‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 4)Chapitre 9 sur 122 · AMMONIAQUE · texte numérisé non relu

AMMONIAQUE

L’ammoniaque pure , dissoute dans l’eau , a une odeur forte et particulière, qui la fait aisément reconnaître. Si la quantité d’ammoniaque libre contenue dans l’eau est assez faible pour que sa présence ne puisse plus être constatée à l’aide de l’odorat, on la découvre sans peine en tenant sur la surface de la liqueur une baguette de verre préalablement trempée dans de l’acide hydrochlorique assez fort , mais non fumant ; il se forme alors des vapeurs blanches au dessus du liquide , même quand la quantité d’ammoniaque est très-petite. Si cette quantité est pins considérable, de manière qu’on puisse déjà se convaincre de la présence de l’alcali par le sens de l’odorat, les vapeurs sont plus prononcées. On peut aussi tremper la baguette de verre dans l’acide nitrique ou l’acide acétique; cependant l’acide hydrochlorique est plus sensible pour des traces extrêmement faibles d’ammoniaque.

La dissolution d’ammoniaque a une saveur très-acre. Quand elle est concentrée , elle dissout la peau de la langue , et colore fortement en bleu le papier de tournesol rouge. Quand on conserve l’ammoniaque dans des flacons

DES BASES

qui ne sont pas parfaitement à l’abri du contact de l’air, il n’y en a qu’une très-petite quantité qui, au bout d’un très-long espace de temps, se convertisse en carbonate.

Une dissolution de chlorure platinique ou de sulfate aluminique se comporte envers celle d’ammoniaque de la même manière qu’envers celle de potasse ( p. 3 et 4* ).

Une dissolution concentrée d’ acide tartrique fait naître dans celle d’ammoniaque, quand celle-ci est concentrée, un précipité cristallin de surtartrate ammonique. Si , au contraire, la dissolution est fort étendue, il ne se forme point de précipité. Ce précipité est beaucoup plus soluble dans l’eau que ne l’est le surtartrate potassique.

Une dissolution d 'acide nitropicrique ne produit pas de précipité dans celle d’ammoniaque , quand cette dernière n’est point trop concentrée.

L 'acide hydrofluo silicique , versé dans la dissolution d’ammoniaque , donne lieu à un précipité abondant d’acide silicique , pourvu que l’acide soit mis en assez petite quantité pour que l’ammoniaque demeure prédominante} dans le cas contraire , il ne se forme pas de précipité.

La présence de l’ammoniaque dans les sels ammoniques susceptibles d’être dissous par l’eau se reconnaît , à l’aide des dissolutions de chlorure platinique et de sulfate aluminique , de la même manière que quand il est question des sels potassiques correspondans (p. 4 et 5). lu' acide tartrique , versé en excès dans les dissolutions concentrées des sels ammoniques , tantôt y fait naître un précipité bien moins considérable que celui qui se forme dans les dissolutions des sels potassiques correspondans , tantôt n’en produit aucun, lu' acide nitropicrique se comporte de la même manière. L’ acide hydrofluo silicique ne produit pas de précipité dans les dissolutions des sels ammoniques.

Les sels de l'ammoniaque sont presque tous complètement voîatilisables par la chaleur. Le sulfate, le nitrate et l’arséniate ammoniques, le carbonate ammoniacal, le

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chlorure, le bromure, l’iodure, le fluorure et le sulfhydrate ammoniques se subliment sans laisser de résidu. Il n’y a , dans cette catégorie , que le carbonate ammoniacal et le chlorure ammonique qui , au contact de l’air , se subliment sans éprouver de décomposition. Le phosphate et le borate laissent un résidu quand on les fait rougir dans des vaisseaux de verre. Le fluorure ammonique se comporte de même quand on le chauffe dans des vaisseaux de verre, qu’il attaque fortement-, dans des vaisseaux de platine, au contraire , il se volatilise complètement.

Si l’on triture des sels ammoniques secs avec des alcalis ou des terres alcalines , l’odeur particulière et bien connue de l’ammoniaque se dégage. Les carbonates des alcalis et des terres alcalines produisent le même effet ; seulement alors l’odeur ammoniacale est plus faible. Les alcalis et les terres alcalines, soit à l’état de pureté, soit à celui de carbonates , dégagent également une odeur d’ammoniaque des dissolutions de sels ammoniques. Si la quantité d’ammoniaque ou de carbonate ammoniacal qui se dégage est trop peu considérable pour affecter le sens de l’odorat, on trempe une baguette de verre dans de l’acide hydroclilorique assez fort, mais non fumant , et on la tient sur la surface de la liqueur mêlée avec l’alcali ou la terre alcaline*, la présence de très-faibles traces d’ammoniaque suffit pour qu’il se forme des vapeurs blanches.

L’ammoniaque, comme les autres alcalis , donne avec quelques acides des sels qui sont insolubles ou très-peu solubles dans l’eau. Cependant il suffit de faire rougir ces combinaisons pour y découvrir la présence de l’ammoniaque, dont l’action du feu opère le dégagement. Pour reconnaître clairement l’ammoniaque dans ces composés , on en fait rougir un peu dans un tube de verre soudé à l’une de ses extrémités , et, pendant l’opération , on présente à l’orifice béant du tube une baguette de verre préalablement trempée dans l’acide hydroclilorique.

DES BASES

Ce qui fait principalement reconnaître l’ammoniaque dans les sels ammoniques , c’est l’odeur qui se dégage quand on traite ceux-ci par la potasse. Ce caractère la distingue des autres alcalis. On peut la confondre avec la potasse , eu égard à la manière dont elle se comporte avec les dissolutions de chlorure platinique et de sulfate aluminique.

Quand l’ammoniaque se trouve mêlée, à l’état de liberté, avec beaucoup de substances organiques , dans des dissolutions ou dans des masses pultacées, on reconnaît sa présence à l’odeur qu’elle exhale. Lorsque ce sont des sels ammoniques qui existent dans le mélange, on traite la dissolution ou la bouillie par une dissolution concentrée de potasse , et l’on fait ensuite chauffer le tout , ce qui donne lieu à la manifestation de l’odeur ammoniacale. On procède de la meme manière lorsque des substances organiques sèches sont mêlées avec des sels ammoniques. Si une dissolution est trop étendue, il faut la concentrer par l’évaporation avant de la traiter par la potasse.

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