‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 3)Chapitre 49 sur 115 · XXV. MERCURE · texte numérisé non relu

XXV. MERCURE

Détermination du mercure et de ses oxides, — La meilleure manière de déterminer le mercure, dans des analyses quantitatives , consiste à le réduire de ses dissolutions *, et de tous les moyens capables d’opérer cette réduction^ le chlorure stanneux est celui qui convient le mieux. On peut aussi employer , pour réduire le mercure, une dissolution d’acide phosphoreux, ou l’acide produit par la liquéfaction du phosphore dans l’air humide. Mais comme il est bien plus facile de se procurer le chlorure stanneux en. grande quantité que l’acide phospliorcux , c’est à ce réactif qu’on R ordinairement recours. Peu importe que le mercure

l4o TRAITÉ d'analyse CHIMIQUE.

existe dans la dissolution à l’état d’oxide mercurique , d’oxide mercureux, de chlorure ou de bromure. Il pourrait aussi sans inconvénient y avoir dans la liqueur de l’acide hydrochlorique libre, de l’acide sulfurique étendu ou d’autres acides; seulement il ne faut pas qu’elle contienne d’acidô nitrique, et quand ce dernier y existe , on est obligé d’observer des précautions particulières. Cependant il n’est meme pas nécessaire que la substance contenant du mercure dont on se propose de faire l’analyse , soit soluble dans l’eau ou dans l’acide hydrochlorique ; le chlorure stanneux réduit également bien le mercure à l’état métallique, des sels mercuriques, des sels mercureux et des chlorures insolubles, mais non, comme on le conçoit aisément, des sulfures. Les méthodes d’après lesquelles on procède à ces opérations, sont les suivantes ; Si la substance qui contient du mercure est insoluble, on la met dans un matras, on verse dessus de l’acide hydrochlorique concentré, puis on ajoute une dissolution concentrée de chlorure stanneux , avec laquelle on a préalablement mêlé assez d’acide hydrochlorique pour la rendre parfaitement claire. Puis on fait bouillir le tout ; cependant l’ébullition ne doit durer que quelques minutes, parce que si elle se prolongeait davantage , des vapeurs mercurielles pourraient se dégager avec la vapeur aqueuse. On bouche alors le matras, et on laisse refroidir le tout. Le mercure est complètement réduit ; d’abord il se dépose sous la forme d’un précipité noir, qui consiste en globules mercuriels extrêmement divisés, mais qui, par une ébullition prolongée, se réunissent en globules plus volumineux. Après le refroidissement , on décante la liqueur claire qui surnage les globules mercuriels , puis on lave ceux-ci, sans filtrer, avec de l’eau à laquelle on a ajouté un peu d’acide hydrochlorique , et l’on continue le lavage jusqu’à ce que le métal soit débarrassé de toutes substances étrangères. On fait alors tomber le mercure imbibé d’eau dans un creuset de platine ou de porcelaine taré, et on absorbe avec du papier

MEUCUPlE.

grîs la plus grande partie de l’eau qui en couvre la surface ; ensuite on le fait séclier complètement , et on le pèse. La dessiccation ne doit avoir lieu qu’à l’air , et il ne faut pas l’exécuter dans un endroit échauffé, lors même que la température y serait très peu élevée. Si le précipité noir ne veut pas se réunir en globules plus gros, on décante la liqueur qui le surnage, et on le fait bouillir pendant quelques minutes avec de Tacide hydrochlorique , ce qui détermine sur-le-champ la formation de plus gros globules. Il arrive très-souvent que des couches de globules mercuriels nagent à la surface du liquide*, on doit chercher à les humecter en tournant la liqueur, ce qui les précipite au fond. Les liquides séparés par la décantation du mercure réduit sont, aussi bien que l’eau de lavage, mis à part dans un verre ; souvent aussi il s’en sépare des traces de mercure réduit , qui s’y trouvaient tenues en suspension ; on recueille avec soin ces traces, pour les réunir à la masse principale du métal.

