‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 4)Chapitre 113 sur 122 · IX. De là marche a suivre dans l’analyse qualitative · texte numérisé non relu

IX. De là marche a suivre dans l’analyse qualitative

DES COMBINAISONS COMPOSÉES QUI SONT TOTALEMENT OU DU MOINS EN GRANDE PARTIE INSOLUBLES DANS l’eAU ET DANS LES ACIDES, ET DONT LES PRINCIPES CONSTITUANS SE TROUVENT COMPRIS PARMI LES SUBSTANCES INSCRITES AU TABLEAU DE LA PAGE 424*

Si, après avoir traité la c ombinaisonsur laquelle 04

opère , d’abord avec de l’eau , puis avec un acide, iï reste encore un résidu insoluble , celui-ci ne peut être composé principalement que des substances dont il a été question dans le sixième chapitre, p. 44^ 5 savoir de sulfate bary tique , de sulfate strontianique , de sulfate calcique , de sulfate plombique et de chlorure argent i que.

On fond la combinaison avec à peu près le double ou le triple de son poids de carbonate sodique sec. Si l’on sait qu’elle ne contient pas de chlorure argentique , l'opération peut être faite dans un creuset en platine; mais lorsqu’il y a du sulfate plombique dans la substance, il faut aussi être circonspect dans l’emploi de ce creuset , et ne le faire rougir quetrès-faiblement. La plupart du temps il n’est pas aussi avantageux de recourir à un petit creuset en porcelaine, parce que, quand on agit sur des quantités un peu considérables , la fusion s’y opère beaucoup plus difficilement sur la lampe à esprit-de-vin à double courant d’air. Cependant c’est toujours d’un creuset en porcelaine qu’on doit se servir quand il y a du chlorure argentique. Après le refroidissement, on verse de l’eau sur la masse fondue, qu’on laisse s’y ramollir; puis on la fait digérer avec une plus grande quantité d’eau , et on filtre pour séparer ce qui ne s’est point dissous. Alors on sursature la liqueur claire avec de l’acide nitrique. O11 reconnaît la présence de l’acide sulfurique en versant une dissolution de nitrate barytique dans une portion de cette liqueur ; et celle du chlorure sodique, si la combinaison contenait du chlorure argentique, en ajoutant à une autre portion de cette même liqueur une dissolution de nitrate argentique. Le résidu ne peut plus être composé que de carbonates barytique etstrontianique, calcique et plombique: il peut aussi contenir de l’argent métallique , s’il y avait du chlorure argentique. L’argent est sous la forme d’un grain métallique, au fond du creuset, lorsqu’on a employé une chaleur extrêmement forte pour opérer la fusion; si la chaleur a été

moins forte, de manière que le tout n’ait pas pu fondre d’une manière régulière , l’argent reste à l’état de division extrême lorsqu’on traite la massepar l’eau. On dissoutle résidu dans de l’acide nitrique; cependant, lorsqu’il n’existe pas d’argent, ni de carbonate plombique, il vaut mieux prendre pour cela de l’acide hydrochlorique. On verse de l’acide hydrochlorique étendu dans une petite partie de la dissolution, pour voir si elle contient de l’oxide argentique ; si l’on en découvre, on sépare, par la filtration, le chlorure argentique qui s’est produit, et l’on verse de l’ammoniaque dans la liqueur filtrée ; quand on voit se former un précipité blanc , il prouve la présence de l’oxide plombique. Lorsque la combinaison contient de l’oxideargentique et de l’oxide plombique , on traite la plus grande partie de la dissolution par la dissolution du sulfide hydrique, afin de précipiter ces deux bases. La liqueur séparée du précipité par la filtration, et qui peut contenir encore de la chaux, de la strontiane et de la baryte , est mêlée avec de l’acide bydrofluosiîicique. Si l’on voit paraître au bout de quelque temps un précipité, il annonce la présence de la baryte. On sépare la liqueur de ce précipité, et si enfin une dissolution de sulfate potassique ou l’acide sulfurique fort étendu y fait naître sur-le-champ un précipité, on conclut que de la strontiane s’y trouve, soit seule, soit associée avec de la chaux. Afin de déterminer lequel de ces deux cas a lieu, on réunit le sulfate strontianique sur un filtre, quand il a paru, et Ton sature la liqueur avec de l’ammoniaque ; si la dissolution d’un oxalate, qu’on y fait alors tomber goutte à goutte , déterminé un précipité blanc, c’est une preuve qu’il existe encore de la chaux.

Plusieurs surphosphates et quelques surarséniates , de même que quelques autres combinaisons , deviennent insolubles dans l’eau et les acides étendus , quand on les fait fortement rougir. On peut aisément, par le moyen du

chalumeau , se convaincre de la présence dans ces sels de l’acide arséniquc, comme aussi de celle de plusieurs oxides métalliques ; mais la présence de l’acide phosphorique n’est point aussi facile à constater au chalumeau. Il faut pulvériser la substance , mettre la poudre dans une petite capsule de porcelaine ? verser dessus de l’acide sulfurique concentré, et chauffer le tout, le faire même bouillir pendant quelque temps. La substance insoluble se trouve par là décomposée , et elle se dissout ensuite dans de l’eau qu’on ajoute, quand la base n’est point de nature à produire avec l’acide sulfurique une combinaison insoluble ou très-peu soluble, comme sont l’oxide plombique, la chaux, la strontiane et la baryte. Ces quatre bases se distinguent l’une de l’autre en suivant la marche, qui vient d’être tracée } mais la dissolution est examinée d’après celle qui a été indiquée au huitième chapitre de cette Partie.

On peut aussi, dans l’analyse qualitative de ces combinaisons, les fondre avec du carbonate potassique ou sodique; on suivra la marche qui a été prescrite dans le chapitre précédent , p. f^i.

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