instans, la coi^ leur du chlore s'évanouit et Topération est terminée. En ouvrant 1» flacon sous le mercure, il s'en emplit environ à moitié ; avec Teau, l'absorption est très-rapide et presque complète.
M. Balard a attribué à Tacide chloreux gazeux une couleur jaune plus intense que celle du chlore : M. Gay-Lussac Ta toujours obtenu tout-à-fait incolore, même dans des dissolu--» tions aqueuses ou alcalines qui en contenaient plus de vingt fois leur volume.
Le caractère dominant de cet acide est d'être très-peu stable ; gazeux , il fait quelquefois explosion à la température ordinaire ; en dissolution dans Teau, il a plus de stabilité ; néanmoins ils*y décompose peu à peu spontanément. La lumière solaire accélère singulièrement sa décomposition, surtout quand il est concentré.
Un volume donné de gaz chloreux contenant un égal volume de chlore et un demi- volume d'oxygène, et ces deux corps ayant exactement dans Tacide le même pouvoir décolorant, il en résulte que' le titre d'une dissolution d'acide chloreux doit être attribué pour une moitié au chlore et pour Tautre à l'oxygène.
M. Gay-Lussac a établi, par des expériences décisives , que les combinaisons formées par l'acide chloreux et les bases ne peuvent pas être assimilées, par leur composition, aux hyposulfites et aux hypophosphites, et que leur véritable formule, en appelant B le radical métallique , est CIO, RO et non Gl'0% BO ; cette dernière formule était, comme on sait , généralement admise.
Quand un chlorite mélangé d'un chlorure métallique en quantité suffisante est traité par l'acide sulfurique en excès , le chlore se manifeste aussitôt avec effervescence. Le métal du chlorure prend l'oxygène de l'acide chloreux pour se dissoudre dans l'acide sulfurique, et le chlore , tant du chlorure que de l'acide , devient libre et se dégage.
Mais si l'acide sulfurique est ajouté avec ménagement et tout juste au plus pour ne décomposer que le chlorite , il ne se dégage plus alors du chlore, mais bien de Tacide chloreux ; cette importante observation de M. Guy-Lussac permet d'employer pour la
ACIDE BROMIQUE. Si$
préparation de l'acide chloreux les chlorures d'oxydes. Ces composés sont j en effet , des mélanges de chlorites et de chlorures ; ainsi le chlorure neutre de potasse, GIKO , produit par Faction du chlore sur une dissolution étendue de potasse caustique ou carbooatée, se comporte comme un mélange de GIK 4* CIO, KO; traité par une quantité d'acide sulfurique suffisante pour saturer seulement la moitié de la potasse employée à le produire « il fournit l'acide chloreux à l'état de dissolution incolore et facile à séparer en distillant la liqueur à une douce température. E. P.]