■ Lorsque les vaisseaux dans lesquels on opère la réduction du mercure par le moyen du chlorure slanneux, ne sont pas parfaitement propres, et que leur paroi interne se trouve couverte d’une couche extrêmement mince et imperceptible de graisse , on obtient des globules mercuriels qui n’ont point l’apparence métallique. Comme cet état de choses peut avoir lieu très-souvent dans les laboratoires, il est bon de passer quelques gouttes de dissolution de potasse dans les vaisseaux , pour enlever toute la graisse.

Si le mercure est contenu dans une dissolution étendue, on commence par rendre la liqueur acide en y ajoutant de l’acide hydrochlorique, puis on y verse une dissolution de chlorure stanneux rendue claire par de l’acide hydrochlorique , et l’on fait bouillir le tout pendant quelques minutes. Il est rare, dans ce cas , que le mercure réduit se réunisse en gros globules , et ordinairement il ne forme qu’un précipité noir. On sépare la liqueur claire du mercure, on verse de l’acide hydrochlorique concentré sur ce dernier, et on fait chauffer : sur-le-champ il se forme

TRAITÉ d’analyse CIimiQU'ii.

do gros globules mereio’iels. Il iic faut pas laisser le precipiic noir reposer plus de vingL-qiiatre lieures , parce qu’autrement on n’obliendrait plus de gros globules mercuriels en le traitant par Taeidc bydroclilorique. C’est principalement une petite quantité d’oxide stannique produit pendant le cours de l’opération et précipité en même temps que le mercure , qui empêcbe celui-ci de se réunir sur-le-cliamp en globules volumineux dans une liqueur étendue 5 l’acide bydroclilorique concentré dissout bien cet oxide , mais on parvient difficilement à en obtenir ainsi la dissolution quand le tout est resté trop long-temps eu repos, La détermination du mercure, par cette méthode, devient incertaine lorsque la liqueur contient de l’acide nitrique. Il est nécessaire alors d’ajouter peu à peu de l’acide bydroclilorique à la dissolution , et de la concentrer en la faisant cbauffer. L’acide nitrique se trouve détruit par là, tandis que du cblore de l’acide bydroclilorique est mis en liberté et se volatilise. Aussi long-temps donc que l’odeur du cblore se fait sentir cbaque fois qu’on verse de l’acide bydroclilorique dans la dissolution cbaude , il faut continuer à ajouter de l’acide. On verse ensuite une dissolution de chlorure staimeux dans la liqueur , et on procède ainsi qu’il vient d’être dit tout à l’heure. Lorsqu’une conlbinaison solide dans laquelle il entre du mercure , et dont on veut faire l’analyse , contient de l’acide nitrique , il est facile de détruire celui-ci par l’acide bydrocblorique concentré 5 mais quand il se trouve une quantité considérable d’acide nitrique dans une dissolution où l’on se propose de déterminer quantitativement le mercure, on a de la peine, quelque précaution qu’on prenne , à obtenir exactement la quantité de ce métal. En pareil cas, il vaut mieux recourir au gaz sulfide hydrique, pour précipiter le mercure de la dissolution à l’état de sulfure de mercure, d’après la cjuantité duquel on détermine celle du métal , ainsi crue je le ferai voir plus loin.

Si l’on veut employer, pour opérer la réduction du

MEÎicurÆ. 1/^3

mercure, racide pliosphorcux , ou l’acide qui se produit quaud du pliosphore lomLe eu déliquescence, on procède à peu près de la nièiiic manière que quand on fait usage du clilorure stanneux. Ce moyen procure plus aisément de gros globules mercuriels. On peut également employer l’acide pliosplioreux lorsqu’il s’agit d’une liqueur contenant de l’acide nitrique , pourvu qu’on ait soin de le mettre en assez grand excès ; car l’acide nitrique est mieux détruit à cliaud par l’acide pliosplioreux que par l’acide liydroclilorique. Ce motif rendrait l’emploi de l’acide pliosplioreux préférable à celui du chlorure stanneux, s’il était aussi facile de se le procurer en grande quantité que ce dernier.

