‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 3)Chapitre 47 sur 115 · CUIVRE · texte numérisé non relu

CUIVRE

aisément par l’eau regaîe que par l’acide nitrique. On filtre la dissolution , pour la séparer du soufre qui a été mis en liberté; on lave ce dernier, et l’on précipite l’oxide cuivrique de la liqueur cliaude par le moyen d’une dissolution de potasse. Il est absolument nécessaire ici que le filtre contenant le sulfure de cuivre ne reste pas en digestion pendant trop long-temps, et à une trop forte chaleur, avec l’acide nitrique ou l’eau régale, parce que autrement l’action de l’acide sur le papier donnerait naissance à une substance organique , dont la présence s’opposerait à ce que Foxide cuivrique fût précipité en totalité par la dissolution de potasse. Lorsque la digestion du sulfure de cuivre ne s’exécute qu’à une douce chaleur, et qu’elle ne dure que le temps nécessaire pour permettre au soufre de prendre une teinte jaune, on parvient à précipiter complètement l’oxide cuivrique par la potasse. Mais si, par inadvertance, on a laissé le filtre et le sulfure de cuivre trop long-temps en digestion avec l’acide, et qu’on craigne que la potasse ne puisse plus précipiter de la dissolution la totalité de l’oxide cuivrique qu’elle contient , il faut ou précipiter de nouveau ce dernier, à l’état de sulfure de cuivre , par le moyen du gaz siilfide hydrique , ou, ce qui vaut mieux encore, ajouter de l’acide sulfurique à la liqueur, et l’exposer à faction d’une douce chaleur, pour l’évaporer, soit presque jusqu’à siccilé , soit jusqu’à ce qu’elle ne dégage plus de vapeurs nitriques. L’acide sulfurique charbone la matière organique tenue en dissolution , et à mesure qu’il se concentre ensuite par l’évaporation , il finit par oxider la plus grande partie du charbon qu’il avait d’abord mis à nu^. L’opération terminée, on dissout dans de l’eau le sulfate cuivrique, avec l’excès d’acide sulfurique qui existe encore, et on précipite l’oxide cuivrique de la dissolution , en y versant une solution de potasse.

Le sulfure de cuivre précipité par le gaz sulfide hydrique peut être converti en oxide cuivrique à l’aide cfnne

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mélliode plus facile , qui consiste, après favoir laissé sécher assez bien sur le filtre^ à le mettre dans un creuset de platine, et à le faire rougir au contact de l’air, jusqu’à ce qu’on n’aperçoive plus de flamme de soufre dans le creuset. On dissout le résidu dans un acide, et on verse une solution de potasse pure dans cette dissolution , pour en précipiter l’oxide cuivrique. Le filtre sur lequel on a réuni le sulfure de cuivre, peut être brûlé à la manière ordinaire, dans le creuset de platine. Comme il se forme toujours une plus ou moins grande quantité d’oxide cuivreux pendant le grillage du sulfure de cuivre , il est bon d’avoir recours à l’acide nitrique, pour dissoudre le résidu, et d’employer cet acide chaud.

On peut aussi , à l’aide de sulfhydrate ammonique , précipiter complètement l’oxide cuivrique de dissolutions neutres ou ammoniacales. Le’sulfure de cuivre précipité est absolument insoluble dans un excès quelconque d’ammoniaque et de sulfhydrate ammonique *, mais il s’oxidcà l’air plus aisément encore que celui qui a été précipité d’uiie dissolution acide par le gaz sulflde hydrique 5 c’est pourquoi on est obligé de le laver avec de l’eau à laquelle on a ajouté un peu de sulfliydrate ammonique. Après le lavage, on l’oxide par le moyen de l’acide nitrique ou de l’eau régale , et on précipite l’oxide cuivrique par la dissolution de potasse.

L’oxide cuivrique étant très-soluble dans l’ammoniâque, on a coutume de recourir à ce moyen pour le séparer de substances qui sont précipitées complètement par l’alcali volatil. C’est une méthode qu’on emploie souvent pour séparer l’un de l’autre les oxides ferrique et cuivrique 5 mais l’oxide ferrique ainsi précipité contient une assez grande quantité d’oxide cuivrique , dont nul excès quelconque d’ammoniaque ne peut le débarrasser d’une manière complète. La méthode qui consiste à employer le gaz sulflde hydrique , mérite donc la préférence sur celle-là.

Des oxides qui sont solubles dans une dissolution de

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potasse, ne peuvent sou vent pointétre séparés deroxîdecu^ vriquepar ce réactif. Ainsi, par exemple, on ne saurait parvenir à séparer l’oxide zincique de l’oxide cuivrique, au moyen de la dissolution de potasse , en quelque excès qu’on employât cette dernière; i’oxide cuivrique se précipite bien en totalité, mais il contient de l’oxide zincique, qui se précipite en même temps que lui. On commet donc une grande faute lorsque , dans l’analyse quantitative du laiton, on en traite la dissolution par la potasse. La séparation des deux oxides s’effectue d’une manière complète et facile en faisant passer un courant de gaz sulfide hydrique à travers leur dissolution acide.

C^est au gaz sulfide hydrique qu’on a recours pour séparer l’oxide cuivrique des oxides d’urane, de nickel , de cobalt, de fer et de manganèse, dans des dissolutions acides. Le même moyen sert aussi à le séparer de l’oxide zincique ; cependant il faut alors rendre la dissolution un peu plus acide, afin qu’il ne se précipite pas de sulfure de zinc en môme temps que le sulfure de cuivre. Enfin on a également recours au gaz sulfide hydrique pour séparer l’oxide cuivrique des terres et des alcalis.

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