‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 4)Chapitre 6 sur 122 · SOUDE · texte numérisé non relu

SOUDE

La soude pure , quand elle est à l’état solide , a la plus grande ressemblance avec la potasse pure. Mais sa dissolution dans l’eau se distingue de celle de cette dernière en ce que ni la dissolution concentrée d 'acide tartrique , mise en excès , ni la dissolution de chlorure platinique ou

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cT acide nilropicrique n’y produisent de précipité. Cependant il faut, dans ce dernier cas , que la dissolution de soude ne soit point trop concentrée. Une dissolution de suljate aluminique ne fait pas non plus naître de cristaux d’alun dans celle de soude , quand cette dernière a été saturée avec un acide. Cependant Y acide hydrofluosilicique produit dans une dissolution de soude qui n’est pas trop étendue, un faible précipité volumineux et opalin.

Au chalumeau on distingue aisément la soude de la potasse en ce que du verre de borax dans lequel on a fait dissoudre de l’oxide niccoli que pur, nechangepoint sa couleur brune par l’addition de la soude. Mais la coloration de la flamme extérieure fournit un bien meilleur caractère distinctif ; car lorsqu’on fait fondre un peu de soude sur un fil de platine courbé en crochet par un bout , et qu’on dirige la pointe de la flamme intérieure sur elle , la flamme extérieure prend une forte teinte jaune , semblable à celle d’une bougie qui brûle tranquillement. Ce phénomène de coloration a lieu même lorsque la soude est mêlée avec une grande quantité de potasse.

Dans les sels sodiques que l’eau peut dissoudre, la soude se distingue de la potasse de la même manière que quand elle est pure. Le meilleur caractère pour reconnaître ces sels, à l’état solide , au moyen du chalumeau , consiste dans la couleur jaune intense qu’ils communiquent, aussi bien que la soude pure, à la flamme extérieure. Lors même que le sel sodique se trouve mêlé avec un sel potassique , la flamme extérieure ne prend encore qu’une couleur jaune , moins intense, à la vérité, quand la proportion du sel potassique est considérable *, mais , dans les cas même où du chlorure sodique est mêlé avec assez de chlorure potassique pour ne faire qu’un vingt-cinquième ou un trentième de la masse totale, la réaction de la potasse disparaît , suivant Kobell , et on n’aperçoit que celle de la soude.

DES BASES

Les sels sodiques neutres solubles ne se décomposent point, pour la plupart, quand on les fait rougir au feu. Presque tous , le nitrate excepté , sont dans ce cas , lorsque l’opération s’exécute à l’abri du contact de l’air.

Les sels sodiques neutres cristallisés s’effleurissent presque tous à l’air , quand ils contiennent de l’eau , ce qui est le cas du plus grand nombre. Ce phénomène a lieu surtout pour le sulfate , le phosphate , l’arséniate et le carbonate : il est moins sensible dans le borate. Le nitrate , le chlorure et le fluorure ne tombent point en efflorescence, parce qu’ils ne contiennent pas d’eau de cristallisation.

Parmi les dissolutions des sels sodiques neutres , celles du sulfate et du nitrate , du chlorure , du bromure et de l’iodure , n’agissent point sur le papier de tournesol: celles du phosphate , de l’arséniate , du borate et du carbonate , du fluorure et du sulfure , colorent en bleu le papier de tournesol rouge.

La soude forme avec très-peu d’acides des sels qui soient insolubles ou fort peu solubles dans l’eau. Sa présence est ordinairement aussi difficile à découvrir dans ces derniers , que celle de la potasse dans les sels potassiques insolubles ou peu solubles. Les acides qui produisent des sels insolubles ou peu solubles avec la soude, sont les mêmes que ceux qui forment des sels pareils avec la potasse 5 ils ont été énumérés p. 6 et 7.

Dans les dissolutions des sels sodiques, la présence de la soude se reconnaît principalement à ce qu’après s’être convaincu qu’il y existe un alcali , on n’obtient pas de trouble par les dissolutions de chlorure platinique et d’acide tartrique. Mais le plus sûr moyen de reconnaître la soude , quand on a le sel sous forme solide , est la coloration en jaune de la flamme du chalumeau. Si l’on présume qu’une dissolution contient simultanément de la potasse et de la soude , on en essaye d’abord une portion

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avec du. chlorure platinique ; après avoir acquis la conviction de la présence ou de l’absence de la potasse , on évapore jusqu’à siccité une autre portion de la dissolution , et l’on traite le résidu au chalumeau. Si le chlorure platinique a fait connaître la présence de la potasse dans la dissolution , et que la flamme extérieure du chalumeau soit colorée en violet par le résidu , il n’y a que de la potasse } si , au contraire , la flamme extérieure du chalumeau est teinte en jaune par le résidu, il existe de la soude, en même temps que de la potasse.

Pour découvrir la soude ou les sels sodiques dans des dissolutions qui contiennent beaucoup de substances organiques, on procède comme il suit. On évapore à siccité la dissolution , et l’on carbonise le résidu , surtout lorsqu’il est fort abondant , dans un creuset de Hesse , à un feu qui ne soit pas trop fort : après quoi on traite la masse carbonisée par l’eau ou par l’acide hydrochlorique : alors la présence de la soude se reconnaît de la manière qui a été indiquée précédemment , soit dans la dissolution filtrée , soit dans le résidu sec , si l’on a évaporé cette dernière jusqu’à siccité. Quand on présume qu’il y a beaucoup de soude dans une matière organique en bouillie ou solide , on carbonise également celle-ci , et on traite de même la masse carbonisée.

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