La réduction par la voie humide est la meilleure et la plus exacte des méthodes pour déterminer la quantité du mercure dans une substance qu’on anal3^se. D’autres méthodes n’arrivent au but ejue d’une manière fort incomplète. Ainsi , par exemple , l’oxide mercurique ne peut point être précipité complètement de ses dissolutions par les alcalis.

Souvent on détermine la quantité du mercure c[ui existe dans une substance en le séparant des autres principes constituans de cettedernière par la distillation. Cependant cette méthode exige un très-grand nombre de précautions, et, quelque soin même qu’on y apporte , elle ne donne pointées résultats aussi exacts que la léduction par la voie humide au moyen du chlorure stanneux. Voici comment on s’y prend pour la mettre en pratique : On pèse dans une petite cornue la substance qui contient du mercure , et ensuite, quand ce dernier s’y trouve à l’état d’oxide, d’oxisel ou de sulfure , on la mêle avec du carbonate potassique, ou avec de la chaux pure. La potasse attaque trop le verre, ce qui rend la chaux préférable. Mais le mieux est d’employer conjointement de la chaux et de la potasse , en ayant soin néanmoins de prendre en considération lc8 autres substances qui pourraient être encore à

i44 traité d’anàlÿsé chimique.

déterminer quanlitalivemeut dans le résidu. Cela fait, on lire le col de la cornue en un long tube, qui ne doit cependant pas être trop mince*, puis on le fait entrer dans un petit récipient contenant assez d’eau pour que l’ouverture du col de la cornue atteigne immédiatement à la surface du liquide. Si l’on plongeait le col dans l’eau, on s’exposerait à ce que celle-ci montât dans la cornue, lorsque la chaleur viendrait à diminuer, meme pour un instant, pendant le cours de la dissolution. Si la cornue est très-petite , la dissolution peut s’exécuter sur une lampe à esprit-de-vin à double courant d’air: le mieux, cependant , est d’employer un petit fourneau ; mais il faut avoir soin alors de ne pas donner une chaleur assez forte pour ramollir ou même fondre le verre. Le mercure distillé se réunit au fond du récipient , sous l’eau. Quand on a eu la précaution de rafraîchir l’extérieur du récipient pendant l’opération, on n’a point à craindre qu’une quantité pondérable de métal se perde à l’état de vapeur. Ap rès le refroidissement , on coupe le col de la cornue près de la panse, et , avec de l’eau, on fait tomber dans le récipient les globules mercuriels qui adhèrent à ce col. On sèche ensuite le mercure à Tair , et on le pèse.

Si la combinaison mercurielle était très-volatile , si elle contenait, par exemple, du chlorure mercurique ou du chlorure mercureux , il arrive presque toujours cjue la chaleur volatilise une partie de cette substance avant que l’alcali ait pu en opérer la décomposition , surtout lorsque le mélange n’a point été fait d’une manière exacte. En pareil cas , il est bon , après avoir mêlé la substance qui contient du mercure avec l’alcali , d’humecter fortement le tout avec de l’eau , et de le laisser ainsi tranquille pendant quelque temps. Il résulte de là une décomposition , et il se sépare de l’oxide mercurique , cjue la chaleur seule suffit ensuite pour décomposer en mercure et en oxigène.

On n’a rien de semblable à craindre lorsque le mercure existe à l’état d’oxide ou de sulfure dans la substance.

MERCURE

Si le mercure est uni, dans une combinaison métallique, à des métaux qui ne soient point volatils, on peut souvent en déterminer la quantité d’une manière exacte en faisant rougir l’amalgame, ce qui volatilise le mercure, tandis que les métaux fixes restent: on détermine alors la quantité de ces derniers , et la perte indique celle du mercure. Si les métaux qui restent ne s’oxident point à l’air , l’opération peut être faite dans un petit creuset de porcelaine, sur une lampe à esprit-de-vin à double courant d’air 5 mais s’ils s’oxident à l’air , sous l’influence d’une température élevée , on exécute la calcination dans une petite cornue dont, après la volatilisation du mercure, on soude le col , enle faisant fondre, tandis que la panse est encore rouge.

