BISMUTH
La couleur du bismuth métallique est le blanc d’argent ou d'étain ; cependant il a encore une teinte de rougeâtre, qui le distingue de l’antimoine, auquel il ressemble d’ailleurs beaucoup par sa texture très-lamelleuse, par sa fragilité , et par la propriété qu’il a de se laisser pulvériser. Il est plus fusible que le plomb, et susceptible de se volatiliser dans des vaisseaux clos, quoiqu’une chaleur très-forte soit nécessaire pour cela. Lorsqu'on le chauffe à l’air jusqu’au point de le faire entrer en fusion , il se couvre d’une pellicule grise d’oxide bismuthique ; si on le chauffe à l’air presque au rouge blanc, il prend feu, et brûle avec une faible flamme d’un blanc bleuâtre, combustion pendant laquelle se forme de l’oxide bismuthique. Quand on chauffe un petit morceau de bismuth sur du charbon à la flamme du chalumeau, le charbon se couvre tout autour d’un enduit jaune d’oxide bismuthique.
L’acide hydrochlorique avec lequel on fait chauffer le bismuth, le dissout avec beaucoup de peine, et en petite quantité seulement, au milieu d’un dégagement de gaz
mples. 3q3
hydrogène. Ce métal est soluble sans l’acide nitrique à la température ordinaire*, la dissolution contient de l’oxide bismuthique. Quand on traite de l’acide nitrique fumant par du bismuth pulvérisé, la réaction est si vive, que le métal s’échauffe jusqu’au rouge. L’acide sulfurique n’agit sur le bismuth qu’avec le secours de la chaleur et lorsqu’il est concentré ; il le convertit en sulfate bismuthique , avec dégagement d’acide sulfureux. En dirigeant un courant de chlore gazeux sur du bismuth échauffé, on obtient du chlorure bismuthique, qui est volatil à une haute température.