ACIDE SULFHYDRIQUE. 40Y
En général, on peut admettre qu'un sulfure métallique insoluble qui, au moment où il vicHit d'être précipité, se dissout aisément dans un excès de sulfhydràte ammonîque, est susceptible de former des sulfosels avec les sulfobases métalliques; cependant cette règle souffre plusieurs exceptions. La solubilité, dans une dissolution de potasse pure, d'un sulfure métallique qui vient d'être précipité, indique aussi déjà l'aptitude de sa part à produire des sulfosels avec les sulfobases métalliques. Ordinairement les sulfures métalliques qui sont solubles dans un excès de sulfhydràte ammonique se dissolvent aussi dans une dissolution de potasse, tandis que toutes les sulfobases métalliques sont absolument insolubles dans xiette dernière, lors môme que les oxydes de leurs métaux s'y dissolvent avec facilité. Quand on dissout un sulfure métallique dans une solution de potasse, une partie du métal s'oxyde aux dépens de la potasse, et l'acide métallique ainsi produit se combine avec la portion de potasse qui n'a point été réduite, de manière à former un sel potassique, tandis que le potassium mis à nu donne naissance à du sulfure potassique, en s'unîssant au soufre dont le métal a été acidifié, et produit un sulfosel soluble avec la portion non décomposée du sulfure métallique. La dissolution dans la potasse contient donc toujours, outre le sulfosel qui s'est formé, un oxysel, auquel il arrive sou- » vent de se séparer de la liqueur, en raison de son peu de solubilité. Si l'on ajoute un acide étendu à une pareille dissolution d'un sulfure métallique dans une solution de potasse, le sulfure métallique se précipite de nouveau, et il ne se dégage point de gaz sulfide hydrique : l'acide se combine alors avec la potasse , et le sulfure potassique qui s'était formé auparavant se trouve converti par l'oxyde métallique en sulfure métallique et en potasse.
Quelques sulfures métolliques, comme ceux d'arsenic, d'antimoine, etc., sont solubles aussi dans un excès d'une dissolution de carbonate potassique ou sodique. Il résulte de là les mêmes produits que d'une dissolution dans la potasse pure, et il rie se dégage point d'acide carbonique, parce qu'il se forme du sur-carbonate alcalin. Cependant le sulfide hypantimonieux ne se dissout dans les solutions de carbonate potassique ou sodique qu'à la faveur de Tébullition, et la plus grande partie du sulfure d'anti-
408 COMBINAISONS SlUPLES. AClI^ES.
moine qui a été dissoute par le sulfure de potassium ou de sodium formé dans le cours de Topération se sépare par Teflet du refroidissement de la liqueur, à cause de son peu de solubilité à froid dans ce sulfure.
La plupart des sels solubles dans l'eau, qui se composent d'une base alcaline et d'un acide métallique susceptible d'être converti par le gaz sulfide hydrique en un sulfure métallique insoluble dans l'eau, se transforment, lorsqu'on fait passer un courant de ce gaz à travers leurs dissolutions, en sulfosels qui restent dissous dans l'eau. Si l'on ajoute de l'acide cblorbydrique étendu, en excès, à la dissolution, le sulfure métallique insoluble se sépare, tandis que du gaz sulfide bydrique se d^^age.
L'importance dont il est, dans les analyses chimiques» de bien connaître la manière d'agir du gaz sulGde hydrique et du sulfhy* drate ammonique sur les dissolutions des divers oxydes métalliques, me détermine à présenter ici un aperçu sommaire des réactions auxquelles ils donnent lieu,
he Glassb. Oxydes métalliques qui ne peuvent point être précipités, à Tétat de sulfures métalliques, de leurs dissolutions rendues acides , mais seulement de leurs dissolutions alcalines, par le gaz sulfide bydrique, et de leurs dissolutions neutres ou alcalines, par le suKhydrate ammonique :