Maniéré de séparer les oxides du mercure de V oxide argentique. — On sépare complètement l’oxide mercurique de l’oxide argentique par le moyen de l’acide liydrocblorique , qui ne précipite que le second de ces deux oxides. Après avoir filtré la liqueur, pour la débarrasser du chlorure argentique, on en précipite l’oxide mercurique par le chlorure stanneux , soit immédiatement , soit après l’avoir traitée par le gaz sulfide hydrique , si elle contient trop d’acide nitrique.

Lorsqu’on a une combinaison d’oxide argentique et d’oxide mercureux à analyser, il faut convertir ce dernier en oxide mercurique. Dans la plupart des cas, on exécute cette transformation en faisant digérer à chaud avec de l’acide nitrique la substance sèche ou sa dissolution.

Manière de séparer les oxides du mercure de Voxide cuivrique, — La meilleure manière de séparer l’oxide cuivrique des oxides du mercure est la suivante : Après avoir étendu d’eau la dissolution, on en précipite du sulfure de cuivre et du sulfure de mercure , en y faisant pas> ser un courant de gaz sulfide hydrique. Si le mercure y existe à l’état d’oxide mercureux, il est bon de convertir celui-ci en oxide mercurique , avant de traiter la liqueur II. 10

40 traité d’analyse chimique.

par le gaz sulfîdc liydrique. Les sulfures métalliques obtenus sofit recueillis sur un filtre pesé ; on les lave rapidement, on les fait sécher avec circonspection , à une douce clialeu'r , et on les pèse. Il vaut encore mieux ne pas cliaulfer d’abord les sulfures métalliques, mais les niettrc , avep le filtre, sous le récipient d’une machine pneuma-: tique , et les y dessécher sur del’acide sulfurique ^ lorsqu’on les a rendus bien secs par ce moyen , on les chaufie trèsdoucement, afin de pouvoir les peser. En agissant ainsi, on prévient l’oxidation d’une petile cjuantité de sulfure de cuivre, qui est inévitable quand on fait sécher les sulfures humides à l’air. Les sulfures étant secs , on en introduit une suffisante quantité dans une petite boule de verre, aux deux cpt.és de laquelle sont soudés des tubes de verre , qu’on nettoie soigneusement avec la barbe d’une plunre, La boule de verre a été pesée tandis qu’elle était vide; on la pèse de nouveau avec les sulfures métalliques, ce qui fait connaître la quantité de ces derniers sur laquelle on va opérer. On dégage alors du chlore , et on le dirige sur les sulfures métalliques. Pour cela on emploie l’appareil représenté pl. II, fig. 2, et décrit p. 89. Cependant il faut, au lieu de chlorure sodique , mettre dans le flacon a un mélange de chlorure sodique et de mangauèse , duquel il se dégage du chlore gazeux, quand on verse dessus peu à peu , par l’entonnoir b , de l’acide sulfurique concentré , éteiidu d’un volume d’eau égal environ au sien. Le chlorure calcique du tube d dépouille complètement le chlore gazeux de toute hunndité. Lorsque l’appareil entier est plein de gaz chlore , on chaufie très -modérément les sulfures métalliques dans la boule e. Il se dégage d’abord du chlorure sulfurique , qui coule dans le flacon , et qui éprouve, delà part de l’eau, une décomposition dont le résultat est de mettre du soufre en liberté. Les métaux se combinent également ayec le ehlore, et le chlorure mercurique peut être complètement séparé du chlorure de cuivre par

MERCURE. 1^7

la seule action de la clialeur. Non loin du coude que forme le tube de verre , il se dépose des cristaux aciculaires , qui sont du chlorure mercurique , et qui ne tarderaient pas à obstruer un tube dont le diamètre serait très-petit : au moyen de la liamme d’une petite lampe à esprit de vin, on cberclie à les éloigner de plus en plus de la boule e, qu’on cesse de chauffer ellc-meme dès qu’il ne se sublime plus de nouveaux cristaux. Après que cette boule est complètement refroidie , on coupe avec une lime la portion du tube de verre dans laquelle se trouve un sublimé cristallin , on fait tomber ce subdraé avec de l’eau dans le flacon , et on le dissout dans le liquide que contient celui^ ci. Ensuite on ferme le flacon avec son bouchon de verre, et on le met dans un endroit modérément échauffé ; après le refroidissement, on sépare parla filtration le soufre qui ne s’est point dissous. Lorsqu’on a dégagé pendant trèslong-temps du chlore gazeux , il arrive c[uelquefois que tout le soufre est dissous et converti en acide sulfurique. Quand la liqueur séparée du soufre parla filtration exhale l’odeur du chlore libre , onia chauffe au contact de l’air jusqu’à ce qu’elle soit devenue incolore ; puis on en précipite le mercure à l’aide d’une dissolution de chlorure slanneux. La boule e ne contient que le chlorure de cuivre : on ne peut pas calculer la quantité du cuivre d’après le poids de ce sel , parce que celui-ci est un mélange de chlorure cuivrique et de chlorure cuivreux , en proportions non définies. Plus la chaleur employée pour chauffer la boule a été forte, et plus le chlorure cuivrehx est abondant. On plonge le tube de verre, avec la boule é, dans de l’eau à laquelle on a ajouté de l’acide hydrochlorique; il se sépare d’abord du chlorure cuivreux; mais , en chauffant la liqueur, ce sel ne tarde pas , sous rinfluence de l’air , et en présence de l’acide hydrochlorique libre, à se convertir en chlorure cuivrique et à se dissoudre. On ajoute alors à la liqueur une dissolution de

potasse pure , qui , avec l’assistance de la chaleur , précipite complètement loxide cuivrique.

On parvient de cette manière à connaître la quantité de mercure et de cuivre existante dans celle des sulfures métalliques qui a été mise en expérience^ on calcule d’après cela la quantité des deux métaux dans la masse totale des sulfures métalliques qui ont été recueillis sur un filtre pesé.

Il est une autre manière plus simple de séparer l’oxide cuivrique des oxides du mercure, quand ces oxides sont contenus dans des dissolutions. Cette méthode consiste à les précipiter tous deux , à l’état de sulfures métalliques , par le moyen du gaz suliide hydrique , à sécher les sulfures dans un endroitmédiocrement échauffé, età les faire rougir ensuite dans une cornue ^ le sulfure de mercure se volatilise , avec une partie du soufre que contient le sulfure cuivrique j il reste du sulfure cuivreux, qu’on laisse refroidir autant que possible à l’abri du contact de l’air, qu’on pèse ensuite , et d’après lequel on calcule la quantité du cuivre. Mais la quantité du sulfure de mercure est difficile à déterminer dans ce cas, ce qui fait qu’on doit donner la préférence «a l’autre méthode, quoiqu’elle soit moins simple.

Si les deux oxides sont à l’état sec , et qu’il ne se trouve pas d’autres substances avec eux, on peut très-aisément découvrir la quantité d’oxide cuivrique existante dans le mélange, en prenant une quantité de ce dernier dont on CQjinaisse le poids, et le faisant rougir dans un creuset de platine *, l’oxide cuivrique reste , tandis que l’oxide mercurique se volatilise à l’état de mercure et d’oxigène*, on peut en déterminer la quantité d’après la perte.

Manière de séparer les oxides du mercure de V oxide plomhique. — L’oxide plombique peut être séparé des oxides du mercure par la même méthode que celle qu’on «inploie pour dégager ces derniers de l’oxide cuivrique.

MERCtJllE. i49

Cette méthode mérite incoiitestahlcment la préférence sur celle qui consiste à se servir de Facide sulfurique pour séparer Toxide plombique des oxides du mercure. Quand les oxides des deux métaux ont été précipités de la dissolution étendue par le gaz sulfide hydrique , on n’a pas besoin de dessécher le précipité dans le vide : la dessiccation peut s’opérer à l’air, parce que le sulfure de plomb et le sulfure de mercure ne s’oxident point au contact de ce dernier , comme il arrive au sulfure de cuivre. En décomposant le sulfure de plomb et le sulfure de mercure par le chlore, il faut veiller à ce que la boule e soit chauffée seulement d’une manière très-douce, parce qu’une chaleur trop forte exposerait à ce qu’un peu de chlorure plombique se volalilisâtavec le chloruremercurique. Onpêut, d’après le poids du chlorure plombique qui se produit, déterminer la quantité de l’oxide plombique contenu dans la combinaison analysée , ce qui n’est point praticable pour le chlorure de cuivre. On coupe la portion du tube de verre dans laquelle le chlorure mercurique s’est sublimé; puis on pèse la boule e, avec le chlorure plombique qui s’y trouve. On dissout alors ce dernier , et l’on pèse de nouveau la boule vide, cpiand elle est sèche, afin de connaître le poids du chlorure plombique, d’après lequel on calcule celui de l’oxide plombique.

Lorsqu’il s’agit d’analyser une combinaison sèche d’oxide mercuricjue avec un oxide quelconque de plomb , l’analyse peut encore être exécutée d’une manière plus facile. On verse de l’acide hydrochlorique sur la combinaison , et on chauffe le tout, ce qui donne naissance à du chlorure plombique et à du chlorure mercurique. Pendant l’opération , du chlore se dégage, si la combinaison contenait un suroxide de plomb et non de l’oxide plombique ordinaire. On volatilise ensuite, à une très-douce chaleur, l’acide hydrochlorique en excès , et on traite le résidu par l’alcool , qui dissout le chlorure mercurique , en laissant

ï5o TRÀITÉ d’analyse chimique.

le chlorure plombique. On réunit celui-ci sur un filtré pesé, on le lave avec de l'alcool , on le fait sécher et on le pèse. Quant à la dissolution alcoolique du chlorure mercurique,onla mêle avec de Feau, on dissipe l’alcool en chauffant doucement la liqueur , et on précipite ensuite le mercure par le chlorure stanneux.

Quand les oxides plomhique et mercurique sont combinés, dans une dissolution, avecun acide susceptible d’être expulsé par l’acide hydrochloriquc , cette méthode peut également être mise en usage. On verse de l’acide hydrochlorique dans la dissolution , on évapore jusqu’à siccité, et on traite le résidu par l’alcool.

Manière de séparer les oxides du mercure de V oxide hismiuhiqiie et de L'oxide cadiniqiie» — On ne connaît pas de méthode certaine pour séparer exactement les oxides bismuthique et cadmique des oxides du mercure, ou le bismuth et le cadmium métalliques du mercure. Comme ces deux oxides ne sont point réduits par le chlorure stanneux , ni par l’acide phosphoreux, on pourrait déterminer de cette manière l'oxide mercurique dans la substance à analyser. En pareil cas, l’acide phosphoreux est préférable au chlorure stanneux, parce qu’on peut, à l’aide du gaz sulfide hydrique, précipiter les oxides bismuthique et cadmique de la liqueur séparée par la filtration du mercure réduit, et les déterminer ensuite par les moyens qui ont été indiqués précédëmment.

‘ Manière de séparer les oxides du mercure des oxides d\irane^ de nickel, de cobalt, de zinc, de fer et de manganèse, des terres et des alcalis , — Que le mercure soit à l’état d’oxide mercureux , d’oxide mercurique , ou de chlorure dans ses dissolutions , il peut en être précipité complètement par le gaz sulfide hydrique, lors même que la liqueur est acide. Ce moyen peut doilc être employé pour séparer les oxides du mercure des oxides d’urane, de ïiickèl J dè cobàltÿ de zinc , de fér et de manganèse, ainsi

MERCURE

que des terres et des alcalis , ces dernières substances n’étant pas précipitables d’une dissolution acide par le gaz sullide hydrique. Si l’on opère sur des dissolutions d’oxide mercureux, il se produit sur-le-cbamp un précipité noir de sulfure de mercure j mais les dissolutions d’oxide et dé chlorure mercuriques ne donnent du sulfure de mercuré pur et noir qu’après c[u’on y a fait passer penda'nt longtemps du gaz sullide hydrique 5 dans les premiers momens, il se forme des combinaisons du sel mercUriqüë avec du sulfure de mercure, qui ont une couleur blanche , mais qu’une plus grande quantité de gaz sullide liydiique convertit complètement en sulfure de mercüte. Quand on est certain que la dissolution contenait seulement de l’oxide ou du chlorure mercurique, et qu’il ne s’y trouvait pas d’oxide mercureux , on peut très-bien calculer la quantité du mercure d’après celle qu’on a obtenue de sulfure de mercure-, mais il faut aussi pour cela que la dissolution ne contienne pas non plus d’oxide ferrique, dont la présence ferait que du soufre se séparerait avec le sulfure de mercure. On réunit sur un filtre pesé le sulfure de mercure que l’on a obtenu, et on le fait sécher à une très-doucechaleur jusqu’à ce qu’après plusieurs pesées successives son poids ne diminue plus. Le sulfUbe de mercure au minimum de sulfuration que le gaz sülfide hydrique précipite des dissolutions niercureuses , hé peut point être déterminé avec la meme exactitude, parcé qu’il Suffit déjà d’une très-douce chaleur pour en déconiposcr une partie , qui se convertit en sulfure au maximuiti et en mercure 5 or, comme le mercure métallique est volatilisable à une chaleur fort peu élevée, le prébipité de sulfure au minimum perd toujours une partie de Son poids pendant la dessiccation , quelque faible qiié soit lü chaleur qu’on emploie pour cela.

Quand on n’est pas positivement certain d’avoir obtefitïj par le gaz sulfide hydrique , du sulfure de mercure ali

i52 TllAlTÉ d’ ANALYSE CHIMIQEE.

maximum et pur, ou quand on ne veut pas déterminer la quantité de mercure d’après le poids de ce sulfure, il faut le soumettre lui-même à une analyse. La meilleure méthode que Ton puisse adopter pour cela , est la suivante : On réunit le sulfure de mercure sur un petit filtre dont le papier ne soit pas trop épais , et on le lave , puis on l’introduit , encore humide et avec le filtre, dans un flacon assez grand, dont l’ouverture doit être un peu large, mais cependant susceptible de recevoir un bouchon de verre. On verse alors dessus de l’acide hydrochlorique peu étendu seulement, et en suffisante quantité pour remplir environ un douzième de la capacité du flacon ; puis on fait passer à travers la liqueur un courant lent de chlore, qui peu à peu décompose complètement le sulfure de mercure. Le mercure se combine avec le chlore, et forme du chlorure mercurique, qui reste en dissolution dans la liqueur , tandis qu’une portion du soufre se convertit en acide sulfurique ; une autre portion de ce soufre reste sans se dissoudre, et ne se dissoudrait que si l’on continuait encore pendant long-temps à faire passer du gaz chlore dans la liqueur ^ mais on arrête le dégagement du gaz dès que le soufre non dissous a acquis une couleur jaune ^ on retire le tube à dégagement de la liqueur, on le lave soigneusement avec de l’eau , et l’on fait digérer le vase à une très-douce chaleur, ce qui dissipe le chlore libre. Après le refroidissement , on sépare la liqueur du soufre par la filtration , et on lave ce der- ^ nier 5 puis on verse du chlorure stanneux dans la liqueur filtrée, pour réduire le mercure.

On peut aussi employer cette méthode lorsqu'une liqueur dans laquelle il y a du mercure, contient une grande quantité d’acide nitrique, ce qui, comme il a déjà été dit précédemment , rend la détermination immédiate par le chlorure stanneux inexacte. On fait alors passer du gaz sulfide hydrique à travers la dissolution , et le sul-

MEIlCUllE,

fure de mercure ainsi oblenii est traite de la manière qui a été tracée plus haut.

Quand on opère sur des liqueurs neutres ou alcalines , le mercure peut en être précipité complètement , mais à froid seulement, par le suif hydrate ammonique, sans qu’à froid un excès du réactif redissolve le sulfure demercure. Cependant il est à propos de traiter le sulfure de mercure obtenu de cette manière , par le chlore , afin de le convertir en chlorure mercurique, qu’on réduit ensuite parle chlorure stanneux, afin de déterminer la quantité du mercure. On arrive à un résultat moins exact , en calculant cette quantité d’après le poids du sulfure.

Déterminalion des ' quantüés d'oxide mercurique et d’oxide mercureux , quand ces deux oxides existent ensemble, — Si une dissolution contient à la fois de l’oxide mercureux et de Toxique mercurique , et qu’on ait à déterminer les quantités respectives de ces deux oxides , on ajoute à la liqueur, qu’il faut étendre de beaucoup d’eau, surtout quand elle est acide , de l’acide hydrochlorique , qui précipite l’oxide mercureux à l’état de chlorure mercureux. On recueille ce sel sur un filtre pesé, on le fait sécher à une chaleur extrêmement douce, jusqu’à ce qu’il ne diminue plus de poids , on le pèse , et , d’après son poids, on calcule la quantité de l’oxide mercureux. Prenant alors la liqueur qui en a été séparée par la filtration , on précipite Toxide mercurique qu’elle contient , d’après Tune des méthodes qui ont été décrites précédemment , et le mercure que Ton obtient sert à calculer la quantité de l’oxide mercurique qui existait dans la dissolution.

En précipitant le chlorure mercureux , il faut avoir la précaution d’ajouter une très-grande quantité d’eau à la liqueur, surtout quand elle contient de l’acide nitrique , parce qu’autrement une petite quantité de chlorure mercureux pourrait se convertir en chlorure mercurique. On doit en outre avoir soin de ne pas filtrer sur-le-champ

l54 traité d analyse chimique,

le chlorure mercureiUs qui s’est produit, et de n’en opérer la filtration qu’au bout de quelque temps •, mais ce qu’il importe Surtout , c'est d’éviter l’emploi de la chaleur, parce qu’il suffit de rinfluence de cette dernière pour c]uc l’acide hydrochlorique seul convertisse le chlorure mercuréux èil chlorure mércurique , ce qui s’accompagne de là mise eh liberté d’ulie certaine quantité de mercure métallique.

Si la substance qui contient de l’oxide mcrcureux et dé l’oXide mercurique est insoluble dans l’eau, on la traite à froid par de l’acide hydrochlorique très-étendu, qui, dans la plupart des cas, laisse l’oxide mercureux à l’état de chlorure mercureux, sans le dissoudre, tandis qu’il dissout l’oxide mei curique à l’état de chlorure mercurique-, bn réduit ensuite le mercure de la dissolution. Lorsque au contraire la substance insoluble dans l’eaii contient de l’acide nitrique , il est bon de commencer par la dissoudre dans de l’acide nitric|ue fort étendu, après quoi on ajoute de l’acide hydrochlorique à la dissolution. Si r on mettait cet acide, meme étendu , en contact avec la substance insoluble qui contient de l’acide nilriciue, il pourrait arriver alors qu’un peu de chlorure mercureux fût transformé en chlorure mercurique et dissous.

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